Il existe un ensemble noté $\mathbb{C}$ contenant $\mathbb{R}$,
muni d'une addition notée $+$ et d'une multiplication notée $\times$, ou le plus souvent implicitement (c'est-à-dire sans symbole, comme dans $\mathbb{R}$) possédant les mêmes propriétés comme dans $\mathbb{R}$.
possédant un élément noté $i$ dont le carré vaut $-1$ : $i^2 = -1$.
où tout élément $z$, appelé nombre complexe ou complexe, s'écrit de manière unique sous la forme $z = x + iy$, avec $x$ et $y$ réels.
Remarque
Remarques
On a : $\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R} \subset \mathbb{C}$
L'addition et la multiplication des nombres réels se prolongent aux nombres complexes et les règles de calcul restent les mêmes.
Contrairement à $\mathbb{R}$, l'ensemble $\mathbb{C}$ n'est usuellement muni d'aucune relation d'ordre et nous ne pourrons donc pas dire qu'un nombre complexe est inférieur à un autre ou non plus qu'il est positif.
Les nombres complexes $x + iy$ et $x + yi$ où $(x; y) \in \mathbb{R}^2$ représentent le même nombre complexe.
Étant donné $z \in \mathbb{C}$, il existe un unique couple $(x; y) \in \mathbb{R}^2$ tel que $z = x + iy$.
L'écriture $x + iy$ s'appelle la forme algébrique du nombre complexe $z$,
le nombre $x$ est la partie réelle de $z$, notée $\text{Re}(z)$.
le nombre $y$ est la partie imaginaire de $z$, notée $\text{Im}(z)$.
Un nombre complexe est réel lorsque sa partie imaginaire est nulle : $z \in \mathbb{R} \Leftrightarrow \text{Im}(z) = 0$
Un nombre complexe est dit imaginaire pur si sa partie réelle est nulle : $z \in i\mathbb{R} \Leftrightarrow \text{Re}(z) = 0$
Exemple
Exemple
On considère le nombre complexe : $z = 5 + 2i(1 – 3i)$
On a : $z = 5 + 2i – 6i^2 = 5 + 2i + 6 = 11 + 2i$. On a alors : $\text{Re}(z) = 11$ et $\text{Im}(z) = 2$.
1.3. ÉGALITÉ DE DEUX NOMBRES COMPLEXES
Proposition
Proposition 1
Deux nombres complexes sont égaux si et seulement si ils ont mêmes parties réelles et mêmes parties imaginaires. En d'autres termes :
\[\left(\forall (z; z') \in \mathbb{C}^2\right) z = z' \Leftrightarrow \left(\text{Re}(z) = \text{Re}(z') \text{ et } \text{Im}(z) = \text{Im}(z')\right)\]
Remarque
Remarques
Le résultat de la proposition 1 est une conséquence immédiate de l'unicité de la forme algébrique d'un nombre complexe.
Pour tout nombre complexe $z$ :
\[z = 0 \Leftrightarrow \left(\text{Re}(z) = 0 \text{ et } \text{Im}(z) = 0\right) \text{et} z \neq 0 \Leftrightarrow \left(\text{Re}(z) \neq 0 \text{ ou } \text{Im}(z) \neq 0\right)\]
Exemple
Exemple
On considère deux nombres complexes : $z_1 = x – 1 + (y + 2)i$ et $z_2 = -2xi + y$ où $(x; y) \in \mathbb{R}^2$
Déterminons les réels $x$ et $y$ pour que $z_1 = z_2$ :
On a :
\[\displaystyle z_1 = z_2 \Leftrightarrow \left(x – 1 = y \text{ et } y + 2 = -2x\right) \Leftrightarrow \begin{cases} x – y = 1 \\ 2x + y = -2 \end{cases} \Leftrightarrow \left(x = -\dfrac{1}{3} \text{ et } y = -\dfrac{4}{3}\right)\]
2.OPÉRATIONS SUR LES NOMBRES COMPLEXES
2.1. ADDITION ET MULTIPLICATION DANS $\mathbb{C}$
Proposition
Proposition 2
Soit $z$ et $z'$ deux nombres complexes tels que : $z = x + iy$ et $z' = x' + iy'$ avec $(x; x'; y; y') \in \mathbb{R}^4$.
On a :
Si $k \in \mathbb{N}$ alors $i^{2k} = \left(i^2\right)^k = (-1)^k$. Il en résulte donc : $i^{4k} = 1$ ; $i^{4k+1} = i$ ; $i^{4k+2} = -1$ ; $i^{4k+3} = -i$.
2.2. OPPOSÉ D’UN COMPLEXE – DIFFÉRENCE DE DEUX COMPLEXES
Proposition
Proposition 3
Tout nombre complexe $z = x + iy$, où $x$ et $y$ sont des réels, possède un opposé dans $\mathbb{C}$, noté $-z$, qui est le nombre complexe $-x – iy$, et on écrit $-z = -x – iy$. Donc :
1) Pour tout $z \in \mathbb{C}$, on pose : $z_1 = 5 – iz$ et $z_2 = z + i\left(z^2 + 1\right)$
Écrivons les nombres $z_1$ et $z_2$ sous leur forme algébrique dans chacun des cas suivants :
a) $z = i$ ; b) $z = 2 + 3i$ ; c) $z = (1 – 3i)^2$
a) On a : $z_1 = 5 – i^2 = 5 – (-1) = 6 \text{et} z_2 = i + i\left(i^2 + 1\right) = i + i(-1 + 1) = i$
b) On a : $z_1 = 5 – i(2 + 3i) = 5 – 2i – 3i^2 = 5 – 2i + 3 = 8 – 2i$
Et : $z_2 = 2 + 3i + i\left((2 + 3i)^2 + 1\right) = 2 + 3i + i(-4 + 12i) = -10 – i$.
c) On a : $z_1 = 5 – i(1 – 3i)^2 = 5 – i(-8 – 6i) = 5 + 8i – 6 = -1 + 8i$
Et : $z_2 = (1 – 3i)^2 + i\left((1 – 3i)^4 + 1\right) = -8 – 6i + i\left((-8 – 6i)^2 + 1\right) = -8 – 6i + i(29 + 96i) = -104 + 23i$
2) On considère le nombre complexe : $t = 1 + \sqrt{3} + i\left(1 – \sqrt{3}\right)$
Calculons puis mettons sous forme algébrique les nombres $t^2$, $t^4$, $t^6$ et $t^{12n}$ pour tout $n \in \mathbb{N}^*$ :
On a : $t^2 = \left(1 + \sqrt{3}\right)^2 – \left(1 – \sqrt{3}\right)^2 + 2i\left(1 + \sqrt{3}\right)\left(1 – \sqrt{3}\right) = 4\left(\sqrt{3} – i\right) = 4\sqrt{3} – 4i$.
On a : $t^4 = \left[4\left(\sqrt{3} – i\right)\right]^2 = 16\left(\sqrt{3} – i\right)^2 = 16\left(2 – 2i\sqrt{3}\right) = 32 – 32\sqrt{3}\,i$.
On a : $t^6 = t^2 \times t^4 = 4\left(\sqrt{3} – i\right) \times 32\left(1 – i\sqrt{3}\right) = 128\left(\sqrt{3} – i\right)\left(1 – i\sqrt{3}\right) = 128(-4i) = -512i$
On a : $t^{12} = \left(t^6\right)^2 = (-512i)^2 = \left(-2^9 i\right)^2 = -2^{18}$
On a enfin, pour tout $n \in \mathbb{N}^*$ : $t^{12n} = \left(t^{12}\right)^n = \left(-2^{18}\right)^n \text{(Attention : Ne pas écrire } t^{12n} = \left(-2\right)^{18n} \text{)}$
2.3. INVERSE D’UN NOMBRE COMPLEXE NON NUL \\ QUOTIENT DE DEUX NOMBRES COMPLEXES
Proposition
Proposition 4
Soit $z = x + iy$ un nombre complexe non nul tels que $(x; y) \in \mathbb{R}^2 – \{(0, 0)\}$.
l'inverse du nombre $z$ est le nombre complexe noté $\dfrac{1}{z}$ ou $z^{-1}$ tel que :
Soit $z = x + iy$ un nombre complexe non nul tel que $(x; y) \in \mathbb{R}^2 – \{(0, 0)\}$.
On a tout d'abord $x^2 + y^2 \neq 0$ ; ensuite de l'égalité $(x + iy)(x – iy) = x^2 + y^2$ on tire :
Pour tout $z \in \mathbb{C}$, on pose : $ f(z) = z^2 – z + 2$
Déterminer tous les nombres complexes $z$ tels que $f(z) \in \mathbb{R}$. (Poser $z = x + iy$ avec $(x; y) \in \mathbb{R}^2$)
Soit $z$ un nombre complexe différent de $-i$. Montrer que : $ \dfrac{1}{z + i} \in \mathbb{R} \Leftrightarrow \text{Im}\,z = -1$
Proposition
Proposition 5
Soit $z = x + iy$ et $z' = x' + iy'$ deux complexes où $x, x', y$ et $y'$ des réels tels que $(x; y) \neq (0; 0)$.
Le quotient de $z'$ par $z$ est le nombre complexe noté $\dfrac{z'}{z}$ tel que : $\dfrac{z'}{z} = z' \times \dfrac{1}{z}$ et on a :
Par suite, l'ensemble solution de cette équation est : $S = \left\{\dfrac{11}{26} + \dfrac{3}{26}i\right\}$
3) Soit $z = x + iy$ un nombre complexe avec $(x; y) \in \mathbb{R}^2$. On pose $f(z) = \dfrac{z + i}{z – 1}$.
Déterminons les complexes $z$ ($z \neq 1$) pour que $f(z)$ soit un réel.
On a :
Il s'ensuit donc que : $\text{Re}(f(z)) = \dfrac{x^2 + y^2 – x + y}{(x – 1)^2 + y^2}$ et $\text{Im}(f(z)) = \dfrac{x – y – 1}{(x – 1)^2 + y^2}$
On a alors :
\[f(z) \in \mathbb{R} \Leftrightarrow \text{Im}(f(z)) = 0 \Leftrightarrow \begin{cases} x – y – 1 = 0 \\ (x – 1)^2 + y^2 \neq 0 \end{cases} \Leftrightarrow \begin{cases} y = x – 1 \\ (x; y) \neq (1; 0) \end{cases} \Leftrightarrow \begin{cases} z = x + i(x – 1) \\ x \neq 1 \end{cases}\]
Par suite, l'ensemble des nombres complexes $z$ tels que $f(z) \in \mathbb{R}$ est : $\left\{x + (x – 1)i \,/\, x \in \mathbb{R} – \{1\}\right\}$.
Application
Applications
Écrire sous forme algébrique le nombre complexe suivant :
Soit $z = x + iy$ un nombre complexe tel que $(x; y) \in \mathbb{R}^2$.
Déterminer tous les nombres complexes $z$ dans chacun des cas suivants :
a) $iz^2 \in \mathbb{R}$ ; b) $z^2 + z + 1 \in \mathbb{R}$ ; c) $\dfrac{1 – iz}{1 + z} \in i\mathbb{R}$
d) $\dfrac{z – 1}{iz} \in i\mathbb{R}$ ; e) $\dfrac{3 + iz}{(1 + i)z – 1} \in \mathbb{R}$
3.REPRÉSENTATION GÉOMÉTRIQUE D’UN COMPLEXE
3.1. AFFIXE D’UN POINT – AFFIXE D’UN VECTEUR
Définition
Définition 3
Le plan $\mathcal{P}$ est muni d'un repère orthonormé direct $(O; \vec{i}, \vec{j})$.
Soit $z = x + iy$ où $(x; y) \in \mathbb{R}^2$ un nombre complexe.
L'unique point $M$, de coordonnées $(x; y)$ dans $(O; \vec{i}, \vec{j})$, est appelé l'image du complexe $z$ et on écrit $M(z)$.
Soit $M$ un point, de coordonnées $(x; y)$ dans $(O; \vec{i}, \vec{j})$.
Le nombre complexe $z = x + iy$ est appelé l'affixe du point $M$. On le note $\text{Aff}(M)$ ou $z_M$.
\[%%SIGMA_LATEX_PLACEHOLDER_0%%\]
Remarque
Remarques
Le plan $\mathcal{P}$ étant muni d'un repère orthonormé direct $(O; \vec{i}, \vec{j})$. À partir de la définition 3, on peut identifier l'ensemble $\mathbb{C}$ au plan $\mathcal{P}$ de la façon suivante :
À tout nombre complexe $z = x + iy$ on associe le point $M(x; y)$.
À tout point $M(x; y)$ du plan $\mathcal{P}$ on associe le nombre complexe $z = x + iy$. Ainsi :
L'application : $\begin{array}{ccc} f : & \mathbb{C} & \to \mathcal{P} & z & \mapsto M(z) \end{array}$ est une bijection. Sa bijection réciproque est : $\begin{array}{ccc} f^{-1} : & \mathcal{P} & \to \mathbb{C} & M & \mapsto \text{Aff}(M) \end{array}$
Le plan $\mathcal{P}$ est appelé alors le plan complexe et on a :
Tout point de l'axe des abscisses est l'image d'un nombre réel ; c'est pourquoi l'axe des abscisses s'appelle l'axe réel. On a alors :
\[M(z) \in \left(O; \vec{i}\right) \Leftrightarrow z \in \mathbb{R}\]
Tout point $B(0; b)$ de l'axe des ordonnées est l'image d'un nombre imaginaire pur ($\text{Aff}(B) = bi$), c'est pourquoi l'axe des ordonnées s'appelle l'axe imaginaire. On a alors :
\[M(z) \in \left(O; \vec{j}\right) \Leftrightarrow z \in i\mathbb{R}\]
Définition
Définition 4
Le plan $\mathcal{P}$ est muni d'un repère orthonormé direct $(O; \vec{i}, \vec{j})$.
Soit $z = x + iy$ un nombre complexe où $(x; y) \in \mathbb{R}^2$.
Le vecteur $\vec{u} = x.\vec{i} + y.\vec{j}$ est appelé l'image du complexe $z$, et on écrit $\vec{u}(z)$.
De même, le nombre $z$ est appelé l'affixe du vecteur $\vec{u}$, et on écrit $\text{Aff}(\vec{u}) = z$ ou parfois $z_{\vec{u}} = z$.
Remarque
Remarques
Soit $z$ un nombre complexe. On a : $z = \text{Aff}(M) \Leftrightarrow z = \text{Aff}\left(\overrightarrow{OM}\right)$
Soit $\mathcal{V}_2$ l'ensemble des vecteurs du plan. L'application $\begin{array}{ccc} g : & \mathbb{C} & \to \mathcal{V}_2 & z & \mapsto \vec{w}(z) \end{array}$ est une bijection de $\mathbb{C}$ vers $\mathcal{V}_2$ et on a :
3.2. INTERPRÉTATION GÉOMÉTRIQUE DE LA SOMME, DE LA DIFFÉRENCE ET DE LA MULTIPLICATION PAR UN RÉEL
Proposition
Proposition 6
Si $\vec{v}_1$ et $\vec{v}_2$ sont deux vecteurs du plan d'affixes respectives $z_1$ et $z_2$, alors l'affixe du vecteur $\vec{v}_1 + \vec{v}_2$ est $z_1 + z_2$. En d'autres termes : $\text{Aff}\left(\vec{v}_1 + \vec{v}_2\right) = \text{Aff}\left(\vec{v}_1\right) + \text{Aff}\left(\vec{v}_2\right)$.
Si $M_1$ et $M_2$ sont les images respectives des affixes $z_1$ et $z_2$, alors l'image du nombre $z_1 + z_2$ est le point $S$ tel que :
\[\overrightarrow{OS} = \overrightarrow{OM_1} + \overrightarrow{OM_2} \text{(C'est-à-dire } OM_1SM_2 \text{ est un parallélogramme)}\]
\[%%SIGMA_LATEX_PLACEHOLDER_0%%\]
Remarque
Remarques
Soit $z$ un nombre complexe et $\vec{u}(z)$ et $\vec{v}(-z)$ deux vecteurs du plan.
