Soit $f$ une fonction numérique telle que : $(\exists r > 0) ; ]x_0 – r, x_0 + r[ – \{x_0\} \subset D_f$ et $\ell \in \mathbb{R}$.
On dit que la limite de $f$ en $x_0$ est $\ell$, ou encore, $f(x)$ tend vers $\ell$ lorsque $x$ tend vers $x_0$, si :
Soit $I = \left]1 – \dfrac{1}{2}; 1 + \dfrac{1}{2}\left[ = \left]\dfrac{1}{2}; \dfrac{3}{2}\left[\right.\right.\right.\right.$. On a pour tout $x \in I$ :
On a $x \in \left]\dfrac{1}{2}; \dfrac{3}{2}\left[\right.\right.$ ; d'où $|x – 1| < \dfrac{1}{2}$ et $6 < 2x + 5 < 8$. Et alors $|2x + 5| 0$. Pour que $|f(x) – 6| < \varepsilon$ il suffit que $8|x – 1| < \varepsilon$ et $|x – 1| < \dfrac{1}{2}$, c'est-à-dire que :
\[|x – 1| < \dfrac{\varepsilon}{8} \text{et} |x – 1| 0$ il existe $\alpha = \inf\left(\dfrac{1}{2}, \dfrac{\varepsilon}{8}\right) > 0$ tel que :\]
(\forall x \in D_f) (0 < |x – 1| < \alpha \implies |f(x) – 6| < \varepsilon)$$
Ce qui signifie que : $\lim_{x \to 1} f(x) = 6$
Application
Application
Soit $f$ la fonction numérique de la variable réelle $x$ définie par : $f(x) = \dfrac{2x + 1}{x + 1}$
Montrer que pour tout $x \in \left]0; 2\left[\right.\right.$ : $\left|f(x) – \dfrac{3}{2}\right| \le \dfrac{1}{2}|x – 1|$
En utilisant la définition, montrer que $\lim_{x \to 1} f(x) = \dfrac{3}{2}$
1.2. UNICITÉ DE LA LIMITE
Proposition
Proposition 1
Si la limite d'une fonction numérique $f$ existe en un point, alors elle est unique.
Preuve
Preuve
Soit $f$ une fonction numérique admettant une limite finie au point $x_0$.
Par l'absurde, supposons que $f$ admet deux limites distinctes $\ell_1$ et $\ell_2$. En prenant $\varepsilon = \dfrac{|\ell_1 – \ell_2|}{2}$ on obtient :
Soit $f$ et $g$ deux fonctions numériques et $x_0 \in \mathbb{R}$. Si $\lim_{x \to x_0} f(x) = \ell$ et $\lim_{x \to x_0} g(x) = \ell'$ alors :
$\lim_{x \to x_0} (f + g)(x) = \ell + \ell'$
$\lim_{x \to x_0} (f \cdot g)(x) = \ell\ell'$
Si $\ell' \neq 0$ alors $\lim_{x \to x_0} \left(\dfrac{1}{g}\right)(x) = \dfrac{1}{\ell'}$ et $\lim_{x \to x_0} \left(\dfrac{f}{g}\right)(x) = \dfrac{\ell}{\ell'}$
2.CONTINUITÉ D’UNE FONCTION NUMÉRIQUE
2.1. CONTINUITÉ D’UNE FONCTION EN UN POINT
Définition
Définition 2
Soit $f$ une fonction numérique définie sur un intervalle ouvert centré en un point $x_0$.
On dit que la fonction $f$ est continue au point $x_0$ si $\lim_{x \to x_0} f(x) = f(x_0)$.
Remarque
Interprétation Graphique
Remarque
Remarques
Si $f$ est définie au point $x_0$ et n'admet pas de limite en $x_0$ ou sa limite est infinie en $x_0$, on dit que $f$ est discontinue au point $x_0$.
$f$ est continue en $x_0$ si : $(\forall \varepsilon > 0)(\exists \alpha > 0)(\forall x \in D_f) (0 < |x – x_0| < \alpha \implies |f(x) – f(x_0)| < \varepsilon)$
Ainsi, la fonction $g$ est continue au point $x_0 = 2$.
Étudions la continuité de $g$ au point $x_1 = 0$.
On a $0 \notin D_g$ donc $g$ n'est pas continue en $x_1 = 0$.
3) Soit $h$ la fonction numérique définie sur $[-1, 2]$ par :
Remarquons bien que la courbe $\mathscr{C}_h$ présente des sauts aux points $0$, $1$ et $2$. Par suite, la fonction $h$ est discontinue aux points $0$, $1$ et $2$.
La fonction $g$ est-elle continue au point $x_0 = 0$ ? Justifier la réponse.
2.2. CONTINUITÉ À DROITE – CONTINUITÉ À GAUCHE
Définition
Définition 3
1) Soit $f$ une fonction définie sur un intervalle de la forme $[x_0, x_0 + \alpha[$ où $\alpha \in \mathbb{R}^*_+$.
On dit que $f$ est continue à droite en $x_0$ si : $\lim_{\substack{x \to x_0 x > x_0}} f(x) = f(x_0)$
2) Soit $f$ une fonction définie sur un intervalle de la forme $]x_0 – \alpha, x_0]$ où $\alpha \in \mathbb{R}^*_+$.
On dit que $f$ est continue à gauche en $x_0$ si : $\lim_{\substack{x \to x_0 x < x_0}} f(x) = f(x_0)$
Donc $f$ est continue à droite au point $x_0 = 0$.
$$\lim_{\substack{x \to 0 x < 0}} f(x) = \lim_{\substack{x \to 0 x 0}} f(x) = \lim_{\substack{x \to 0 x 1}} g(x) = \lim_{\substack{x \to 1 x > 1}} \dfrac{x^2 – 1}{x – 1} = \lim_{\substack{x \to 1 x > 1}} (x + 1) = 2$
Donc $\lim_{\substack{x \to 1 x > 1}} g(x) = g(1)$ et la fonction $g$ est continue à droite au point $x_0 = 1$.
On a : $\lim_{\substack{x \to 1 x < 1}} g(x) = \lim_{\substack{x \to 1 x < 1}} \dfrac{x^2 – 1}{-(x – 1)} = \lim_{\substack{x \to 1 x < 1}} (-x – 1) = -2$
Donc $\lim_{\substack{x \to 1 x < 1}} g(x) \neq g(1)$ et la fonction $g$ n'est pas continue à gauche au point $x_0 = 1$.
Proposition
Proposition 4
Une fonction numérique $f$ est continue au point $x_0$ si, et seulement si elle est continue à droite et à gauche au point $x_0$. En d'autres termes :
\[(f \text{ est continue au point } x_0) \iff \lim_{\substack{x \to x_0^-}} f(x) = \lim_{\substack{x \to x_0^+}} f(x) = f(x_0)\]
Montrer que la fonction $h$ n'est pas continue au point $x_0 = \dfrac{\pi}{4}$.
2.3. PROLONGEMENT PAR CONTINUITÉ EN UN POINT
Définition
Définition 4
Soit $f$ une fonction numérique non définie en un point $x_0$ ($x_0 \notin D_f$) et admettant une limite finie $\ell$ au point $x_0$ : $\lim_{x \to x_0} f(x) = \ell$
La fonction $\tilde{f}$ définie sur $D_{\tilde{f}} = D_f \cup \{x_0\}$ par :
Une fonction $f$ est continue sur un intervalle ouvert $I$ si elle est continue en tout point de $I$.
En particulier : $f$ est continue sur $\left]a, b\left[\right.\right.$ si elle est continue en tout point de $\left]a, b\left[\right.\right.$.