On sait que $\text{Aff}\left(\vec{0}\right) = 0$ et $z + (-z) = 0$, donc d'après la proposition 6, on en déduit que $\vec{u} + \vec{v} = \vec{0}$.
Ainsi $\vec{v} = -\vec{u}$ et alors : $\text{Aff}\left(-\vec{u}\right) = -\text{Aff}\left(\vec{u}\right)$.
Soit $M(z)$ et $M'(-z)$. Comme $O(0)$ et $z + (-z) = 0$ alors $\overrightarrow{OM} + \overrightarrow{OM'} = \overrightarrow{OO} = \vec{0}$ et par suite :
$\overrightarrow{OM'} = -\overrightarrow{OM}$. Ainsi, le point $M'(-z)$ est le symétrique de point $M(z)$ par rapport à $O$.
On peut aussi interpréter géométriquement l'addition de la manière suivante :
Étant donné un vecteur $\vec{u}$ d'affixe $a$, la translation de vecteur $\vec{u}$ transforme le point $M$, d'affixe $z$, en le point $M'$, d'affixe $z' = z + a$.
\[%%SIGMA_LATEX_PLACEHOLDER_0%%\]
Proposition
Proposition 7
Soit $M_1(z_1)$ et $M_2(z_2)$ deux points du plan complexe.
Alors l'affixe du vecteur $\overrightarrow{M_1 M_2}$ est $z_2 – z_1$.
En d'autres termes : $\text{Aff}\left(\overrightarrow{M_1 M_2}\right) = \text{Aff}\left(M_2\right) – \text{Aff}\left(M_1\right)$
\[%%SIGMA_LATEX_PLACEHOLDER_0%%\]
Exemple
Exemple
On considère les points $A$ et $B$ d'affixes respectives : $z_A = 3 + 2i$ et $z_B = 1 + 5i$
Déterminons l'affixe du point $C$ pour lequel $OABC$ est un parallélogramme :
Le quadrilatère $OABC$ est un parallélogramme si, et seulement si : $\overrightarrow{OC} = \overrightarrow{AB}$
D'après la proposition 7, l'affixe du vecteur $\overrightarrow{AB}$ est $z_B – z_A = -2 + 3i$.
Et puisque l'affixe du vecteur $\overrightarrow{OC}$ est celle du point $C$ alors l'affixe du point $C$ est : $z_C = z_B – z_A = -2 + 3i$.
Application
Applications
Soit $A$, $B$, $C$ et $D$ des points du plan d'affixes respectives $a$, $b$, $c$ et $d$.
Montrer que : $(ABCD \text{ est un parallélogramme}) \iff a + c = b + d$
Soit $A$, $B$ et $E$ des points du plan d'affixes respectives : $a = 3 – 4i$, $b = 7 – i$ et $e = 1 + i$
Et soit $M$ le point du plan défini par : $-\overrightarrow{AM} + \overrightarrow{BM} + \overrightarrow{EM} = \vec{0}$
Déterminer l'affixe du point $M$. Quelle est la nature du quadrilatère $ABME$ ?
Proposition
Proposition 8
Si $\vec{u}$ est un vecteur d'affixe $z$ et $\lambda$ un nombre réel, alors l'affixe du vecteur $\lambda \vec{u}$ est $\lambda z$. En d'autres termes :
Si $M(z)$ est un point du plan, alors l'image du nombre complexe $\lambda z$ est le point $P$ défini par : $\overrightarrow{OP} = \lambda \overrightarrow{OM}$
Remarque
Remarque
A l'aide des propositions 6 et 8, on peut établir le résultat suivant :
Si $\vec{v}_1$ et $\vec{v}_2$ sont deux vecteurs du plan, alors pour tout $(\lambda_1; \lambda_2) \in \mathbb{R}^2$ :
3.3. INTERPRÉTATION COMPLEXE DE LA LINÉARITÉ, DU PARALLÉLISME ET DU BARYCENTRE
Proposition
Proposition 9
Soit $A$, $B$ et $C$ des points deux à deux distincts d'affixes respectives $z_A$, $z_B$ et $z_C$.
Les points $A$, $B$ et $C$ sont alignés si, et seulement si : $\dfrac{z_C – z_A}{z_B – z_A} \in \mathbb{R}$
Preuve
Preuve
Les points $A$, $B$ et $C$ sont alignés si, et seulement si : $(\exists \lambda \in \mathbb{R}) \;;\; \overrightarrow{AC} = \lambda \overrightarrow{AB}$
Puisque l'affixe du vecteur $\overrightarrow{AB}$ est $z_B – z_A$ et celle de $\overrightarrow{AC}$ est $z_C – z_A$, alors l'égalité $\overrightarrow{AC} = \lambda \overrightarrow{AB}$ est équivalente à $z_C – z_A = \lambda(z_B – z_A)$, c'est-à-dire : $\dfrac{z_C – z_A}{z_B – z_A} \in \mathbb{R}$
Exemple
Exemples
Soit $A$, $B$ et $C$ les points du plan complexe d'affixes respectives : $z_A = 6 – i$ et $z_B = 1 – 11i$ et $z_C = 7 + i$
On a : $z_B – z_A = -5 – 10i$ et $z_C – z_A = 1 + 2i$, donc $z_C – z_A = -\dfrac{1}{5}(z_B – z_A)$. Par conséquent :
\[\dfrac{z_C – z_A}{z_B – z_A} = -\dfrac{1}{5} \in \mathbb{R}\text{, ce qui entraîne que les points } A\text{, } B \text{ et } C \text{ soient alignés.}\]
Soit $M(z)$, $A(1)$ et $N(z^2)$ avec $z \in \mathbb{C}$.
Déterminons l'ensemble des points $M$ tels que $M$, $A$ et $N$ sont alignés :
Si $z = 0$ alors les points $M$ et $N$ sont confondus.
Si $z = 1$ alors les points $A$, $M$ et $N$ sont confondus.
On suppose maintenant que $z \neq 0$ et $z \neq 1$. Les points $A$, $M$ et $N$ sont alignés si, et seulement si $\dfrac{z^2 – 1}{z – 1} \in \mathbb{R}$, c'est-à-dire si $(z + 1) \in \mathbb{R}$. Or si on pose $z = x + iy$ avec $(x; y) \in \mathbb{R}^2$ on obtient :
Par suite, l'ensemble des points recherché est l'axe réel ou l'axe des abscisses.
Soit $M(z)$, $A(1)$ et $N(iz + 1)$ avec $z \in \mathbb{C}$.
Déterminons l'ensemble des points $M$ tels que $M$, $A$ et $N$ soient alignés :
Si $z = 1$ alors les points $A$ et $M$ sont confondus.
Si $z = 0$ alors les points $A$ et $N$ sont confondus.
Si $z = -\dfrac{1}{2} + \dfrac{1}{2}i$ alors les points $M$ et $N$ sont confondus.
On suppose maintenant que $z \neq 0$ et $z \neq 1$ et $z \neq -\dfrac{1}{2} + \dfrac{1}{2}i$. Les points $A$, $M$ et $N$ sont alignés si, et seulement si $\dfrac{1 – z}{1 – (iz + 1)} \in \mathbb{R}$. En posant $z = x + iy$ avec $(x; y) \in \mathbb{R}^2$, on obtient :
Par suite, l'ensemble des points $M(z)$ recherché est le cercle de centre $\Omega\left(\dfrac{1}{2}\right)$ et de rayon $\dfrac{1}{2}$.
Application
Applications
Montrer que l'ensemble des points $M(z)$ pour lesquels les points $B(i)$, $M(z)$ et $M'(iz)$ sont alignés est un cercle que l'on déterminera.
Proposition
Proposition 10
Soit $A$, $B$, $C$ et $D$ quatre points du plan d'affixes respectives $z_A$, $z_B$, $z_C$ et $z_D$ tels que $A \neq B$ et $C \neq D$.
Les droites $(AB)$ et $(CD)$ sont parallèles si, et seulement si : $\dfrac{z_D – z_C}{z_B – z_A} \in \mathbb{R}$
Preuve
Preuve
Les droites $(AB)$ et $(CD)$ sont parallèles si, et seulement si : $(\exists k \in \mathbb{R}) \;;\; \overrightarrow{CD} = k \overrightarrow{AB}$, ce qui signifie que $z_D – z_C = k(z_B – z_A)$, c'est-à-dire que $\dfrac{z_D – z_C}{z_B – z_A} = k \in \mathbb{R}$, d'où le résultat.
Exemple
Exemple
Soit $A$, $B$ et $C$ les points du plan d'affixes respectives $z_A = -2 + 6i$, $z_B = 4 – 3i$ et $z_C = (2 – 3i)x$ où $x \in \mathbb{R}^*$.
On a : $z_B – z_A = 6 – 9i$, donc $\dfrac{z_C}{z_B – z_A} = \dfrac{x}{3}$. Puisque $x \in \mathbb{R}^*$ alors $\dfrac{z_C}{z_B – z_A} \in \mathbb{R}$. Ainsi : $(AB) // (OC)$.
Application
Application
Pour tout $z \in \mathbb{C}$, on considère les points $A(-1)$, $B(i)$, $M(z)$ et $N(z^2)$.
Déterminer l'ensemble des points $M$ tels que les droites $(BM)$ et $(AN)$ soient parallèles.
Proposition
Proposition 11
Soit $A$ et $B$ deux points du plan d'affixes respectives $z_A$ et $z_B$, et soit $(\alpha; \beta) \in \mathbb{R}^2$ tel que $\alpha + \beta \neq 0$.
L'affixe du barycentre $G$ du système pondéré $\{(A; \alpha); (B; \beta)\}$ est le complexe : $z_G = \dfrac{\alpha z_A + \beta z_B}{\alpha + \beta}$
Remarque
Remarques
Si $A(z_A)$ et $B(z_B)$ alors l'affixe du milieu $I$ du segment $[AB]$ est le nombre complexe $z_I = \dfrac{z_A + z_B}{2}$.
En fait ceci n'est rien qu'un cas particulier du barycentre où les « poids » sont égaux.
On peut généraliser le résultat de la proposition 11 pour le barycentre de plus de deux points.
Plus précisément : si $n$ est un entier naturel supérieur ou égal à $2$ et $\alpha_1, \alpha_2, \ldots, \alpha_n$ des réels tels que $\alpha_1 + \alpha_2 + \ldots + \alpha_n \neq 0$, alors le barycentre $G$ du système pondéré $\{(A_1; \alpha_1); (A_2; \alpha_2); \ldots; (A_n; \alpha_n)\}$ a pour affixe :
Soit $A$, $B$ et $C$ les points du plan d'affixes respectives : $z_A = 3 + 3i$, $z_B = 5 – 2i$ et $z_C = 7 + 10i$
Le milieu du segment $[AB]$ est le point $I$ d'affixe : $z_I = \dfrac{z_A + z_B}{2} = 4 + \dfrac{1}{2}i$.
Le barycentre $H$ du système pondéré $\{(B; -1); (C; 5)\}$ a pour affixe : $z_H = \dfrac{-z_B + 5z_C}{4} = \dfrac{15}{2} + 13i$.
Le centre de gravité du triangle $ABC$ est le point $G$ d'affixe : $z_G = \dfrac{z_A + z_B + z_C}{3} = 5 + \dfrac{11}{3}i$.
Application
Applications
Soit $A$, $B$ et $C$ les points du plan d'affixes respectives : $a = 3 + 7i$ et $b = 4 + 5i$ et $c = 2 + i$.
Déterminer l'affixe du point $G$ barycentre du système pondéré $\{(A; 2); (B; 1); (C; 1)\}$ et l'affixe du point $H$ barycentre du système pondéré $\{(A; 1); (B; 2); (C; 1)\}$.
Déterminer l'ensemble des points $M(z)$ du plan tels que : $\|2\overrightarrow{MA} + \overrightarrow{MB} + \overrightarrow{MC}\| = \|\overrightarrow{MA} + 2\overrightarrow{MB} + \overrightarrow{MC}\|$.
Soit $x$ et $y$ deux nombres réels. Soit les points $A$, $B$, $C$ et $G$ du plan complexe d'affixes respectives :
$z_A = 1 + iy$, $z_B = 2i$, $z_C = x – i$ et $z_G = 1 – i$.
Déterminer les valeurs des réels $x$ et $y$ pour que le point $G$ soit le barycentre des points pondérés $(A; 2)$, $(B; -1)$ et $(C; 3)$.
4.CONJUGUÉ D’UN NOMBRE COMPLEXE
4.1. DÉFINITION ET INTERPRÉTATION GÉOMÉTRIQUE
Définition
Définition 5
Soit $z = x + iy$ un nombre complexe avec $(x; y) \in \mathbb{R}^2$.
On appelle conjugué de $z$ le nombre complexe $x – iy$, noté $\overline{z}$, et on écrit : $\overline{z} = x + iy = x – iy$.
On a alors : $\overline{z} = \text{Re}(z) – i\text{Im}(z)$ et $\overline{\overline{z}} = z$
Exemple
Exemples
On considère les nombres complexes :
\[z = 1 + 2i ; t = -7i ; u = 17 + 3\sqrt{2} ; v = 5 – 4i ; w = 3 + i(5 + i)\]
Calculons les conjugués de ces nombres :
On a : $\overline{z} = \overline{1 + 2i} = 1 – 2i ; \overline{t} = \overline{-7i} = 7i ; \overline{u} = 17 + 3\sqrt{2} = 17 + 3\sqrt{2} ; \overline{v} = \overline{5 – 4i} = 5 + 4i$
On a : $w = 2 + 5i$, donc : $\overline{w} = \overline{2 + 5i} = 2 – 5i$
Remarque
À retenir
\subsubsection*{Interprétation géométrique de la conjugaison}
Soit $z = x + iy$ un nombre complexe avec $(x; y) \in \mathbb{R}^2$.
La symétrie par rapport à l'axe des abscisses transforme le point $M(x; y)$ en $N(x; -y)$, d'affixe $\text{Aff}(N) = \text{Aff}(M)$.
La symétrie par rapport à l'axe des ordonnées transforme le point $M(x; y)$ en $Q(-x; y)$, d'affixe $\text{Aff}(Q) = -\text{Aff}(M)$.
Pour tout $\lambda \in \mathbb{R}$ : $\overline{\lambda z} = \lambda \overline{z}$
Si $z \neq 0$ alors : $\overline{\left(\dfrac{1}{z}\right)} = \dfrac{1}{\overline{z}}$ et $\overline{\left(\dfrac{z'}{z}\right)} = \dfrac{\overline{z'}}{\overline{z}}$
Si $z \neq 0$ et $n \in \mathbb{Z}$ alors : $\overline{z^n} = (\overline{z})^n$
Exemple
Exemples
Pour tout $n \in \mathbb{Z}$, on pose : $u = (5 + 6i)^n + (5 – 6i)^n$ et $v = \left(\sqrt{3} + i\right)^{2n+1} + \left(i – \sqrt{3}\right)^{2n+1}$
Montrons que le nombre $u$ est réel et que le nombre $v$ est imaginaire pur.
On a pour tout $n \in \mathbb{Z}$ :
\[\overline{u} = \overline{(5 + 6i)^n + (5 – 6i)^n} = \left(\overline{5 + 6i}\right)^n + \left(\overline{5 – 6i}\right)^n = (5 – 6i)^n + (5 + 6i)^n = u\text{. Par suite : } u \text{ est réel.}\]
Puisque $(-1)^{2n+1} = -1$ alors $\overline{v} = -\left(i – \sqrt{3}\right)^{2n+1} – \left(\sqrt{3} + i\right)^{2n+1} = -v$. Par suite : $v$ est imaginaire pur.
Dans le plan complexe muni d'un repère orthonormé direct, on veut déterminer l'ensemble des points $M(z)$ pour lesquels $2iz – \overline{z}$ est réel.
On pose : $z' = 2iz – \overline{z}$, et soit $E$ l'ensemble des points $M(z)$ tels que $z' \in \mathbb{R}$. On a alors :
Par conséquent : $M \in E \iff 2i\text{Im}(z) = -4i\text{Re}(z) \iff \text{Im}(z) = -2\text{Re}(z)$
Si on considère $z = x + iy$ avec $(x; y) \in \mathbb{R}^2$, on en déduit que : $M \in E \iff y = -2x$
Par suite, l'ensemble $E = \{M(z) \,/\, 2iz – \overline{z} \in \mathbb{R}\}$ est la droite d'équation $y = -2x$.
Résoudre dans $\mathbb{C}$ les équations suivantes : $\overline{z} = (1 – i)z + 3 + 2i$ et $z^2 + \overline{z} – \dfrac{1}{4} = 0$
Pour tout $z \in \mathbb{C}$, on pose : $f(z) = (z – 2)(\overline{z} + i)$. Soit $M(z)$ un point du plan complexe.
Déterminer les ensembles suivants : $E = \{M(z) \,/\, f(z) \in \mathbb{R}\}$ et $F = \{M(z) \,/\, f(z) \in i\mathbb{R}\}$
Déterminer dans le plan complexe, l'ensemble des points $M(z)$ pour lesquels $Z = \dfrac{1 + z}{1 – \overline{z}}$ est réel.
Déterminer dans le plan complexe, l'ensemble des points $M(z)$ pour lesquels le nombre $Z' = \dfrac{z + i}{i\overline{z} + 3}$ est imaginaire pur.
Remarque
Remarques
Soit $n$ un entier supérieur ou égal à $2$, et $z_1, z_2, \ldots, z_n$ des nombres complexes. Alors :
Soit $P(z)$ un polynôme dans $\mathbb{C}$ à coefficients réels : $P(z) = a_n z^n + a_{n-1} z^{n-1} + \ldots + a_1 z + a_0$
(les nombres $a_0, a_1, \ldots, a_n$ sont alors réels). On a alors pour tout $z \in \mathbb{C}$ :
Puisque pour tout entier $k$ compris entre $1$ et $n$ (au sens large) : $\overline{a_k} = a_k$ et $\overline{z^k} = (\overline{z})^k$
Alors : $\overline{P(z)} = a_n(\overline{z})^n + a_{n-1}(\overline{z})^{n-1} + \ldots + a_1\overline{z} + a_0 = P(\overline{z})$. En particulier, si $\alpha$ est racine du polynôme $P$ (c'est-à-dire $P(\alpha) = 0$), alors $\overline{\alpha}$ est aussi racine du $P$ car : $P(\overline{\alpha}) = \overline{P(\alpha)} = \overline{0} = 0$.
On obtient alors le résultat important suivant :
« Si $\alpha$ est racine d'un polynôme à coefficients réels, alors $\overline{\alpha}$ est aussi racine de ce polynôme »
5.MODULE D’UN NOMBRE COMPLEXE
5.1. DÉFINITION ET INTERPRÉTATION GÉOMÉTRIQUE
Définition
Définition 6
Soit $z = x + iy$ un nombre complexe avec $(x; y) \in \mathbb{R}^2$.
Le module de $z$ est le réel positif noté $|z|$ défini par : $|z| = \sqrt{z.\overline{z}} = \sqrt{x^2 + y^2}$
On a alors : $|z| = \sqrt{(\text{Re}(z))^2 + (\text{Im}(z))^2}$
Pour tout $\theta \in \left]-\dfrac{\pi}{2}; \dfrac{\pi}{2}\right[ : |\cos\theta + i\sin\theta| = \sqrt{\cos^2\theta + \sin^2\theta} = 1$ et $|1 + i\tan\theta| = \sqrt{1 + \tan^2\theta} = \dfrac{1}{\cos\theta}$
Remarque
Remarques
La notion de module prolonge celle de la valeur absolue, c'est-à-dire que le module d'un nombre réel est égal à sa valeur absolue.
On a pour tout $z \in \mathbb{C}$, $|z|^2 = z.\overline{z}$ et $|\overline{z}| = |z|$. Si $z \neq 0$ alors : $\overline{z} = \dfrac{|z|^2}{z}$
Remarque
À retenir
\subsubsection*{Interprétation géométrique du module}
Étant donné $z \in \mathbb{C}$, d'image $M$, le module de $z$ est la distance $OM$ : $|z| = \|\overrightarrow{OM}\| = OM$
Si $\vec{u}$ est un vecteur d'affixe $z$ alors : $|z| = \|\vec{u}\|$
À partir de cette interprétation géométrique du module, on peut déduire les résultats suivants :
Proposition
Proposition 14
La distance entre deux points $A$ et $B$, d'affixes respectives $a$ et $b$, est : $AB = \|\overrightarrow{AB}\| = |b – a|$
Proposition
Proposition 15
Soit $a$ un nombre complexe et $r$ un réel strictement positif. On note $A$ l'image de $a$.
L'ensemble des images $M(z)$ des nombres complexes $z$ tels que :
$|z – a| = r$ est le cercle $\mathcal{C}$ de centre $A$ et de rayon $r$.
$|z – a| \le r$ est le disque fermé $\mathcal{D}$ de centre $A$ et de rayon $r$.
$|z – a| < r$ est le disque ouvert $\Delta$ de centre $A$ et de rayon $r$.
Exemple
Exemples
Soit $E$ l'ensemble des points $M(z)$ du plan tels que $|z| = 3$. Puisque $OM = 3$ alors $E$ est l'ensemble des points $M$ tels que $OM = 3$. Par conséquent, l'ensemble $E$ est le cercle de centre $O$ et de rayon $3$.
Soit $F$ l'ensemble des points $M(z)$ du plan tels que $|z – 1 + i| \le 4$.
En notant $A$ le point d'affixe $1 – i$, on obtient : $M \in F \iff |z – (1 – i)| \le 4 \iff AM \le 4$
Par suite, l'ensemble $F$ est le disque fermé de centre $A$ et de rayon $4$.
5.2. PROPRIÉTÉS DU MODULE
Proposition
Proposition 16
Soit $z$ et $z'$ deux nombres complexes. On a les propriétés suivantes :
$|z| \ge 0$ et $|\text{Re}(z)| \le |z|$ et $|\text{Im}(z)| \le |z|$
$|z| = 0 \iff z = 0$ et $|z – z'| = 0 \iff z = z'$
$|z \times z'| = |z| \times |z'|$
$|z| = |\overline{z}| = |-z| = |-\overline{z}|$
Si $z \neq 0$ et $n \in \mathbb{Z}$ alors : $\left|\dfrac{1}{z}\right| = \dfrac{1}{|z|}$ et $\left|\dfrac{z'}{z}\right| = \dfrac{|z'|}{|z|}$ et $|z^n| = |z|^n$
Preuve
Preuve
Soit un nombre complexe non nul $z = x+iy$ avec $(x;y) \in \mathbb{R}^2$.
On pose : $Z = \dfrac{1}{z} = X+iY$ avec $(X;Y) \in \mathbb{R}^2$. L'égalité $\dfrac{1}{z} \times z = 1$ équivaut à : $(X+iY)(x+iy) = 1$.
Ce qui équivaut à : $(Xx-Yy)+i(Xy+Yx) = 1$. Ce qui équivaut au système :
Pour tout nombre complexe non nul $z$, on a : $ \dfrac{1}{z} = \dfrac{\overline{z}}{|z|^2}$ et $\left|\dfrac{1}{z}\right| = \dfrac{1}{|z|}$
Quels que soient les nombres complexes $z$ et $z'$ avec $z' \neq 0$, on a : $ \dfrac{z}{z'} = \dfrac{z\overline{z'}}{|z'|^2}$ et $\left|\dfrac{z}{z'}\right| = \dfrac{|z|}{|z'|}$
1. On a : $\left|(1+i\sqrt{3})^4\right| = |1+i\sqrt{3}|^4 = 2^4 = 16$.
2. On a : $\left|\dfrac{3}{\left(\sqrt{3}-i\right)^5}\right| = \dfrac{3}{\left|\left(\sqrt{3}-i\right)^5\right|} = \dfrac{3}{\left|\sqrt{3}-i\right|^5} = \dfrac{3}{2^5} = \dfrac{3}{32}$.
3. On a : $\left|\left(\dfrac{1+i\sqrt{3}}{1-i}\right)^3\right| = \left|\dfrac{1+i\sqrt{3}}{1-i}\right|^3 = \left(\dfrac{|1+i\sqrt{3}|}{|1-i|}\right)^3 = \left(\dfrac{2}{\sqrt{2}}\right)^3 = \left(\sqrt{2}\right)^3 = 2\sqrt{2}$.
4. Soit $\theta \in \mathbb{R}$. Déterminons le module du nombre complexe $z = \cos^2\theta+i\sin\theta\cos\theta$ :
On a :
Si les points $M$ et $M'$ ont pour affixes respectives $z$ et $z'$, alors d'après l'inégalité triangulaire dans le triangle $OMM'$, on a : $OM'' \le OM+OM'$, où le point $M''$ est tel que $\overrightarrow{OM''} = \overrightarrow{OM}+\overrightarrow{OM'}$.
La proposition 17 affirme que : $(\forall (z;z') \in \mathbb{C}^2) \ |z+z'| \le |z|+|z'|$. On peut alors se poser la question :
Si $z = 0$, l'inégalité triangulaire est une égalité.
Si $z' = \lambda.z$, avec $\lambda \in \mathbb{R}^+$, il vient $|z+z'| = |1+\lambda||z| = (1+\lambda)|z| = |z|+|z'|$.
Si $|z+z'| = |z|+|z'|$ et $z \neq 0$, on a $\overline{z}.z' \in \mathbb{R}^+$ (car, d'après la preuve précédente, $\text{Re}(\overline{z}.z') = |\overline{z}.z'| \ge 0$, donc $z' = \lambda z$ avec $\lambda = \dfrac{\overline{z}.z'}{|z|^2}$.
Remarque
Corollaire
Étant donné deux nombres complexes $z$ et $z'$, on a : $\left||z|-|z'|\right| \le |z-z'| \le |z|+|z'|$
Application
Applications
1. Soit $z_1$ et $z_2$ deux nombres complexes quelconques.
Montrer l'inégalité suivante : $ \dfrac{|z_1+z_2|}{1+|z_1+z_2|} \le \dfrac{|z_1|+|z_2|}{1+|z_1|+|z_2|}$
2. Soit $z$ un nombre complexe. En utilisant l'inégalité triangulaire, montrer que : $|z| \le |z|^2 + |z-1|$
(Indication : on pourra distinguer les deux cas : $|z| \ge 1$ et $|z| \le 1$)
FORME TRIGONOMÉTRIQUE D’UN COMPLEXE
Remarque
À retenir
On rappelle que le plan complexe $\mathscr{P}$ est rapporté à un repère orthonormé direct $(O;\vec{i},\vec{j})$.
ARGUMENT D’UN NOMBRE COMPLEXE NON NUL
Définition
Définition 7
Soit $z$ un nombre complexe non nul, d'image $M$ dans le plan complexe $\mathscr{P}$.
Toute mesure $\theta$ de l'angle orienté $(\vec{i};\vec{OM})$ s'appelle un argument de $z$.
On le note $\arg(z)$ et on écrit : $ \arg(z) \equiv \theta \ [2\pi]$
\[%%SIGMA_LATEX_PLACEHOLDER_0%%\]
Remarque
Remarques
Soit $z$ un nombre complexe non nul.
Si $\theta$ est un argument du nombre complexe $z$, alors tout nombre réel de la forme $\theta + 2k\pi$ avec $k \in \mathbb{Z}$ est aussi un argument de $z$. Dans la pratique, on prend souvent $\theta$ dans l'intervalle $]-\pi,\pi]$, c'est-à-dire la mesure principale de l'angle $(\vec{i};\vec{OM})$.
Le nombre 0 est l'unique nombre complexe qui n'a pas d'argument.
Exemple
Exemples
On considère la figure ci-contre.
En utilisant la définition 7, on obtient les résultats suivants :
Soit $z = x+iy$ un nombre complexe non nul avec $(x;y) \in \mathbb{R}^2$ et $\theta$ un argument de $z$.
Alors : $ x = |z|\cos\theta \text{et} y = |z|\sin\theta$
Tout nombre complexe non nul $z$ s'écrit de manière unique sous la forme :
\[z = |z|(\cos\theta + i\sin\theta), \text{ où } \theta \text{ est un argument de } z.\]
Définition
Définition 8
Soit $z$ un nombre complexe non nul et $\theta$ un argument de $z$.
L'écriture $z = |z|(\cos\theta+i\sin\theta)$ est appelée une écriture trigonométrique ou forme trigonométrique du nombre complexe $z$. Notation simplifiée : $z = \left[|z|;\theta\right]$
Remarque
Remarque
Tout nombre complexe non nul admet une infinité de formes trigonométriques.
Si $z \in \mathbb{C}^*$ alors : $ z = |z|\left(\cos\left(\arg(z)\right)+i\sin\left(\arg(z)\right)\right)$
Définition
Définition 9
Soit $z$ un nombre complexe non nul et $M$ son image dans le plan complexe.
On pose : $r = OM$ et $\theta$ une mesure de l'angle $(\vec{i};\vec{OM})$ ($\arg(z) \equiv \theta \ [2\pi]$).
Le couple $(r;\theta)$ est appelé le couple des coordonnées polaires du point $M$ par rapport à l'axe polaire $(O;\vec{i})$. Le point $O$ est le pôle.
\[%%SIGMA_LATEX_PLACEHOLDER_0%%\]
Proposition
Proposition 19
Soit $z \in \mathbb{C}^*$. Si $z = r(\cos\theta+i\sin\theta)$ tel que $r \in \mathbb{R}_+^*$ et $\theta \in \mathbb{R}$ alors : $|z| = r$ et $\theta \equiv \arg(z) \ [2\pi]$
Preuve
Preuve
Soit $z = r(\cos\theta+i\sin\theta)$ tel que $r \in \mathbb{R}_+^*$ et $\theta \in \mathbb{R}$. On a : $|z| = \left|r\right|\left|\cos\theta+i\sin\theta\right|$. Et puisque $r > 0$, alors $\left|r\right| = r$, et on a : $\left|\cos\theta+i\sin\theta\right| = \sqrt{\cos^2\theta+\sin^2\theta} = 1$. Donc : $|z| = r$
Soit $\varphi$ un argument de $z$. On a donc : $z = r(\cos\theta+i\sin\theta) = r(\cos\varphi+i\sin\varphi)$ ; il en résulte alors :
$\cos\theta = \cos\varphi$ et $\sin\theta = \sin\varphi$. Par conséquent : $\theta \equiv \varphi \ [2\pi]$, ce qui signifie que $\theta$ est un argument de $z$.
Proposition
Proposition 20
Soit $z$ un nombre complexe non nul. On a les équivalences suivantes :
Les propositions 18 et 19 nous indiquent que toute écriture du genre $r(\cos\theta+i\sin\theta)$ avec $r \in \mathbb{R}_+^*$ et $\theta \in \mathbb{R}$ est une forme géométrique d'un nombre complexe de module $r$ et d'argument $\theta$.
La proposition 20 nous facilite la détermination d'une forme trigonométrique d'un nombre réel ou imaginaire pur. En effet, si $x$ est un nombre réel strictement positif, alors :
La détermination d'une écriture trigonométrique d'un nombre complexe non nul $z$ est équivalente à la détermination de son module et d'un de ces arguments. Pratiquement :
Si $z = x+iy$ avec $(x;y) \in \mathbb{R}^2 – \{(0,0)\}$ alors $|z| = \sqrt{x^2+y^2}$, et donc : $\dfrac{z}{|z|} = \dfrac{x}{\sqrt{x^2+y^2}} + i\dfrac{y}{\sqrt{x^2+y^2}}$.