Une fonction $f$ est continue sur $[a, b]$ si elle est continue sur $\left]a, b\left[\right.\right.$ et continue à droite en $a$ et à gauche en $b$.
Une fonction $f$ est continue sur $[a, b[$ si elle est continue sur $\left]a, b\left[\right.\right.$ et continue à droite en $a$.
Une fonction $f$ est continue sur $]a, b]$ si elle est continue sur $\left]a, b\left[\right.\right.$ et continue à gauche en $b$.
Exemple
Exemples
Toute fonction constante est continue sur $\mathbb{R}$.
Toute fonction polynomiale $P$ est continue sur $\mathbb{R}$ car pour tout $x_0 \in \mathbb{R}$ : $\lim_{x \to x_0} P(x) = P(x_0)$
Tout fonction rationnelle est continue sur son domaine de définition.
Les fonctions $x \mapsto \sin x$ et $x \mapsto \cos x$ sont continues sur $\mathbb{R}$.
La fonction $x \mapsto \tan x$ est continue sur tout intervalle inclus dans son domaine de définition.
La fonction $x \mapsto \sqrt{x}$ est continue sur $\mathbb{R}^+$.
Application
Application
Soit $f$ la fonction numérique de la variable réelle $x$ définie par : $f(x) = x – E(x)$
Montrer que la fonction $f$ est continue sur l'intervalle $[1, 2[$.
Montrer que pour tout $k \in \mathbb{Z}$, la fonction $f$ est continue sur l'intervalle $[k, k + 1[$.
2.5. OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONS CONTINUES
Proposition
Proposition 5
Soit $f$ et $g$ sont deux fonctions continues sur un intervalle $I$ et $k$ un nombre réel. Alors :
Les fonctions $f + g$, $k \cdot f$ et $f \cdot g$ sont continues sur $I$.
Pour tout $n \in \mathbb{N}^*$, la fonction $f^n : x \mapsto (f(x))^n$ est continue sur $I$.
Si la fonction $g$ ne s'annule pas sur $I$ alors $\dfrac{1}{g}$ et $\dfrac{f}{g}$ sont continues sur $I$.
La fonction $|f|$ est continue sur $I$.
Si $f$ est positive sur $I$ alors $\sqrt{f}$ est continue sur $I$.
Exemple
Exemples
La fonction $f$ définie par $f(x) = x^2 + 5x + \cos x$ est continue sur $\mathbb{R}$ en tant que somme de deux fonctions continue sur $\mathbb{R}$ qui sont $x \mapsto x^2 + 5x$ et $x \mapsto \cos x$
La fonction $g$ définie par $g(x) = \sqrt{x}(x^3 + 5x – 7)$ est continue sur $\mathbb{R}^+$ en tant que produit de deux fonctions continues sur $\mathbb{R}^+$ qui sont $x \mapsto \sqrt{x}$ et $x \mapsto x^3 + 5x – 7$
On considère la fonction $h$ définie par $h(x) = \dfrac{x^2 – 2x + 3}{2|x + 1| – 5}$. Etudions la continuité de $h$ sur $D_h$.
On a tout d'abord $D_h = \left]-\infty; -\dfrac{7}{2}\left[ \cup \left]-\dfrac{7}{2}; \dfrac{3}{2}\left[ \cup \left]\dfrac{3}{2}; +\infty\left[\right.\right.\right.\right.\right.\right.$. Soit maintenant $u$ et $v$ les deux fonctions définies sur $\mathbb{R}$ par : $u(x) = x^2 – 2x + 3$ et $v(x) = 2|x + 1| – 5$
La fonction $u$ est continue sur $\mathbb{R}$ car c'est une fonction polynomiale.
La fonction $v$ est continue sur $\mathbb{R}$ en tant que somme de deux fonctions continues sur $\mathbb{R}$.
De plus, la fonction $v$ ne s'annule pas sur $D_h$. Par suite, la fonction $h$ est continue sur tout intervalle inclus dans son domaine de définition.