Et si $\arg(z) \equiv \theta \ [2\pi]$ alors $z = |z|(\cos\theta+i\sin\theta)$, et donc : $\dfrac{z}{|z|} = \cos\theta+i\sin\theta$. Par conséquent :
Ainsi, la connaissance de $\cos\theta$ et $\sin\theta$ permet la détermination d'un argument de $z$. (On pourra utiliser les boutons $\cos^{-1}$ et $\sin^{-1}$ de la calculatrice).
Si $z = \lambda(\cos\theta+i\sin\theta)$ avec $\lambda \in \mathbb{R}_-^*$ alors $|z| = -\lambda$ et $z = |z|(-\cos\theta-i\sin\theta)$. Par suite :
\[z = |z|\left(\cos(\theta+\pi)+i\sin(\theta+\pi)\right) \text{ est une forme trigonométrique du nombre } z\]
Exemple
Exemples
1) Déterminons une forme trigonométrique de chacun des nombres complexes suivants :
On a : $|z_1| = \sqrt{\left(\sqrt{2}\right)^2 + \left(\sqrt{6}\right)^2} = \sqrt{8} = 2\sqrt{2}$ ; donc : $z_1 = 2\sqrt{2}\left(\dfrac{1}{2}+i\dfrac{\sqrt{3}}{2}\right)$. Par suite :
\[z_1 = 2\sqrt{2}\left(\cos\dfrac{\pi}{3}+i\sin\dfrac{\pi}{3}\right) \text{ est une forme trigonométrique du nombre } z_1. \text{ Ainsi : } z_1 = \left[2\sqrt{2};\dfrac{\pi}{3}\right].\]
On a : $z_2 = 3\left(-\cos\dfrac{\pi}{5}-i\sin\dfrac{\pi}{5}\right) = 3\left(\cos\left(\dfrac{\pi}{5}+\pi\right)+i\sin\left(\dfrac{\pi}{5}+\pi\right)\right) = 3\left(\cos\dfrac{6\pi}{5}+i\sin\dfrac{6\pi}{5}\right)$. Par suite :
\[z_2 = 3\left(\cos\dfrac{6\pi}{5}+i\sin\dfrac{6\pi}{5}\right) \text{ est une forme trigonométrique du nombre } z_2. \text{ Ainsi : } z_2 = \left[3;\dfrac{6\pi}{5}\right].\]
On a : $|z_3| = \sqrt{\left(\dfrac{\sqrt{3}}{3}\right)^2 + (-1)^2} = \sqrt{\dfrac{4}{3}} = \dfrac{2\sqrt{3}}{3}$ ; donc : $z_3 = \dfrac{2\sqrt{3}}{3}\left(\dfrac{1}{2}-i\dfrac{\sqrt{3}}{2}\right)$. Par suite :
\[z_3 = \dfrac{2\sqrt{3}}{3}\left(\cos\left(-\dfrac{\pi}{3}\right)+i\sin\left(-\dfrac{\pi}{3}\right)\right) \text{ est une forme trigonométrique du } z_1. \text{ Ainsi : } z_3 = \left[\dfrac{2\sqrt{3}}{3};-\dfrac{\pi}{3}\right].\]
On a : $|z_4| = |-5| \cdot |1-i| = 5\sqrt{2}$ ; donc : $z_4 = 5\sqrt{2}\left(-\dfrac{\sqrt{2}}{2}+i\dfrac{\sqrt{2}}{2}\right)$. Par suite :
\[z_4 = 5\sqrt{2}\left(\cos\dfrac{3\pi}{4}+i\sin\dfrac{3\pi}{4}\right) \text{ est une forme trigonométrique du nombre } z_4. \text{ Ainsi : } z_4 = \left[5\sqrt{2};\dfrac{3\pi}{4}\right].\]
On a : $z_5 = -3\sqrt{2}-\sqrt{6}i$, donc : $|z_5| = \sqrt{\left(-3\sqrt{2}\right)^2 + \left(-\sqrt{6}\right)^2} = \sqrt{24} = 2\sqrt{6}$. Par conséquent :
\[z_5 = 2\sqrt{6}\left(-\dfrac{\sqrt{3}}{2}-\dfrac{1}{2}i\right) = 2\sqrt{6}\left(\cos\left(-\dfrac{5\pi}{6}\right)+i\sin\left(-\dfrac{5\pi}{6}\right)\right) \text{ est une forme trigonométrique du nombre}\]
\[\text{complexe } z_5. \text{ Ainsi : } z_5 = \left[2\sqrt{6};-\dfrac{5\pi}{6}\right].\]
2) Soit $\alpha \in \left]-\dfrac{\pi}{2};\dfrac{3\pi}{2}\right[ – \left\{\dfrac{\pi}{2}\right\}$. Déterminons une forme trigonométrique du nombre $z = 1+i\tan\alpha$ :
On a : $z = 1+i\tan\alpha = 1+i\dfrac{\sin\alpha}{\cos\alpha} = \dfrac{1}{\cos\alpha}(\cos\alpha+i\sin\alpha)$. On peut distinguer deux cas :
Si $\alpha \in \left]-\dfrac{\pi}{2};\dfrac{\pi}{2}\right[$ alors $\cos\alpha > 0$ et donc : $z = \dfrac{1}{\cos\alpha}(\cos\alpha+i\sin\alpha)$. Ainsi : $z = \left[\dfrac{1}{\cos\alpha};\alpha\right]$.
Si $\alpha \in \left]\dfrac{\pi}{2};\dfrac{3\pi}{2}\right[$ alors $\cos\alpha < 0$ et donc : $z = -\dfrac{1}{\cos\alpha}\left(\cos(\pi+\alpha)+i\sin(\pi+\alpha)\right)$. Ainsi :
4. Soit $\theta$ un nombre réel de l'intervalle $\left]-\dfrac{\pi}{2};0\right[$.
Déterminer une forme trigonométrique du nombre complexe $Z$ défini par : $Z = \sin(2\theta)-2i\cos^2\theta$.
5. Soit $\theta$ un nombre réel tel que $\sin(2\theta) \neq 0$.
Déterminer, selon les valeurs de $\theta$, une écriture trigonométrique de chacun des nombres complexes :
\[A = 1+\cos(2\theta)+i\sin(2\theta) ; B = 1-\sin(2\theta)+i\cos(2\theta) ; C = 1-\cos(2\theta)+i\sin(2\theta)\]
6. Soit $z = a+ib$ un nombre complexe tel que $a \in \mathbb{R}^*$ et $b \in \mathbb{R}$.
Montrer que :
Pour 1), il suffit de noter que $z = |z|(\cos\theta+i\sin\theta)$ et $z' = \left|z'\right|\left(\cos\theta'+i\sin\theta'\right)$, où $\theta$ est un argument de $z$ et $\theta'$ un argument de $z'$.
Pour 2), on a : $\overline{z} = |z|(\cos\theta-i\sin\theta) = |\overline{z}|\left(\cos(-\theta)+i\sin(-\theta)\right)$.
Preuve
Preuve (suite)
Pour 3), on a : $-z = |z|(-\cos\theta-i\sin\theta) = |-z|\left(\cos(\pi+\theta)+i\sin(\pi+\theta)\right)$.
Remarque
Corollaire
Soit $z$ un nombre complexe non nul. Si $z = \left[r;\theta\right]$ alors : $\overline{z} = \left[r;-\theta\right]$ et $-z = \left[r;\pi+\theta\right]$.
En particulier, on a : $ \arg(\overline{z}) \equiv -\arg(z) \ [2\pi] \text{et} \arg(-z) \equiv \pi+\arg(z) \ [2\pi]$
Proposition
Proposition 22
Soit $z$ et $z'$ deux nombres complexes non nuls tels que : $z = \left[r;\theta\right]$ et $z' = \left[r';\theta'\right]$.
On a les relations suivantes :
$zz' = \left[rr';\theta+\theta'\right]$ et $\arg(zz') \equiv \arg(z)+\arg(z') \ [2\pi]$.
$\dfrac{1}{z} = \left[\dfrac{1}{r};-\theta\right]$ et $\arg\left(\dfrac{1}{z}\right) \equiv -\arg(z) \ [2\pi]$.
$\dfrac{z}{z'} = \left[\dfrac{r}{r'};\theta-\theta'\right]$ et $\arg\left(\dfrac{z}{z'}\right) \equiv \arg(z)-\arg(z') \ [2\pi]$.
Pour tout $n \in \mathbb{Z}$ : $z^n = \left[r^n;n\theta\right]$ et $\arg\left(z^n\right) \equiv n\arg(z) \ [2\pi]$.
Preuve
Preuve
Soit $z$ et $z'$ deux nombres complexes non nuls tels que : $z = \left[r;\theta\right]$ et $z' = \left[r';\theta'\right]$. Autrement dit :
Par suite : $ \dfrac{1}{z} = \left[\dfrac{1}{r};-\theta\right] \text{et} \arg\left(\dfrac{1}{z}\right) \equiv -\arg(z) \ [2\pi]$.
3) De l'égalité $\dfrac{z}{z'} = z \times \dfrac{1}{z'}$ et les résultats 1) et 2) on tire :
$\overline{3+2i}=3-2i$ et $\overline{-2-5i}=-2+5i$ et $\overline{4i}=-4i$.
L'équation $(E) : \overline{z}+2iz=5-4i$ n'a pas de sens dans l'ensemble $\mathbb{R}$. Résolvons l'équation $(E)$ dans l'ensemble $\mathbb{C}$.
Soit $z \in \mathbb{C}$. Posons $z=x+iy$ où $x$ et $y$ sont des réels.
\[\begin{aligned}z \text{ est solution de } (E) &\iff \overline{z}+2iz=5-4i \\
&\iff (x-iy)+2i(x+iy)=5-4i \\
&\iff (x-2y)+i(2x-y)=5-4i \\
&\iff \begin{cases}
x-2y=5 \\
2x-y=-4
\end{cases} \\
&\iff \begin{cases}
x=-4 \\
y=-4,5
\end{cases} \text{(Par substitution ou par combinaisons linéaires)}\end{aligned}\]
Par conséquent, l'équation $(E)$ admet une solution unique dans $\mathbb{C}$ : c'est le nombre $-4-4,5i$.
On veut déterminer l'ensemble $(\Gamma)$ des points $M(z)$ du plan complexe tels que : $z \neq 2i$ et $\dfrac{z-3}{\overline{z}+2i} \in \mathbb{R}$.
Soit $z \in \mathbb{C} \setminus \{2i\}$. Posons $z=x+iy$ où $x$ et $y$ sont des réels.
\[\begin{aligned}M(z) \in (\Gamma) &\iff z \neq 2i \text{ et } \dfrac{z-3}{\overline{z}+2i} \in \mathbb{R} \\
&\iff (x,y) \neq (0,2) \text{ et } \text{Im}\left(\dfrac{z-3}{\overline{z}+2i}\right) = 0 \\
&\iff (x,y) \neq (0,2) \text{ et } \dfrac{2x+3y-6}{x^2+(2-y)^2} = 0 \\
&\iff (x,y) \neq (0,2) \text{ et } 2x+3y-6=0\end{aligned}\]
On en déduit que $(\Gamma)$ est la droite d'équation cartésienne $2x+3y-6=0$ privée du point $A(0,2)$.
Soit $(\theta,\theta') \in \mathbb{R}^2$. On veut résoudre dans $\mathbb{C}$ le système : $(S) : \begin{cases} e^{i\theta} z – e^{i\theta'} \overline{z} = 2i e^{-i\theta'} z – e^{-i\theta} \overline{z} = 2i \end{cases}$
Pour tout nombre complexe $z$, on a :
\[\begin{aligned}z \text{ est solution de } (S) &\iff \begin{cases} e^{i\theta} z – e^{i\theta'} \overline{z} = 2i \\ e^{-i\theta'} z – e^{-i\theta} \overline{z} = 2i \end{cases} \\
&\iff \begin{cases} e^{i\theta} z – e^{i\theta'} \overline{z} = 2i \\ e^{i\theta} \overline{z} – e^{i\theta'} z = -2i \end{cases} \text{(Par passage au conjugué pour la 2\textsuperscript{ème} équation)} \\
&\iff \begin{cases} e^{i\theta} z – e^{i\theta'} \overline{z} = 2i \\ -e^{i\theta'} z + e^{i\theta} \overline{z} = -2i \end{cases}\end{aligned}\]
En calculant le déterminant de ce système, d'inconnues $z$ et $\overline{z}$, on trouve :
1\textsuperscript{er} cas : $e^{2i\theta} – e^{2i\theta'} \neq 0$ (c'est-à-dire : $\theta – \theta' \not\equiv 0 \, [\pi]$)
Le système admet un couple unique de solutions $(z,\overline{z})$ dans $\mathbb{C}^2$. Par suite :
Ainsi le système $(S)$ admet une solution unique dans $\mathbb{C}$ : c'est le nombre $\dfrac{i e^{-i\frac{\theta+\theta'}{2}}}{\cos\left(\dfrac{\theta-\theta'}{2}\right)}$.
2\textsuperscript{ème} cas : $e^{2i\theta}-e^{2i\theta'}=0$ (c'est-à-dire : $\theta-\theta' \equiv 0 \, [\pi]$)
Dans ce cas, on a $e^{i\theta'}=-e^{i\theta}$ ou $e^{i\theta'}=e^{i\theta}$.
Si $e^{i\theta'}=-e^{i\theta}$, alors le système $(S)$ devient : $\begin{cases} e^{i\theta}z+e^{i\theta}\overline{z}=2i e^{i\theta}z+e^{i\theta}\overline{z}=2i \end{cases}$, c'est-à-dire : $z+\overline{z}=2ie^{-i\theta}$.
Ce dernier système n'a pas de solution dans $\mathbb{C}$ car pour tout $z \in \mathbb{C}$, le nombre $z+\overline{z}$ est un réel alors que le nombre $2ie^{-i\theta}$ est imaginaire pur non nul (puisque $\cos\theta$ et $\sin\theta$ ne peuvent pas s'annuler simultanément).
Si $e^{i\theta'}=e^{i\theta}$, alors le système $(S)$ devient : $\begin{cases} e^{i\theta}z-e^{i\theta}\overline{z}=2i -e^{i\theta}z+e^{i\theta}\overline{z}=-2i \end{cases}$, c'est-à-dire : $z-\overline{z}=2ie^{-i\theta}$.
Posons $z=x+iy$ avec $(x,y) \in \mathbb{R}^2$.
\[\begin{aligned}z-\overline{z}=2ie^{-i\theta} &\iff 2iy = 2i(\cos\theta-i\sin\theta) \\
&\iff y = \cos\theta-i\sin\theta \\
&\iff \begin{cases}
y=\cos\theta \\
\sin\theta=0
\end{cases} \text{(Car } y, \cos\theta \text{ et } \sin\theta \text{ sont des réels)}\end{aligned}\]
Il en résulte que si $\sin\theta \neq 0$, alors le système $(S)$ n'a pas de solution dans $\mathbb{C}$ et si $\sin\theta=0$ (dans ce cas $\cos\theta=1$ ou $\cos\theta=-1$), l'ensemble des solutions de $(S)$ est la droite d'équation cartésienne $y=1$ ou la droite d'équation cartésienne $y=-1$.
Application
Applications
On pose : $u=-3+2i$ et $v=1+4i$.
Écrire sous forme algébrique les nombres complexes :
Résoudre dans $\mathbb{C}$ chacune des équations suivantes d'inconnue $z$ :
$2z+i\overline{z}=3$
$2iz-\overline{z}=4i$
$z^2-|z|^2-3\overline{z}+2=0$
$\dfrac{z+1}{\overline{z}-1}=-1$
$2z-3\overline{z}+2=0$
$z \overline{z}-3i z-3i \overline{z}+8=0$
Déterminer l'ensemble des points $M(z)$ du plan complexe dans chacun des cas suivants :
$\dfrac{z-2i}{z+1} \in \mathbb{R}$
$\dfrac{z-2i}{z+1} \in i \mathbb{R}$
$\dfrac{z-1+i}{\overline{z}-1-i} = 1$
$z+\overline{z}=|z|$
Soit $(\theta,\theta') \in \mathbb{R}^2$. Résoudre dans $\mathbb{C}$ l'équation d'inconnue $z$ :
\[e^{i\theta} z – e^{-i\theta} \overline{z} = e^{i\theta'} – e^{-i\theta'}\]
V.MODULE D’UN NOMBRE COMPLEXE (Rappel)
Définition
Définition 10
Soit $z$ un nombre complexe de forme algébrique $x+iy$.
Le module de $z$ est le réel positif, noté $|z|$, défini par : $|z|=\sqrt{x^2+y^2}$.
Exemple
Exemples
$|3-4i|=\sqrt{3^2+(-4)^2}=\sqrt{25}=5$
$|-2+i|=\sqrt{(-2)^2+1^2}=\sqrt{5}$
$|-5|=|-5+0i|=\sqrt{(-5)^2+0^2}=5$
$|3i|=|0+3i|=\sqrt{0^2+3^2}=3$
Remarque
Remarques
Soit $z$ un nombre complexe de forme algébrique $x+iy$ et soit $M(z)$ son image dans le plan complexe rapporté à un repère orthonormé direct $(O;\vec{u},\vec{v})$.
Par définition du module, on a : $OM = \sqrt{x^2+y^2} = |z|$.
Pour tout point $A(z_A)$ et tout point $B(z_B)$ du plan complexe, on a :
En particulier, si $A$ et $B$ appartiennent à l'axe réel, on retrouve la distance absolue entre deux réels.
Pour tout $r \in \mathbb{R}_+^*$, l'ensemble des points $M(z)$ du plan complexe tels que $|z-z_A|=r$ est le cercle de centre $A(z_A)$ et de rayon $r$.
Pour tout point $A(z_A)$ et tout point $B(z_B)$ du plan complexe, l'ensemble des points $M(z)$ du plan complexe tels que $|z-z_A|=|z-z_B|$ est la médiatrice du segment $[AB]$.
Proposition
Proposition 25
Pour tout $z \in \mathbb{C}$ : $|z|=0 \iff z=0$ et $|-z|=|\overline{z}|=|-\overline{z}|=|z|$.
Pour tout $z \in \mathbb{C}$ : $z \overline{z}=|z|^2$ ; $\text{Re}(z) \le |\text{Re}(z)| \le |z|$ ; $\text{Im}(z) \le |\text{Im}(z)| \le |z|$.
Pour tout $(z,z') \in \mathbb{C}^2$ : $|z \cdot z'|=|z| \cdot |z'|$ et $|z+z'| \le |z|+|z'|$ \text{(Inégalité triangulaire)}.
Pour tout $z \in \mathbb{C}^*$ et pour tout $n \in \mathbb{Z}$ : $\left|\dfrac{1}{z}\right|=\dfrac{1}{|z|}$ ; $\left|\dfrac{z'}{z}\right|=\dfrac{|z'|}{|z|}$ et $|z^n|=|z|^n$.
Exemple
Exemples
On veut calculer le module du nombre complexe : $u=\dfrac{(1+i)^4(\sqrt{3}-i)^3}{(1-i\sqrt{3})^2}$.
On a, d'après les propriétés du module :
Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormé direct $(O;\vec{u},\vec{v})$.
Déterminer et construire l'ensemble des points $M(z)$ dans chacun des cas suivants :
$|z-1+2i|=3$
$|z-2+i|=|z+3i|$
$|(1+i)z-2i|=2$
$|2z-1+i| \le 4$
Montrer que pour tout $(u,v) \in \mathbb{C}^2$ :
\[|u+v|^2+|u-v|^2=2(|u|^2+|v|^2) \text{(Identité du parallélogramme)}\]
En déduire que si $u$ est un nombre complexe tel que $|u|=1$, alors pour tout $v \in \mathbb{C} \setminus \{-u\}$ :
\[\left|\dfrac{u+v}{1+u \overline{v}}\right|=1\]
Soit $a$ et $b$ deux nombres complexes de module $1$ tels que $ab \neq -1$.
Montrer que le nombre complexe $Z=\dfrac{a+b}{1+ab}$ est un réel.
Soit $z$ un nombre complexe non nul tel que $|z| \neq 1$. On pose : $Z=\dfrac{z}{|z|}-1$.
Montrer que : $|Z|^2=-2 \text{Re}(Z)$.
En déduire que le nombre $Z'=\dfrac{(z-|z|)^2}{z}$ est un réel strictement négatif.
Définition
Définition 11
Soit $z$ un nombre complexe non nul de module $r$ et d'argument $\theta$.
L'écriture $z=r e^{i\theta}$ est appelée la notation exponentielle ou l'écriture exponentielle du nombre $z$.
Exemple
Exemples
La notation exponentielle du nombre $a=1+i\sqrt{3}$ est : $a=2e^{i\frac{\pi}{3}}$.
La notation exponentielle du nombre $b=-3$ est : $b=3e^{i\pi}$.
La notation exponentielle du nombre $c=-4\cos\dfrac{\pi}{7}+4i\sin\dfrac{\pi}{7}$ est : $c=4e^{i\frac{6\pi}{7}}$.
Proposition
Proposition 26
Pour tout réel $\theta$ et pour tout entier relatif $n$, on a $\left(e^{i\theta}\right)^n = e^{i n \theta}$ ou encore, par définition de $e^{i\theta}$ :
\[(\cos\theta+i\sin\theta)^n = \cos(n\theta)+i\sin(n\theta) \text{« Formule de Moivre »}\]
Soit $\theta$ un nombre réel. On pose : $z=1+\cos\theta+i\sin\theta$ et $z'=1+\sin\theta-i\cos\theta$ et $u=\dfrac{z}{z'}$.
On a : $z=1+e^{i\theta}=e^{i\frac{\theta}{2}} \cdot e^{-i\frac{\theta}{2}} + \left(e^{i\frac{\theta}{2}}\right)^2 = e^{i\frac{\theta}{2}\left(e^{-i\frac{\theta}{2}}+e^{i\frac{\theta}{2}}\right)}$.
D'après les formules d'Euler, on a $e^{i\frac{\theta}{2}}+e^{-i\frac{\theta}{2}} = 2\cos\left(\dfrac{\theta}{2}\right)$ ; donc : $z=2\cos\left(\dfrac{\theta}{2}\right)e^{i\frac{\theta}{2}}$. Ainsi :
Si $\cos\left(\dfrac{\theta}{2}\right) > 0$, alors : $|z|=2\cos\left(\dfrac{\theta}{2}\right)$ et $\text{arg}(z) \equiv \dfrac{\theta}{2} \, [2\pi]$.
Si $\cos\left(\dfrac{\theta}{2}\right) 0$, alors : $|z'|=2\sin\left(\dfrac{\pi}{4}+\dfrac{\theta}{2}\right)$ et $\text{arg}(z') \equiv \dfrac{\theta}{2}-\dfrac{\pi}{4} \, [2\pi]$.
Si $\sin\left(\dfrac{\pi}{4}+\dfrac{\theta}{2}\right) < 0$, alors : $|z'|=-2\sin\left(\dfrac{\pi}{4}+\dfrac{\theta}{2}\right)$ et $\text{arg}(z') \equiv \dfrac{\theta}{2}+\dfrac{3\pi}{4} \, [2\pi]$.
Si $\sin\left(\dfrac{\pi}{4}+\dfrac{\theta}{2}\right) = 0$, alors : $z'=0$ (l'argument de $z'$ n'est pas défini).
En supposant $\sin\left(\dfrac{\pi}{4}+\dfrac{\theta}{2}\right) \neq 0$, alors : $u = \dfrac{2\cos\left(\dfrac{\theta}{2}\right)e^{i\frac{\theta}{2}}}{2\sin\left(\dfrac{\pi}{4}+\dfrac{\theta}{2}\right)e^{i\left(\frac{\theta}{2}-\frac{\pi}{4}\right)}} = \dfrac{\cos\left(\dfrac{\theta}{2}\right)}{\sin\left(\dfrac{\pi}{4}+\dfrac{\theta}{2}\right)}e^{i\frac{\pi}{4}}$.
Par suite :
Déterminons une forme algébrique du nombre complexe : $\left(\dfrac{1}{2}+i\dfrac{\sqrt{3}}{2}\right)^{2018}$.
On a d'après la formule de Moivre : $\left(\dfrac{1}{2}+i\dfrac{\sqrt{3}}{2}\right)^{2018} = \left(\cos\dfrac{\pi}{3}+i\sin\dfrac{\pi}{3}\right)^{2018} = \cos\dfrac{2018\pi}{3}+i\sin\dfrac{2018\pi}{3}$.
Par conséquent : $\left(\dfrac{1}{2}+i\dfrac{\sqrt{3}}{2}\right)^{2018} = \cos\dfrac{2\pi}{3}+i\sin\dfrac{2\pi}{3} = -\dfrac{1}{2}+\dfrac{\sqrt{3}}{2}i$, d'où le résultat.
Application
Applications
Soit $\alpha$ et $\beta$ deux nombres réels quelconques.
Montrer que : $e^{i\alpha}+e^{i\beta}=2\cos\left(\dfrac{\alpha-\beta}{2}\right)e^{i\frac{\alpha+\beta}{2}}$ et $e^{i\alpha}-e^{i\beta}=2i\sin\left(\dfrac{\alpha-\beta}{2}\right)e^{i\frac{\alpha+\beta}{2}}$.
Écrire sous forme exponentielle les nombres $u$ et $v$ puis en déduire une écriture exponentielle de chacun des nombres complexes :
\[-v ; u \cdot v ; \dfrac{1}{u} ; u^5 \cdot \overline{v}^{18} ; t ; z ; \dfrac{z}{t}\]
On suppose dans cette question que $\cos\left(\dfrac{\alpha+\beta}{2}\right) \neq 0$.
Donner une écriture exponentielle du nombre complexe : $\omega = \dfrac{e^{i\alpha} \cdot e^{i\beta}}{1+e^{i(\alpha+\beta)}}$.
Pour tout $n \in \mathbb{Z}$, on pose : $A_n=\left(\sqrt{3}-i\right)^n+\left(\sqrt{3}+i\right)^n$.
En utilisant la formule de Moivre, montrer l'équivalence suivante : $A_n=2^{n+1} \iff n \equiv 0 \, [12]$.
Soit $\theta_1$ et $\theta_2$ deux réels et $n \in \mathbb{N}$.
Si $z=e^{i\theta_1}+e^{i\theta_2}$, donner une expression simplifiée de $\text{Re}(z^n)$.
6.5. APPLICATIONS TRIGONOMÉTRIQUES DES NOMBRES COMPLEXES
Remarque
À retenir
La formule du binôme de Newton, la formule de Moivre et les formules d'Euler permettent de transformer certaines expressions trigonométriques.
Développement de $\cos(n\theta)$ et $\sin(n\theta)$ :
Soit $n \in \mathbb{N}^*$ et $\theta \in \mathbb{R}$. On a :
En séparant les parties réelles et imaginaires, on en déduit les expressions de $\cos(n\theta)$ et $\sin(n\theta)$ en fonction de $\cos\theta$ et $\sin\theta$.
Voici quelques exemples pratiques :
On a : $\cos(2\theta)+i\sin(2\theta) = (\cos\theta+i\sin\theta)^2 = \cos^2\theta – \sin^2\theta + 2i\sin\theta\cos\theta$, dont on déduit $\cos(2\theta) = \cos^2\theta – \sin^2\theta = 2\cos^2\theta – 1 = 1 – 2\sin^2\theta$ et $\sin(2\theta) = 2\sin\theta\cos\theta$.
On a : $\cos(3\theta)+i\sin(3\theta) = (\cos\theta+i\sin\theta)^3$, donc :
On peut démontrer la formule plus générale suivante : (à titre d'exercice)
Pour tout $n \in \mathbb{N}^*$ :
\[\begin{cases} \cos(n\theta) = \sum_{p=0}^{\text{E}\left(\frac{n}{2}\right)} (-1)^p C_n^{2p} \cos^{n-2p}(\theta)\sin^{2p}(\theta) \\ \sin(n\theta) = \sum_{p=0}^{\text{E}\left(\frac{n-1}{2}\right)} (-1)^p C_n^{2p+1} \cos^{n-2p-1}(\theta)\sin^{2p+1}(\theta) \end{cases} \left(\text{E}\left(\frac{n}{2}\right) \text{ étant la partie entière de } \frac{n}{2}\right)\]
\textbf{Linéarisation de $\cos^m\theta$, $\sin^m\theta$ et $\cos^m\theta\sin^n\theta$ pour $(m;n) \in \mathbb{N}^2$ :}
Linéariser une expression du genre $\cos^m\theta$, $\sin^m\theta$ et $\cos^m\theta\sin^n\theta$, c'est la transformer en somme algébrique de termes du genre $a\cos(p\theta) + b\sin(q\theta)$ avec $(a;b) \in \mathbb{R}^2$ et $(p;q) \in \mathbb{N}^2$.
Pour linéariser ces expressions, on utilise les formules d'Euler pour en déduire :
On développe les expressions obtenues grâce au binôme de Newton, puis on fait réapparaître les fonctions cosinus et sinus.
Voici quelques exemples pratiques :
Par suite : $\sin^5 x = -\frac{1}{16}(\sin(5x)-5\sin(3x)+10\sin x)$
Linéarisation de $\cos^2(x)\sin^3(x)$ :
On a : $\cos^2 x = \left(\frac{e^{ix}+e^{-ix}}{2}\right)^2 = \frac{1}{4}\left(e^{2ix}+2+e^{-2ix}\right) = \frac{1}{4}(2\cos(2x)+2) = \frac{1}{2}(\cos(2x)+1)$
Et : $\sin^3 x = \left(\frac{e^{ix}-e^{-ix}}{2i}\right)^3 = -\frac{1}{8i}\left(e^{3ix}-3e^{ix}+3e^{-ix}-e^{-3ix}\right) = -\frac{1}{4}(\sin(3x)-3\sin x)$
Il s'ensuit donc :
\[\cos^2 x \sin^3 x = \left(\frac{1}{2}(\cos(2x)+1)\right)\left(-\frac{1}{4}(\sin(3x)-3\sin x)\right)\]
Et puisque : $\cos(2x)\sin(3x) = \frac{1}{2}(\sin(5x)+\sin x)$ et $\cos(2x)\sin x = \frac{1}{2}(\sin(3x)-\sin x)$
Alors : $\cos^2(x)\sin^3(x) = -\frac{1}{16}(\sin(5x)-\sin(3x)-2\sin x)$
Application
Applications
1. Linéariser $\sin^4 x$ puis calculer la somme : $S = \sin^4\frac{\pi}{8} + \sin^4\frac{3\pi}{8} + \sin^4\frac{5\pi}{8} + \sin^4\frac{7\pi}{8}$
2. Linéariser l'expression suivante : $E = 6\cos^3(2x)\sin^3(2x) – \cos^2(2x)\sin^2(4x)$.
3. Soit $(p;q) \in \mathbb{R}^2$.
a) En utilisant $\cos p + \cos q = \text{Re}\left(e^{ip}+e^{iq}\right)$, montrer que : $\cos p + \cos q = 2\cos\left(\frac{p+q}{2}\right)\cos\left(\frac{p-q}{2}\right)$.
b) Montrer de même que : $\cos p – \cos q = -2\sin\left(\frac{p+q}{2}\right)\sin\left(\frac{p-q}{2}\right)$.
c) Factoriser de même les expressions : $\sin p + \sin q$ et $\sin p – \sin q$
4. Soit $(a;b) \in \mathbb{R}^2$.
En utilisant les formules d'Euler, retrouver les formules suivantes (vues en 1ère année du Bac) :
\[\cos a \cos b = \frac{1}{2}\left(\cos(a-b)+\cos(a+b)\right) ; \sin a \sin b = \frac{1}{2}\left(\cos(a-b)-\cos(a+b)\right)\]
\[\sin a \cos b = \frac{1}{2}\left(\sin(a-b)+\sin(a+b)\right)\]
5. Pour tout $n \in \mathbb{N}$ et $\theta \in ]0;\pi[$, on pose : $S_n = \sum_{k=0}^n \cos(k\theta)$
a) Rappeler l'expression simplifiée de la somme $1+q+q^2+\dots+q^n$ pour $q \neq 1$.
b) Simplifier $T_n = \sum_{k=0}^n e^{ik\theta}$ et en déduire que pour tout $n \in \mathbb{N}$ : $S_n = \dfrac{\cos\dfrac{n\theta}{2} \cdot \sin\dfrac{(n+1)\theta}{2}}{\sin\dfrac{\theta}{2}}$
7.RACINES $n^{\text{ième}}$ D’UN NOMBRE COMPLEXE NON NUL
7.1. RACINES $n^{\text{ième}}$ DE L’UNITÉ
Définition
Définition 12
Soit $n$ un entier naturel supérieur ou égal à 2.