Application
Applications
1. Dans chacun des cas suivants, montrer que la fonction $f$ est continue sur son domaine de définition :
2. Soit $g$ la fonction numérique définie par $g(x) = \dfrac{\sqrt{x – 2}}{4 – x}$. Montrer que $g$ est continue sur l'intervalle $[2; 4[$.
3. Etudier la continuité de la fonction $x \mapsto xE(x)$ sur l'intervalle $[0; 2]$.
2.6. CONTINUITÉ DE LA COMPOSÉE DE DEUX FONCTIONS
Proposition
Proposition 6
Soit $f$ une fonction définie sur un intervalle $I$ et $g$ une fonction définie sur un intervalle $J$ tel que $f(I) \subset J$, et soit $x_0$ un élément de $I$.
Si $f$ est continue au point $x_0$ et $g$ est continue au point $f(x_0)$ alors la fonction $g \circ f$ est continue en $x_0$.
Remarque
Corollaire
Si $f$ est continue sur un intervalle $I$ et $g$ est continue sur un intervalle $J$ tel que $f(I) \subset J$ alors la fonction $g \circ f$ est continue sur l'intervalle $I$.
Exemple
Exemples
1) Soit $f$ la fonction numérique définie par :
\[f(x) = \cos(2x^2 – 3x + 4)\]
Montrons que la fonction $f$ est continue sur $\mathbb{R}$ :
Puisque les fonctions $f_1 : x \mapsto 2x^2 – 3x + 4$ et $f_2 : x \mapsto \cos x$ sont continues sur $\mathbb{R}$ et $f_1(\mathbb{R}) \subset \mathbb{R}$ alors la fonction $f = f_2 \circ f_1$ est continue sur $\mathbb{R}$.
2) Soit $g$ la fonction numérique définie par :
\[g(x) = \sqrt{\dfrac{x}{1 + \sin^2 x}}\]
Etudions la continuité de $g$ sur $\mathbb{R}^+$ :
La fonction $g_1 : x \mapsto \dfrac{x}{1 + \sin^2 x}$ est continue sur $\mathbb{R}^+$ et $g_1(\mathbb{R}^+) \subset \mathbb{R}^+$, et la fonction $g_2 : x \mapsto \sqrt{x}$ est continue sur $\mathbb{R}^+$. Il s'ensuit donc que la fonction $g = g_2 \circ g_1$ est continue sur $\mathbb{R}^+$.
Application
Applications
Dans chacun des cas suivants, étudier la continuité de la fonction $f$ sur les intervalles de $D_f$.
2.5. COMPOSÉE D’UNE FONCTION CONTINUE ET D’UNE FONCTION ADMETTANT UNE LIMITE
Proposition
Proposition 7
Soit $f$ une fonction définie sur l'ensemble $\left]x_0 – r, x_0 + r\left[\right.\right. (r > 0)$ et $g$ la fonction définie sur un intervalle ouvert $J$ centré en $\ell$ tel que $f(I) \subset J$.
Si $\lim_{x \to x_0} f(x) = \ell$ et $g$ est continue en $\ell$ alors : $\lim_{x \to x_0} g \circ f(x) = g(\ell)$
Remarque
Remarque
La proposition 7 reste valable en $x_0$ à droite ou $x_0$ à gauche ou en $+\infty$ ou en $-\infty$ à condition de remplacer l'intervalle $I$ par un intervalle convenable.
Exemple
Exemples
1) Déterminons la limite : $\lim_{x \to 0} \sin\left(\dfrac{1 – \cos x}{x^2}\pi\right)$
On a $\lim_{x \to 0} \dfrac{1 – \cos x}{x^2}\pi = \dfrac{\pi}{2}$. Puisque la fonction $\sin$ est continue en $\dfrac{\pi}{2}$ alors :
Si $f$ est continue sur un segment $[a, b]$ alors $M = f(\alpha)$ est le maximum de $f$ sur $[a, b]$ et $m = f(\beta)$ est le minimum de $f$ sur $[a, b]$. On a alors : $f([a, b]) = [m, M]$ (voir la figure)
Proposition
Proposition 9
L'image d'un intervalle par une fonction continue est un intervalle.