On appelle racine $n^{\text{ième}}$ de l'unité tout nombre complexe $u$ tel que $u^n = 1$.
L'ensemble des racines $n^{\text{ième}}$ de l'unité est noté $\mathbb{U}_n$. On a donc : $\mathbb{U}_n = \{z \in \mathbb{C} / z^n = 1\}$
Remarque
Remarque
Les racines $n^{\text{ième}}$ de l'unité sont les solutions dans $\mathbb{C}$ de l'équation $z^n = 1$.
Exemple
Exemples
1) Cas $n = 2$ : Les racines carrées de l'unité sont les solutions dans $\mathbb{C}$ de l'équation $z^2 = 1$. Ces solutions sont $1$ et $-1$. Ainsi : $\mathbb{U}_2 = \{-1;1\}$
2) Cas $n = 3$ : Les racines cubiques de l'unité sont les solutions dans $\mathbb{C}$ de l'équation $z^3 = 1$. Remarquons que si $z^3 = 1$ alors $|z^3| = |z|^3 = 1$ et par suite que $|z| = 1$. Cela montre que les solutions de
l'équation $z^3 = 1$ s'écrivent sous la forme $e^{i\theta}$ avec $e^{3i\theta} = 1$, c'est-à-dire $3\theta \equiv 0\; [2\pi]$. Par conséquent, $\theta = k\frac{2\pi}{3}$ avec $k \in \mathbb{Z}$. En posant $\omega_k = e^{i k \frac{2\pi}{3}} = \left(\omega_1\right)^k$, on obtient :
$\omega_0 = 1$.
$\omega_1 = e^{i\frac{2\pi}{3}} = -\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2}$. On note souvent ce nombre par $j$ : $j = e^{i\frac{2\pi}{3}} = -\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2}$.
$\omega_3 = 1$ et $\omega_4 = \omega_1$ et $\omega_5 = \omega_2$ et ainsi de suite.
Par suite, les racines cubiques de l'unité sont $1$, $j$ et $j^2$ : $\mathbb{U}_3 = \left\{1; j; j^2\right\}$
3) Cas $n = 4$ : Les racines d'ordre 4 de l'unité sont les solutions dans $\mathbb{C}$ de l'équation $z^4 = 1$. Comme :
alors les solutions de l'équation $z^4 = 1$ sont : $1$ ; $-1$ ; $i$ ; $-i$. Par suite : $\mathbb{U}_4 = \{1; -1; i; -i\}$.
Remarque
Remarques
On a : $1 + j + j^2 = 0$ et $z^3 – 1 = (z-1)(z-j)\left(z-j^2\right)$ pour tout $z \in \mathbb{C}$.
Pour $n \in \{2;3;4\}$, le produit de deux éléments de $\mathbb{U}_n$ est aussi élément de $\mathbb{U}_n$. En fait, ce résultat est valable pour tout entier $n \ge 2$.
Pour $n \in \{2;3;4\}$, l'inverse et le conjugué de tout élément de $\mathbb{U}_n$ sont aussi des éléments de $\mathbb{U}_n$. En fait, ce résultat est valable pour tout entier $n \ge 2$. On a donc pour tout $z \in \mathbb{C}$ :
Soit $A_0$, $A_1$ et $A_2$ les points du plan d'affixes respectives $1$, $j$ et $j^2$. Alors, $A_0 A_1 A_2$ est un triangle équilatéral inscrit dans le cercle trigonométrique.
Soit $A_0$, $A_1$, $A_2$ et $A_3$ les points du plan d'affixes respectives $1$, $i$, $-1$ et $-i$. Alors, $A_0 A_1 A_2 A_3$ est un carré inscrit dans le cercle trigonométrique.
Remarque
À retenir
Proposition
Proposition 27
Soit $n$ un entier naturel supérieur ou égal à 2.
Les racines $n^{\text{ième}}$ de l'unité sont les nombres qui s'écrivent sous la forme $e^{i\frac{2k\pi}{n}}$ où $k \in \{0; 1; 2; \dots; n-1\}$.
On a donc :
Soit $z$ une racine $n^{\text{ième}}$ de 1. On a donc $z^n = 1$. En passant au module, on obtient $|z^n| = 1$, d'où $|z|^n = 1$.
Puisque $|z|$ est positif, on déduit que $|z| = 1$. Ainsi, $z$ est de la forme $z = e^{i\theta}$. On a alors :
Le réel $\theta$ est donc de la forme $\frac{2k\pi}{n}$ avec $k \in \mathbb{Z}$. On obtient finalement $z = e^{i\frac{2k\pi}{n}}$. Or, on constate que :
Autrement dit, si $k$ et $k'$ sont deux entiers relatifs tels que $k – k'$ est un multiple de $n$, alors, $e^{i\frac{2k\pi}{n}} = e^{i\frac{2k'\pi}{n}}$.
On peut donc se contenter de faire varier $k$ dans l'ensemble des entiers compris entre $0$ et $n-1$.
Réciproquement, si $z = e^{i\frac{2k\pi}{n}}$ avec $k \in \{0; 1; 2; \dots; n-1\}$, alors $z^n = \left(e^{i\frac{2k\pi}{n}}\right)^n = e^{2ik\pi} = 1$, d'où $z$ est bien une racine $n^{\text{ième}}$ de l'unité.
Proposition
Proposition 28
Soit $n$ un entier naturel supérieur ou égal à 2.
Pour tous $u$ et $v$ de $\mathbb{U}_n$ :
Soit $u$ et $v$ deux éléments de $\mathbb{U}_n$, c'est-à-dire que $u^n = 1$ et $v^n = 1$. Donc :
$(u \times v)^n = u^n \times v^n = 1 \times 1 = 1$, et donc $u \times v \in \mathbb{U}_n$.
$\left(\frac{1}{u}\right)^n = \frac{1}{u^n} = \frac{1}{1} = 1$, et donc $\frac{1}{u} \in \mathbb{U}_n$.
$(\bar{u})^n = \bar{u^n} = \bar{1} = 1$, et donc $\bar{u} \in \mathbb{U}_n$.
Ce qui achève la démonstration.
Exemple
Exemples
1) Les racines $6^{\text{ième}}$ de l'unité sont les nombres complexes $\omega_k = e^{i\frac{2k\pi}{6}} = e^{i\frac{k\pi}{3}}$ avec $k \in \{0; 1; \dots; 5\}$. Il s'ensuit donc :
2) Les racines $8^{\text{ième}}$ de l'unité sont les nombres complexes $\omega_k = e^{i\frac{2k\pi}{8}} = e^{i\frac{k\pi}{4}}$ avec $k \in \{0; 1; \dots; 7\}$. Il s'ensuit donc :
Remarquer bien qu'on a : $\omega_5 = \bar{\omega}_3 ; \omega_6 = \bar{\omega}_2 ; \omega_7 = \bar{\omega}_1$.
Proposition
Proposition 29
Soit $n$ un entier naturel supérieur ou égal à 2.
Posons, pour tout $k \in \{0; 1; \dots; n-1\}$ : $\omega_k = e^{i\frac{2k\pi}{n}}$. Alors :
Pour tout $k \in \{1; \dots; n-1\}$ : $\omega_k = \bar{\omega}_{n-k}$.
Pour tout $k \in \{0; 1; \dots; n-1\}$ : $\omega_k = \omega_1^k$.
La somme des $n$ racines $n^{\text{ième}}$ de l'unité est nulle.
Les racines $n^{\text{ième}}$ de l'unité sont représentées dans le plan complexe par les sommets d'un polygone régulier à $n$ côtés inscrit dans le cercle trigonométrique, et dont l'un des sommets est le point d'affixe 1. Ce polygone est symétrique par rapport à l'axe des abscisses.
Preuve
Preuve
1) On a $\bar{\omega}_k = \overline{e^{i\frac{2k\pi}{n}}} = e^{-i\frac{2k\pi}{n}}$ et $\omega_{n-k} = e^{i\frac{2(n-k)\pi}{n}} = e^{i\left(2\pi – \frac{2k\pi}{n}\right)} = e^{2i\pi} \cdot e^{-i\frac{2k\pi}{n}} = e^{-i\frac{2k\pi}{n}}$, d'où l'égalité annoncée.
2) On a : $\omega_k = e^{i\frac{2k\pi}{n}} = \left(e^{i\frac{2\pi}{n}}\right)^k = \omega_1^k$.
3) D'après 2), on peut écrire : $\omega_0 + \omega_1 + \dots + \omega_{n-1} = 1 + \omega_1 + \omega_1^2 + \omega_1^3 + \dots + \omega_1^{n-1}$
Nous reconnaissons la somme des termes de la suite géométrique de premier terme 1 et de raison $\omega_1 \neq 1$ (car $n \ge 2$), d'où : $\omega_0 + \omega_1 + \dots + \omega_{n-1} = \frac{1 – \omega_1^n}{1 – \omega_1} = \frac{1 – e^{2i\pi}}{1 – \omega_1} = \frac{1 – 1}{1 – \omega_1} = 0$.
Ainsi, la somme des $n$ racines $n^{\text{ième}}$ de l'unité est nulle.
4) Les racines $n^{\text{ième}}$ de l'unité sont au nombre de $n$, toutes de module 1, donc, situées sur le cercle trigonométrique. Elles sont représentées par les sommets d'un polygone à $n$ côtés inscrit dans ce cercle. D'autre part pour tout $k \in \{0; 1; \dots; n-2\}$ :
On passe donc d'un sommet du polygone au suivant en effectuant une rotation de centre $O$ et d'angle $\frac{2\pi}{n}$.
On peut donc dire que les racines $n^{\text{ième}}$ de l'unité sont représentées par les sommets d'un polygone régulier à $n$ côtés inscrit dans le cercle trigonométrique. Enfin, la propriété 1) montre la symétrie par rapport à l'axe $(Ox)$.
7.2. RACINES $n^{\text{ième}}$ D’UN NOMBRE COMPLEXE NON NUL
Définition
Définition 13
Soit $Z$ un nombre complexe non nul et $n$ un entier naturel supérieur ou égal à 2.
Une racine $n^{\text{ième}}$ de $Z$ est un nombre complexe $z$ tel que $z^n = Z$.
Proposition
Proposition 30
Soit $n \in \mathbb{N}^* – \{1\}$ et $Z$ un nombre complexe non nul d'argument $\varphi$ : $Z = |Z|e^{i\varphi}$.
Le nombre $Z$ admet exactement $n$ racines $n^{\text{ième}}$ données par :
Soit $n \in \mathbb{N}^* – \{1\}$. On cherche les racines $n^{\text{ième}}$ de $Z$ sous la forme $z = re^{i\theta}$ avec $r > 0$.
L'égalité $z^n = Z$ se traduit par $r^n = |Z|$ et $n\theta \equiv \varphi\; [2\pi]$, donc par : $r = \sqrt[n]{|Z|}$ et $\theta \equiv \frac{\varphi}{n}\; \left[\frac{2\pi}{n}\right]$.
En posant $z_k = \sqrt[n]{|Z|} e^{i\left(\frac{\varphi+2k\pi}{n}\right)}$, l'égalité $z_{k'} = z_k$ se traduit par : $\frac{\varphi+2k'\pi}{n} \equiv \frac{\varphi+2k\pi}{n}\; [2\pi]$, c'est-à-dire $k' \equiv k\; [n]$.
Les racines $n^{\text{ième}}$ de $Z$ sont donc les $n$ nombres complexes deux à deux distincts :
Les racines $n^{\text{ième}}$ de $Z$ s'obtiennent à partir de l'une d'entre elles en multipliant celle-ci par chacune des racines $n^{\text{ième}}$ de l'unité. En effet, si $z_0$ est l'une des racines $n^{\text{ième}}$ de $Z$, on a :
\[z^n = Z \Leftrightarrow z^n = z_0^n \Leftrightarrow \left(\frac{z}{z_0}\right)^n = 1 \Leftrightarrow \left[(\exists\,\omega \in \mathbb{U}_n)\;\; z = \omega z_0\right]\]
Par suite, l'ensemble des racines $n^{\text{ième}}$ de $Z$ est : $\{z_0 \omega / \omega \in \mathbb{U}_n\}$.
Ainsi, pour trouver les racines $n^{\text{ième}}$ de $Z$, il suffit donc d'en exhiber une et de la multiplier par toutes les racines $n^{\text{ième}}$ de l'unité.
Une bonne connaissance des racines $n^{\text{ième}}$ de l'unité est donc capitale pour résoudre ce type de problème.
Exemple
Exemples
1) Déterminons les racines cubiques du nombre complexe : $Z = 4\sqrt{2}(-1+i)$
On a $|Z| = 4\sqrt{2}|-1+i| = 8$, donc : $Z = 8\left(-\frac{\sqrt{2}}{2} + i\frac{\sqrt{2}}{2}\right) = 8e^{i\frac{3\pi}{4}} = \left(2e^{i\frac{\pi}{4}}\right)^3$
Par suite, les racines cubiques de $Z$ sont les nombres : $z_0 = 2e^{i\frac{\pi}{4}}$ et $z_1 = jz_0$ et $z_2 = j^2z_0$
Et comme $j = e^{i\frac{2\pi}{3}}$ et $j^2 = e^{i\frac{4\pi}{3}}$, alors : $z_1 = 2e^{i\left(\frac{2\pi}{3}+\frac{\pi}{4}\right)} = 2e^{i\frac{11\pi}{12}}$ et $z_2 = 2e^{i\left(\frac{4\pi}{3}+\frac{\pi}{4}\right)} = 2e^{i\frac{19\pi}{12}}$.
On peut aussi déterminer les écritures algébriques de ces racines cubiques à partir de celles de $z_0$, $j$ et $j^2$.
2) Déterminons les racines quatrièmes (ou d'ordre 4) de nombre $-1$, c'est-à-dire les solutions de $z^4 = -1$.
On a : $z^4 = -1 \Leftrightarrow z^4 = e^{i\pi} \Leftrightarrow z^4 = \left(e^{i\frac{\pi}{4}}\right)^4$. Par suite, les racines quatrièmes 4 de nombre $-1$ sont :
1. Déterminer les racines cubiques du nombre complexe $1-i$.
2. Déterminer les racines cinquièmes du nombre complexe $1+i$.
3. Soit $n \in \mathbb{N}^* – \{1\}$. Déterminer les racines $n^{\text{ième}}$ du nombre $-1$
4. Déterminer les racines d'ordre 6 de l'unité et les écrire sous forme trigonométrique puis résoudre dans $\mathbb{C}$ l'équation suivante : $\left(\dfrac{z+i}{z-i}\right)^3 – \left(\dfrac{z-i}{z+i}\right)^3 = 0$.
5. Résoudre dans $\mathbb{C}$ l'équation suivante : $(z+1)^5 – (z-1)^5 = 0$. (On pourra poser : $Z = \dfrac{z+1}{z-1}$)
Remarque
À retenir
6. a) Déterminer les racines cubiques du nombre complexe : $a = \dfrac{-\sqrt{2}}{16}(1+i)$
b) En déduire les valeurs de $\cos\dfrac{13\pi}{12}$ et $\sin\dfrac{13\pi}{12}$.
7. On considère dans $\mathbb{C}$ l'équation suivante : $(E): z^3 = 2-11i$
a) Vérifier que $z_0 = 2-i$ est une solution de $(E)$.
b) En déduire l'ensemble solution de l'équation $(E)$.
8. Pour tout $n \in \mathbb{N}^*$, résoudre l'équation $z^{2n+1} + 1 = 0$.
9. Résoudre dans $\mathbb{C}$ l'équation : $(E)\; z^3 = \bar{z}$
8.ÉQUATIONS DU SECOND DEGRÉ DANS $\mathbb{C}$
8.1. RACINES CARRÉES D’UN NOMBRE COMPLEXE
Remarque
À retenir
On sait que tout nombre complexe non nul $Z$ admet exactement deux racines carrées opposées. Ce sont les solutions dans $\mathbb{C}$ de l'équation $z^2 = Z$.
L'utilisation des formes trigonométrique ou exponentielle donne facilement les expressions des racines carrées d'un nombre complexe non nul quelconque mais on a parfois besoin d'exprimer une racine sous forme algébrique. Dans la pratique, on rencontre deux cas :
\underline{1\textsuperscript{er} cas :} Si $Z = |Z|e^{i\varphi}$ alors, d'après la proposition précédente, les racines carrées du nombre $Z$ sont :
\underline{2\textsuperscript{nd} cas :} Si $Z = X + iY$ avec $(X;Y) \in \mathbb{R}^2 – \{(0;0)\}$. On pose $z = x + iy$ avec $(x;y) \in \mathbb{R}^2$. On a :
\[z^2 = Z \Leftrightarrow X + iY = (x + iy)^2 \Leftrightarrow \begin{cases} x^2 – y^2 = X \\ 2xy = Y \end{cases}\]
On peut ajouter à ce dernier système d'équations celle obtenue en considérant les modules :
Puisque $(X;Y) \neq (0;0)$, les deux premières équations du dernier système fournissent chacune deux solutions. La troisième équation $2xy = Y$ permet de sélectionner les deux uniques couples solutions $X + iY$ en raisonnant sur le signe.
Remarque
En résumé
Tout nombre complexe non nul $Z$ admet exactement deux racines carrées opposées :
Si $Z = |Z|e^{i\varphi}$, alors les racines carrées sont : $\sqrt{|Z|}e^{i\frac{\varphi}{2}}$ et $\sqrt{|Z|}e^{i\left(\frac{\varphi}{2}+\pi\right)}$. En particulier :
Si $Z \in \mathbb{R}_+^*$, ses racines carrées sont : $\sqrt{Z}$ et $-\sqrt{Z}$.
Si $Z \in \mathbb{R}_-^*$, ses racines carrées sont : $i\sqrt{-Z}$ et $-i\sqrt{-Z}$.
Si $Z \in i\mathbb{R}_+^*$, ses racines carrées sont : $\sqrt{\dfrac{|Z|}{2}}(1+i)$ et $-\sqrt{\dfrac{|Z|}{2}}(1+i)$.
Si $Z \in i\mathbb{R}_-^*$, ses racines carrées sont : $\sqrt{\dfrac{|Z|}{2}}(1-i)$ et $-\sqrt{\dfrac{|Z|}{2}}(1-i)$.
Si $Z = X + iY$ avec $(X;Y) \in \left(\mathbb{R}^*\right)^2$, et si $\alpha = \dfrac{1}{2}\left(X + \sqrt{X^2 + Y^2}\right)$ et $\beta = \dfrac{1}{2}\left(-X + \sqrt{X^2 + Y^2}\right)$
alors les racines carrées de $Z$ sont :
$\sqrt{\alpha} + i\sqrt{\beta}$ et $-\sqrt{\alpha} – i\sqrt{\beta}$ si $Y > 0$.
$\sqrt{\alpha} – i\sqrt{\beta}$ et $-\sqrt{\alpha} + i\sqrt{\beta}$ si $Y < 0$.
Remarque
Remarque
Il n'est pas indispensable d'apprendre par cœur les résultats énoncés ci-dessus. Il faut plutôt savoir la démarche à suivre pour la détermination des racines carrées d'un nombre complexe selon le contexte.
Exemple
Exemples
1) Les racines carrées du nombre $Z = -5$ sont : $\sqrt{5}i$ et $-\sqrt{5}i$.
2) Les racines carrées du nombre $Z = 6i$ sont : $\sqrt{3}(1+i)$ et $-\sqrt{3}(1+i)$.
3) Les racines carrées du nombre $Z = -11i$ sont : $\sqrt{\dfrac{11}{2}}(1-i)$ et $-\sqrt{\dfrac{11}{2}}(1-i)$.
4) Déterminons les racines carrées du nombre $Z = \dfrac{\sqrt{3}}{2} + \dfrac{1}{2}i$ :
On a $|Z| = 1$ et $\arg Z \equiv \dfrac{\pi}{6}\; [2\pi]$, donc les racines carrées de $Z$ sont : $e^{i\frac{\pi}{12}}$ et $-e^{i\frac{\pi}{12}}$. $\left(-e^{i\frac{\pi}{12}} = e^{i\frac{13\pi}{12}}\right)$
5) Déterminons les racines carrées du nombre $Z = -24 + 70i$ :
Soit $z = x + iy$ une des racines carrées du nombre $Z$. On a alors :
Il s'ensuit donc : $z^2 = Z \Leftrightarrow \left[(x;y) = (5;7) \text{ ou } (x;y) = (-5;-7)\right]$
Ainsi, les racines carrées du nombre $Z$ sont : $5+7i$ et $-5-7i$.
Application
Applications
1. Déterminer les racines carrées de chacun des nombres complexes suivants :
2. a) Déterminer de deux façons différentes, les racines carrées du nombre complexe $1+i$.
b) En déduire la valeur exacte de chacun de : $\cos\dfrac{\pi}{8} ; \sin\dfrac{\pi}{8} ; \tan\dfrac{\pi}{8}$.
2. Déterminer de deux façons différentes, les racines carrées du nombre complexe $-\sqrt{3}+i$, puis en déduire la valeur exacte des rapports trigonométriques : $\cos\dfrac{5\pi}{12}$ et $\sin\dfrac{5\pi}{12}$.
8.2. RÉSOLUTION ALGÉBRIQUE D’UNE ÉQUATION DU SECOND DEGRÉ DANS $\mathbb{C}$
Remarque
À retenir
Soit $(a;b;c) \in \mathbb{C}^* \times \mathbb{C} \times \mathbb{C}$. On considère l'équation $az^2 + bz + c = 0$, d'inconnue $z \in \mathbb{C}$.
Pour résoudre cette équation, on utilise la forme canonique du trinôme :
où $\delta$ est une racine carrée de $\Delta$ (obtenue, par exemple, par une des méthodes exposées dans 8.1).
De plus : $ (\forall z \in \mathbb{C}) az^2 + bz + c = a(z-z_1)(z-z_2)$
Enfin, les solutions $z_1$ et $z_2$ vérifient les relations suivantes, connues sous le nom de formules de Viète :
En notant $s = z_1 + z_2$ et $p = z_1 \times z_2$, on obtient l'égalité suivante :
\[az^2 + bz + c = a\left(z^2 – sz + p\right)\]
Si $\Delta = 0$, l'équation a une seule solution, dite double, donnée par : $z = \dfrac{-b}{2a}$.
De plus : $ (\forall z \in \mathbb{C}) az^2 + bz + c = a\left(z+\dfrac{b}{2a}\right)^2$
Proposition
Proposition 31
Soit $(a;b;c) \in \mathbb{C}^* \times \mathbb{C} \times \mathbb{C}$ ainsi que l'équation d'inconnue $z \in \mathbb{C} : az^2 + bz + c = 0$
On note $\Delta = b^2 – 4ac$ son discriminant.
Si $\Delta \neq 0$, l'équation admet deux solutions distinctes $z_1$ et $z_2$ données par :
\[z_1 = \dfrac{-b-\delta}{2a} \text{et} z_2 = \dfrac{-b+\delta}{2a} \text{où } \delta \text{ est tel que } \delta^2 = \Delta.\]
De plus, on a la factorisation : $(\forall z \in \mathbb{C}) az^2 + bz + c = a(z-z_1)(z-z_2)$
Si $\Delta = 0$, l'équation a une seule solution, dite double, donnée par : $z = \dfrac{-b}{2a}$
De plus, on a la factorisation : $(\forall z \in \mathbb{C}) az^2 + bz + c = a\left(z+\dfrac{b}{2a}\right)^2$
Exemple
Exemples
1) Résolvons dans $\mathbb{C}$ l'équation suivante : $(1+i)z^2 – (1+7i)z + 14 + 21i = 0$
On a : $\Delta = \left(-(1+7i)\right)^2 – 4(1+i)(14+21i) = -56 – 90i$
Déterminons les racines carrées du nombre $\Delta = -56 – 90i$.
Soit $\delta = x + iy$ une des racines carrées du nombre $\Delta$. On a alors :
Il s'ensuit donc : $(x;y) = (5;-9) \text{ ou } (x;y) = (-5;9)$. Donc, $\delta = 5 – 9i$ est une racine carrée de $\Delta$.
Les solutions de cette équation sont : $z_1 = \dfrac{1+7i-5+9i}{2(1+i)} = 3+5i$ et $z_2 = \dfrac{1+7i+5-9i}{2(1+i)} = 1-2i$
Par suite, l'ensemble solution est : $S = \{3+5i ; 1-2i\}$.
2) Résolvons dans $\mathbb{C}$ l'équation suivante : $(E): (4\cos\theta)z^2 – 2(\cos(2\theta))z + i\sin\theta = 0$ où $\theta \in \left[0;\dfrac{\pi}{2}\left[\right.\right.$.
Le discriminant de cette équation est : $\Delta = 4\cos^2(2\theta) – 16i\cos\theta\sin\theta = 4\left(\cos^2(2\theta) – 4i\cos\theta\sin\theta\right)$
puisque $2\sin\theta.\cos\theta = \sin(2\theta)$ et $\cos^2(2\theta) = 1 – \sin^2(2\theta)$ alors :
Afin de simplifier les calculs, on peut multiplier les membres de l'équation par le conjugué du coefficient de $z^2$. Par exemple, l'équation $(1+i)z^2 – (1+7i)z + 14 + 21i = 0$ est équivalente à :
\[z^2 – (4+3i)z + 13 – i = 0 \text{ et qui a pour discriminant } -45 + 28i = (2+7i)^2.\]
Remarque
Corollaire
Soit $a$, $b$ et $c$ trois réels, $a$ étant non nul, ainsi que l'équation dans $\mathbb{C} : (E)\; az^2 + bz + c = 0$
On note $\Delta = b^2 – 4ac$ son discriminant.
Si $\Delta > 0$, alors l'équation $(E)$ a deux racines réelles distinctes $z_1$ et $z_2$ données par :
Soit $a, b$ et $c$ trois nombres complexes, avec $a \neq 0$.
Les nombres complexes $z_1$ et $z_2$ (éventuellement égaux) vérifient : $z_1 + z_2 = -\dfrac{b}{a}$ et $z_1 \times z_2 = \dfrac{c}{a}$ si, et seulement si, $z_1$ et $z_2$ sont les deux racines (éventuellement confondues) de l'équation :
\[az^2 + bz + c = 0\]
Remarque
Remarque
On utilise la proposition précédente sous plusieurs formes :
Si l'on sait que $z_1$ et $z_2$ sont les racines de l'équation $az^2 + bz + c = 0$, alors on peut simplifier toute expression symétrique en $z_1$ et $z_2$, et l'évaluer en fonction de $z_1 + z_2$ et $z_1 \times z_2$, et donc de $a, b$ et $c$, sans avoir à expliciter $z_1$ et $z_2$. Dans la pratique, on rencontre souvent les expressions symétriques :
Si $z_1$ et $z_2$ sont les racines de l'équation $az^2 + bz + c = 0$, et si l'on connaît une de ces racines, alors on peut facilement en déduire l'autre.
Si l'on connaît deux complexes $s$ et $p$, et si l'on cherche $z_1$ et $z_2$ tels que $z_1 + z_2 = s$ et $z_1 z_2 = p$, alors une façon élégante et efficace de faire est de dire que $z_1$ et $z_2$ sont les racines de l'équation :
\[z^2 – sz + p = 0\]
Exemple
Exemple
Soit $z_1$ et $z_2$ les deux solutions (ou racines) de l'équation $z^2 – z + 4 = 0$.
Exprimer $z_1^2 + z_2^2 – z_1 z_2$ en fonction de $z_1 + z_2$ et $z_1 z_2$, et en déduire sa valeur.
\underline{Réponse :}
On a : $z_1^2 + z_2^2 – z_1 z_2 = z_1^2 + z_2^2 + 2z_1 z_2 – 3z_1 z_2 = (z_1 + z_2)^2 – 3z_1 z_2$.
On a $z_1 + z_2 = 1$ et $z_1 z_2 = 4$, d'où : $z_1^2 + z_2^2 – z_1 z_2 = (z_1 + z_2)^2 – 3z_1 z_2 = 1^2 – 3 \times 4 = -11$
Application
Applications
1. Résoudre dans $\mathbb{C}$ l'équation $z^2 – \left(5-i\sqrt{3}\right)z + 6 – 3i\sqrt{3} = 0$ sachant qu'elle admet une racine réelle.
2. Résoudre dans $\mathbb{C}^2$ les systèmes suivants :
Si $F$ est une application du plan $\mathcal{P}$ dans lui-même, on peut lui associer une unique application $f$ de $\mathbb{C}$ dans $\mathbb{C}$ telle que pour tous points $M(z)$ et $M'(z')$ on ait $M' = F(M)$ si, et seulement si, $z' = f(z)$.
Réciproquement, la donnée de $f$ caractérise l'application $F$.
On dit alors que $f$ est représentée par $F$ dans le plan complexe $\mathcal{P}$.
LA TRANSLATION
Définition
Définition 14
Soit $\vec{u}$ un vecteur du plan.
La translation de vecteur $\vec{u}$ est l'application du plan dans lui-même qui, à tout point $M$, associe l'unique point $M'$ tel que : $\overrightarrow{MM'} = \vec{u}$
Proposition
Proposition 33
Soit $\vec{u}$ un vecteur du plan et $a$ son affixe. La translation de vecteur $\vec{u}$ est représentée dans le plan complexe $\mathcal{P}$ par l'application :
\[\begin{array}{ccc} \mathbb{C} & \to & \mathbb{C} \\ z & \mapsto & z' = z + a \end{array}\]
La relation $z' = z + a$ s'appelle l'écriture (ou la formule) complexe de la translation $\mathrm{T}$ de vecteur $\vec{u}(a)$.
L’HOMOTHÉTIE
Définition
Définition 15
Soit $\Omega$ un point du plan et $\lambda \in \mathbb{R}^*$.
L'homothétie de centre $\Omega$ et de rapport $\lambda$ est l'application du plan dans lui-même qui, à tout point $M$, associe l'unique point $M'$ tel que : $\overrightarrow{\Omega M'} = \lambda \overrightarrow{\Omega M}$
Proposition
Proposition 34
L'homothétie de centre $\Omega$, d'affixe $\omega$, et de rapport $\lambda$ est représentée dans le plan complexe $\mathcal{P}$ par l'application :
La relation $z' = \omega + \lambda(z – \omega)$ s'appelle l'écriture (ou la formule) complexe de l'homothétie $\mathrm{H}$ de centre $\Omega(\omega)$ et de rapport $\lambda$.
Exemple
Exemple
Soit $f$ l'application de plan $\mathcal{P}$ dans lui-même qui, à tout point $M(z)$, associe le point $M'(z')$ telle que :
\[z' = -2z + 3 – 3i\]
Déterminons les points invariants par l'application $f$ : $f(M) = M \iff z = -2z + 3 – 3i \iff z = 1 – i$
Par conséquent, $f$ admet un point invariant qui est $\Omega(1 – i)$. On a donc : $z' – (1 – i) = -2(z – (1 – i))$
Par suite, $f$ est l'homothétie de centre $\Omega(1 – i)$ et de rapport $-2$.