Exemple
Exemple
Soit $f$ la fonction numérique définie sur $\mathbb{R}$ par : $f(x) = x^2 – 2x$
A partir du graphe de la fonction $f$, on déduit que :
La continuité d'une fonction est une condition suffisante pour que l'image d'un intervalle soit un intervalle, mais cette condition n'est pas évidemment nécessaire. En effet, il se peut que l'image d'un intervalle par une fonction discontinue soit un intervalle comme le montre l'exemple suivant :
Considérons la fonction $f$ définie sur $[-1; 2]$ par :
\[f(x) = \begin{cases} 2x & \text{si } x \in [-1; 1] \\ x – 1 & \text{si } x \in ]1; 2] \end{cases}\]
L'image de l'intervalle $[-1; 2]$ par la fonction $f$ est l'intervalle $[-2; 2]$ bien que la fonction $f$ ne soit pas continue sur $[-1; 2]$.
Figure TikZ à convertir en image
Les intervalles $I$ et $f(I)$ ne sont pas toujours de même nature. A titre d'exemple, l'image de l'intervalle semi-ouvert $]-1; 2]$ par la fonction $x \mapsto x^2$ est le segment $[0; 4]$.
Application
Applications
Pour chacun des cas suivants, montrer que la fonction $f$ est continue sur l'intervalle $I$ puis déterminer $f(I)$ :
\[\begin{aligned}1)\ & f(x) = x^2 + 2 \text{et} I = [-1; 3] & 2)\ & f(x) = \dfrac{x – 4}{x – 2} \text{et} I = [5; 8] \\
3)\ & f(x) = 2x\sqrt{x} + 1 \text{et} I = [3; 5] & 4)\ & f(x) = \tan x \text{et} I = \left]-\dfrac{\pi}{2}; \dfrac{\pi}{2}\left[\right.\right. \\
5)\ & f(x) = \begin{cases} x + 3 & \text{si } x \le 2 \\ x^2 + 1 & \text{si } x > 2 \end{cases} \text{et} I = [-3; 5]\end{aligned}\]
3.2. IMAGE D’UN INTERVALLE PAR UNE FONCTION CONTINUE ET STRICTEMENT MONOTONE
Remarque
À retenir
Soit $f$ une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle $I$.
On a alors les résultats suivants :
\begin{tabular}{|c|c|c|}
\hline
\multicolumn{3}{|c|}{L'image de l'intervalle $I$ par la fonction $f$}
\hline
L'intervalle $I$ & $f$ strictement croissante sur $I$ & $f$ strictement décroissante sur $I$
\hline
$[a, b]$ & $[f(a), f(b)]$ & $[f(b), f(a)]$
\hline
$\left]a, b\left[\right.\right.$ & $\left]\lim_{x \to a^+} f(x), \lim_{x \to b^-} f(x)\left[\right.\right.$ & $\left]\lim_{x \to b^-} f(x), \lim_{x \to a^+} f(x)\left[\right.\right.$
\hline
$[a, b[$ & $\left[f(a), \lim_{x \to b^-} f(x)\left[\right.\right.$ & $\left]\lim_{x \to b^-} f(x), f(a)\right]$
\hline
$]-\infty, a]$ & $\left]\lim_{x \to -\infty} f(x), f(a)\right]$ & $\left[f(a), \lim_{x \to -\infty} f(x)\left[\right.\right.$
\hline
$]a, +\infty[$ & $\left]\lim_{x \to a^+} f(x), \lim_{x \to +\infty} f(x)\left[\right.\right.$ & $\left]\lim_{x \to +\infty} f(x), \lim_{x \to a^+} f(x)\left[\right.\right.$
\hline
$\mathbb{R}$ & $\left]\lim_{x \to -\infty} f(x), \lim_{x \to +\infty} f(x)\left[\right.\right.$ & $\left]\lim_{x \to +\infty} f(x), \lim_{x \to -\infty} f(x)\left[\right.\right.$