LA ROTATION
Définition
Définition 16
Soit $\Omega$ un point du plan et $\theta \in \mathbb{R}$
La rotation de centre $\Omega$ et d'angle $\theta$ est l'application du plan dans lui-même qui transforme $\Omega$ en $\Omega$, et tout point $M \neq \Omega$ en l'unique point $M'$ tel que :
La relation $z' = \omega + e^{i\theta}(z – \omega)$ s'appelle l'écriture (ou la formule) complexe de la rotation $\mathrm{R}$ de centre $\Omega(\omega)$ et d'angle $\theta$.
Exemple
Exemple
1) Déterminons l'écriture complexe de la rotation $\mathrm{R}$ de centre $\Omega(1 + i)$ et d'angle $\dfrac{3\pi}{4}$ :
On a : $e^{i\frac{3\pi}{4}} = \dfrac{\sqrt{2}}{2}(-1 + i)$. L'écriture complexe de la rotation $\mathrm{R}$ est : $z' = (1 + i) + e^{i\frac{3\pi}{4}}(z – (1 + i))$, c'est-à-dire : $z' = \dfrac{\sqrt{2}}{2}(-1 + i)z + \sqrt{2} + 1 + i$.
2) Soit $\mathrm{R}_1$ la rotation de centre $\Omega_1(i)$ et qui transforme $O$ (l'origine du repère) en le point $O_1\left(\dfrac{-\sqrt{3} + i}{2}\right)$.
On sait que l'écriture complexe de la rotation $\mathrm{R}_1$ s'écrit sous la forme : $z_1 = e^{i\theta}(z – i) + i$.
Et puisque $\mathrm{R}_1(O) = O_1$, alors $e^{i\theta} = \dfrac{\dfrac{-\sqrt{3} + i}{2} – i}{0 – i} = \dfrac{1}{2} – i\dfrac{\sqrt{3}}{2}$. On en déduit alors que : $\theta \equiv -\dfrac{\pi}{3} \; [2\pi]$
Par suite, $\mathrm{R}_1$ est la rotation de centre $\Omega_1(i)$ et d'angle $-\dfrac{\pi}{3}$.
Application
Applications
1. Soit $f$ l'application de plan $\mathcal{P}$ dans lui-même qui, à tout point $M(z)$, associe le point $M'(z')$ telle que :
Montrer que $f$ est une rotation dont on déterminera le centre et l'angle.
2. Soit $A(i)$ un point du plus complexe. Pour tout $M(z)$, on note $M'$ le point d'affixe $iz$.
Déterminer les nombre complexes $z$ pour lesquels le triangle $AMM'$ est isocèle et rectangle en $M$.
COMPOSITION DE QUELQUES TRANSFORMATIONS DU PLAN
Remarque
À retenir
Dans ce paragraphe, nous allons examiner plusieurs compositions à partir des exemples :
I) Composée de deux rotations :
On considère le point $A(i)$. Soit $\mathrm{R}_0$ la rotation de centre $O$ (origine du repère) et d'angle $\dfrac{\pi}{6}$, et soit $\mathrm{R}_1$ la rotation de centre $A$ et d'angle $\dfrac{\pi}{3}$. Déterminons $\mathrm{R}_1 \circ \mathrm{R}_0$ :
Pour tout point $M$ d'affixe $z$, on pose $M' = \mathrm{R}_0(M)$ et $M'' = \mathrm{R}_1(M')$.
Soit $z'$ l'affixe de $M'$ et $z''$ l'affixe de $M''$.
On a $z' = e^{i\frac{\pi}{6}}z$ et $z'' – z_A = e^{i\frac{\pi}{3}}(z' – z_A)$ où $z_A$ est l'affixe de $A$ (autrement dit, $z_A = i$).
Il s'ensuit donc : $z'' – i = e^{i\frac{\pi}{3}}(z' – i)$, et alors : $z'' = i + e^{i\frac{\pi}{3}}(z' – i)$.
On en déduit alors : $z'' = e^{i\frac{\pi}{3}} \cdot e^{i\frac{\pi}{6}}z + i\left(1 – e^{i\frac{\pi}{3}}\right)$. Comme $e^{i\frac{\pi}{3}} \cdot e^{i\frac{\pi}{6}} = e^{i\frac{\pi}{2}} = i$, alors : $z'' = iz + \dfrac{\sqrt{3}}{2} + \dfrac{1}{2}i$.
On sait que la composée de deux rotations est une rotation.
On va maintenant déterminer le centre de la rotation $\mathrm{R}_1 \circ \mathrm{R}_0$, et qui n'est rien d'autre que le point invariant $\Omega(\omega)$ par la transformation $\mathrm{R}_1 \circ \mathrm{R}_0$. On a $\omega = i\omega + \dfrac{\sqrt{3}}{2} + \dfrac{1}{2}i$, ce qui donne $\omega = \dfrac{\sqrt{3} – 1}{4} + i\dfrac{\sqrt{3} + 1}{4}$. Et comme $i = e^{i\frac{\pi}{2}}$, alors $\mathrm{R}_1 \circ \mathrm{R}_0$ est la rotation de centre $\Omega(\omega)$ et d'angle $\dfrac{\pi}{2}$.
II) Composée d'une rotation et d'une translation :
Soit $ABC$ un triangle isocèle et rectangle en $A$ tel que $\left(\overrightarrow{AB}; \overrightarrow{AC}\right) \equiv \dfrac{\pi}{2} \; [2\pi]$.
Soit $\mathrm{R}$ la rotation de centre $A$ et qui transforme $B$ en $C$, et soit $\mathrm{T}$ la translation de vecteur $\overrightarrow{AB}$.
Déterminons $F_1 = \mathrm{R} \circ \mathrm{T}$ et $F_2 = \mathrm{T} \circ \mathrm{R}$ :
On munit le plan du repère orthonormé $\left(A; \overrightarrow{AB}; \overrightarrow{AC}\right)$.
L'angle de la rotation $\mathrm{R}$ est $\left(\overrightarrow{AB}; \overrightarrow{AC}\right)$ ; ainsi $\mathrm{R}$ est la rotation de centre $A$ et d'angle $\dfrac{\pi}{2}$.
L'écriture complexe de la rotation $\mathrm{R}$ est $z' = e^{i\frac{\pi}{2}}z$, c'est-à-dire, $z' = iz$.
L'écriture complexe de la translation $\mathrm{T}$ est $z'' = z + 1$.
Pour tout $M$ d'affixe $z$, on pose :
$M_1 = F_1(M)$, et on note $z_1$ l'affixe de $M_1$ ;
$M_2 = F_2(M)$, et on note $z_2$ l'affixe de $M_2$.
On a : $z_1 = i(z + 1)$ et $z_2 = iz + 1$. Et puisque : $z = i(z + 1) \iff (1 – i)z = i \iff z = \dfrac{-1 + i}{2}$ alors $\Omega_1\left(\dfrac{-1 + i}{2}\right)$ est l'unique point invariant par l'application $F_1$.
L'écriture complexe de l'application $F_1$ s'écrit : $z_1 = e^{i\frac{\pi}{2}}z + \omega_1\left(1 – e^{i\frac{\pi}{2}}\right)$ où $\omega_1 = \dfrac{-1 + i}{2}$.
$F_1$ est donc la rotation de centre $\Omega_1\left(\dfrac{-1 + i}{2}\right)$ et d'angle $\dfrac{\pi}{2}$.
De plus, $\Omega_2\left(\dfrac{1 + i}{2}\right)$ est l'unique point invariant par l'application $F_2$.
$F_2$ est donc la rotation de centre $\Omega_2\left(\dfrac{1 + i}{2}\right)$ et d'angle $\dfrac{\pi}{2}$ ; ceci car $z_2 = e^{i\frac{\pi}{2}}z + \omega_2\left(1 – e^{i\frac{\pi}{2}}\right)$ où $\omega_2 = \dfrac{1 + i}{2}$.
De l'égalité $z_2 – z_1 = 1 – i$ on tire $\overrightarrow{M_1 M_2} = \overrightarrow{CB}$, ce qui montre que $CBM_1 M_2$ est un parallélogramme.
III) Composée d'une homothétie et d'une translation :
Soit $k \in \mathbb{R}^* – \{1\}$, et $\mathrm{H}$ l'homothétie de centre un point $\Omega(\omega)$ donné et de rapport $k$.
Soit $b$ un nombre complexe donné et $\vec{u}(b)$ le vecteur image de $b$, et $\mathrm{T}$ la translation de vecteur $\vec{u}$.
On pose : $F = \mathrm{H} \circ \mathrm{T}$ et $G = \mathrm{T} \circ \mathrm{H}$.
L'écriture complexe de l'homothétie $\mathrm{H}$ est : $z_1 = kz + \omega(1 – k)$.
L'écriture complexe de la translation $\mathrm{T}$ est : $z_2 = z + b$.
Déterminons l'écriture complexe des transformations $F$ et $G$ :
Pour tout $M(z)$, on pose $F(M) = M'$ et $G(M) = M''$. On note $z'$ l'affixe de $M'$, et $z''$ l'affixe de $M''$.
On a $M' = \mathrm{H}(M_2)$ où $M_2 = \mathrm{T}(M)$, donc : $z' = kz_2 + \omega(1 – k) = k(z + b) + \omega(1 – k)$
Par suite, $z' = kz + kb + (1 – k)\omega$ est l'écriture complexe de la transformation $F$.
Il est facile de montrer que l'application $F$ admet $A\left(\dfrac{k}{1 – k}b + \omega\right)$ comme unique point invariant, et que $F$ est l'homothétie de centre $A$ et de rapport $k$.
On a $M'' = \mathrm{T}(M_1)$ où $M_1 = \mathrm{H}(M)$, donc : $z'' = z_1 + b$.
Par suite, $z'' = kz + b + (1 – k)\omega$ est l'écriture complexe de la transformation $G$.
Il est facile de montrer que l'application $G$ admet $B\left(\dfrac{b}{1 – k} + \omega\right)$ comme unique point invariant, et que $G$ est l'homothétie de centre $A$ et de rapport $k$.
V) Composée d'une rotation et d'une homothétie :
Soit $A$ le point d'affixe 2, et soit $\varphi$ l'application de plan $\mathcal{P}$ dans lui-même qui, à chaque point $M(z)$, associe le point $M_2(z_2)$ tel que : $z_2 = \dfrac{3 + i\sqrt{3}}{4}z + \dfrac{1 – i\sqrt{3}}{2}$
Soit $h$ l'homothétie de centre $A$ et de rapport $\dfrac{2}{\sqrt{3}}$ et on pose $f = \varphi \circ h$.
On pose $z_A = 2$.
On a : $\dfrac{3 + i\sqrt{3}}{4}z_A + \dfrac{1 – i\sqrt{3}}{2} = z_A$, donc $\varphi(A) = A$. Cela signifie donc que $A$ est invariant par $\varphi$.
L'écriture complexe de l'homothétie $h$ est : $z_1 = \dfrac{2}{\sqrt{3}}(z – 2) + 2$
Pour tout point $M(z)$, on pose $M' = f(M)$ et on note $z'$ l'affixe de $M'$.
On a : $z' = \dfrac{3 + i\sqrt{3}}{4}z_1 + \dfrac{1 – i\sqrt{3}}{2}$, qu'on peut écrire encore : $z' – 2 = \dfrac{3 + i\sqrt{3}}{4}(z_1 – 2)$.
Comme $z_1 – 2 = \dfrac{2}{\sqrt{3}}(z – 2)$ alors $z' – 2 = \dfrac{3 + i\sqrt{3}}{4} \times \dfrac{2}{\sqrt{3}}(z – 2)$, et donc : $z' – 2 = \dfrac{\sqrt{3} + i}{2}(z – 2)$.
Et puisque $\dfrac{\sqrt{3} + i}{2} = e^{i\frac{\pi}{6}}$ alors : $z' – 2 = e^{i\frac{\pi}{6}}(z – 2)$.
ce qui montre bien que $f$ est la rotation de centre $A$ et d'angle $\dfrac{\pi}{6}$.
Et puisque $f = \varphi \circ h$, alors $f \circ h^{-1} = (\varphi \circ h) \circ h^{-1} = \varphi \circ \left(h \circ h^{-1}\right) = \varphi$ (car $h \circ h^{-1} = \mathrm{Id}_{\mathcal{P}}$). D'où :
$\varphi = f \circ h^{-1}$. Ainsi, l'application $\varphi$ est la composée de la rotation de centre $A$ et d'angle $\dfrac{\pi}{6}$, et de l'homothétie de centre $A$ et de rapport $\dfrac{\sqrt{3}}{2}$.
Remarque
En résumé
$a$ et $b$ sont deux nombres complexes tels que $a \neq 0$.
Soit $\mathrm{T}$ la transformation du plan d'écriture complexe $z' = az + b$.
Si $a = 1$ alors $\mathrm{T}$ est la translation de vecteur $\vec{u}$ d'affixe $b$
Si $a \in \mathbb{R}^* – \{1\}$ alors $\mathrm{T}$ est l'homothétie de centre $\Omega\left(\dfrac{b}{1 – a}\right)$ et de rapport $a$.
Si $a \notin \mathbb{R}$ et $|a| = 1$, alors $\mathrm{T}$ est la rotation de centre $\Omega\left(\dfrac{b}{1 – a}\right)$ d'angle $\arg(a)$.
Si $a \notin \mathbb{R}$ et $|a| \neq 1$, alors $\mathrm{T}$ est la composée de la rotation $\mathrm{R}$ de centre $\Omega\left(\dfrac{b}{1 – a}\right)$ et d'angle $\arg(a)$, et l'homothétie $\mathrm{H}$ de centre $\Omega\left(\dfrac{b}{1 – a}\right)$ et de rapport $|a|$.
Dans ce cas, on a : $\mathrm{T} = \mathrm{R} \circ \mathrm{H} = \mathrm{H} \circ \mathrm{R}$.
Application
Applications
1. Soit $F$ une transformation du plan définie par son écriture complexe.
Pour chacun des cas suivants, déterminer la nature et les éléments caractéristiques de $F$ :
a) $z' = z – 1 + 2i$ ; b) $z' = \dfrac{3}{2}z + 1 – i$ ; c) $z' = (\sqrt{3} – 1)z + 1 + i\sqrt{3}$
d) $z' = \left(-\dfrac{1}{2} – \dfrac{\sqrt{3}}{2}i\right)z – 2i$ ; e) $z' = \left(2 + 2\sqrt{3}i\right)z – 7 – i$
2. Soit $\mathrm{H}$ l'homothétie de centre $A(i)$ et de rapport $-4$, et $\mathrm{R}$ la rotation de centre $B(2)$ et d'angle $-\dfrac{\pi}{4}$.
On désigne par $\mathrm{T}$ la translation de vecteur $\overrightarrow{AB}$.
Déterminer la nature et les éléments caractéristiques de chacune des transformations suivantes :
3. Le plan complexe $\mathcal{P}$ est muni d'un repère orthonormé direct $(O; \vec{u}; \vec{v})$.
Soit $F$ l'application définie de $\mathcal{P}$ dans lui-même qui, à tout point $M(z)$, associe le point $M'(z')$ telle que :
\[z' = u^2 z + u – 1 \text{où} u \in \mathbb{C}\]
a) Déterminer $E_1$ l'ensemble des valeurs $u$ pour lesquelles $F$ est une translation.
b) Déterminer $E_2$ l'ensemble des valeurs $u$ pour lesquelles $F$ est une rotation d'angle $\dfrac{\pi}{2}$.
c) Déterminer $E_3$ l'ensemble des valeurs $u$ pour lesquelles $F$ est une homothétie de rapport $-2$.
d) On pose $u = 1 – i$. Montrer que l'application $F$ est une composée d'une rotation d'angle $\dfrac{\pi}{2}$ et d'une homothétie de rapport $-2$ et qui ont un centre commun $\Omega$ que l'on déterminera.