\hline
\end{tabular}
Exemple
Exemple
On considère la fonction numérique $f$ définie par : $f(x) = \dfrac{2x – 3}{x + 1}$
On a $D_f = \left]-\infty; -1\left[ \cup \left]-1; +\infty\left[\right.\right.\right.\right.$ et $\begin{vmatrix} 2 & -3 1 & 1 \end{vmatrix} = 2 + 3 = 5 > 0$. La fonction $f$ est donc continue et strictement croissante sur chacun des intervalles $\left]-\infty; -1\left[\right.\right.$ et $\left]-1; +\infty\left[\right.\right.$. Il en découle donc les résultats suivants :
Soit $f$ la fonction numérique définie sur $\mathbb{R}$ par : $f(x) = x^2 – 2x + 3$
Déterminer les images des intervalles suivants par la fonction $f$ :
\[I = ]-\infty; 0] ; J = [1; 2] ; K = ]-5; -1[ ; L = [\sqrt{2}; +\infty[\]
3.3. THÉORÈME DES VALEURS INTERMÉDIAIRES
Proposition
Proposition 10
Si $f$ une fonction continue sur un intervalle $[a, b]$ alors, pour tout réel $\lambda$ compris entre $f(a)$ et $f(b)$ il existe au moins un réel $c$ appartenant à l'intervalle $[a, b]$ tel que $f(c) = \lambda$.
En d'autres termes : l'équation $f(x) = \lambda$ d'inconnue $x$ admet au moins une solution dans $[a, b]$, pour tout $\lambda$ compris entre $f(a)$ et $f(b)$.
Figure TikZ à convertir en image
Preuve
Preuve
Comme $f$ est continue sur l'intervalle $[a, b]$ alors il existe deux réels $m$ et $M$ tels que $f([a, b]) = [m, M]$.
Puisque les réels $f(a)$ et $f(b)$ appartiennent à $[m, M]$ (en supposant par exemple que $f(a) \le f(b)$) alors $[f(a), f(b)] \subset [m, M]$, c'est-à-dire que $[f(a), f(b)] \subset f([a, b])$. Il s'ensuit donc que pour tout réel $\lambda$ compris entre $f(a)$ et $f(b)$, il existe au moins un réel $c$ appartenant à $[a, b]$ tel que $f(c) = \lambda$.
Exemple
Exemple
Soit $f$ la fonction définie sur $[0; \pi]$ par :
\[f(x) = x + \cos x\]
La fonction $f$ est continue sur $[0; \pi]$ et de plus $f(0) = 1$ et $f(\pi) = \pi – 1$.
Puisque $2$ est compris entre $f(0)$ et $f(\pi)$ alors il existe au moins un réel $c \in [0; \pi]$ tel que $f(c) = 2$.
Cela signifie que l'équation $x + \cos x = 2$ admet au moins une solution sur l'intervalle $[0; \pi]$.
Remarque
Corollaire
Si la fonction $f$ est continue sur $[a, b]$ tel que $f(a) \cdot f(b) < 0$ alors l'équation $f(x) = 0$ admet au moins une solution dans l'intervalle $[a, b]$. Si de plus, la fonction $f$ est strictement monotone, cette solution est unique.
Remarque
Remarque
On peut interpréter le résultat du corollaire précédent comme suit :
Si la fonction $f$ est continue sur $[a, b]$ et si $f(a)$ et $f(b)$ sont de signes contraires alors le graphe $\mathscr{C}_f$ coupe l'axe des abscisses, au moins une fois, en un point dont l'abscisse appartient à $[a, b]$.
Figure TikZ à convertir en image
Exemple
Exemples
1) Montrons que l'équation $8x^3 – 6x – 1 = 0$ admet une solution dans chacun des intervalles $\left]-1; -\dfrac{1}{2}\left[\right.\right.$, $\left]-\dfrac{1}{2}; 0\left[\right.\right.$ et $\left]0; 1\left[\right.\right.$ :
On considère la fonction $g$ définie sur $\mathbb{R}$ par : $g(x) = 8x^3 – 6x – 1$
La fonction $g$ est évidemment continue sur $\mathbb{R}$ car c'est une fonction polynomiale.
On a $g(-1) = -3$ et $g\left(-\dfrac{1}{2}\right) = 1$, donc $g(-1) \cdot g\left(-\dfrac{1}{2}\right) < 0$. D'après le théorème des valeurs intermédiaires, l'équation $g(x) = 0$ admet une solution dans l'intervalle $\left]-1; -\dfrac{1}{2}\left[\right.\right.$.
On a $g\left(-\dfrac{1}{2}\right) = 1$ et $g(0) = -1$, donc $g\left(-\dfrac{1}{2}\right) \cdot g(0) < 0$. D'après le théorème des valeurs intermédiaires, l'équation $g(x) = 0$ admet une solution dans l'intervalle $\left]-\dfrac{1}{2}; 0\left[\right.\right.$.
On a $g(1) = 1$ et $g(0) = -1$, donc $g(0) \cdot g(1) < 0$. D'après le théorème des valeurs intermédiaires, l'équation $g(x) = 0$ admet une solution dans l'intervalle $\left]0; 1\left[\right.\right.$.
D'où l'équation $8x^3 – 6x – 1 = 0$ admet une solution dans chacun des intervalles $\left]-1; -\dfrac{1}{2}\left[\right.\right.$, $\left]-\dfrac{1}{2}; 0\left[\right.\right.$ et $\left]0; 1\left[\right.\right.$.
Comme de plus $g$ est un polynôme de degré 3, ce sont les seules solutions sur $\mathbb{R}$.
2) Montrons que l'équation $x + \sin x – 1 = 0$ admet une unique solution dans l'intervalle $\left[0; \dfrac{\pi}{2}\right]$ :
On considère la fonction $f$ définie sur $\left[0; \dfrac{\pi}{2}\right]$ par : $f(x) = x + \sin x – 1$
La fonction $f$ est continue et strictement croissante sur $\left[0; \dfrac{\pi}{2}\right]$ en tant que somme des fonctions continues et strictement croissantes sur $\left[0; \dfrac{\pi}{2}\right]$. De plus $f(0) = -1$ et $f\left(\dfrac{\pi}{2}\right) = \dfrac{\pi}{2}$, donc $f(0) \cdot f\left(\dfrac{\pi}{2}\right) < 0$. D'après le théorème des valeurs intermédiaires, l'équation $f(x) = 0$ admet une unique solution dans $\left[0; \dfrac{\pi}{2}\right]$.
Application
Applications
1) Montrer que chacune des équations suivantes admet au moins une solution dans l'intervalle $I$ :
\[\text{a) } x^4 + x^2 + 4x – 1 = 0 \text{et} I = [0; 1] \text{b) } 2\cos x – x = 0 \text{et} I = [0; \pi]\]
\[\text{c) } 1 + \sin x = 4x \text{et} I = \left[0; \dfrac{\pi}{2}\right] \text{d) } \tan x + x^2 = 2 \text{et} I = \left[\dfrac{\pi}{4}; \dfrac{\pi}{3}\right]\]
2) Montrer que l'équation $x^3 – 6x^2 + 6 = 0$ admet une solution unique dans l'intervalle $[-2; 0]$.
3) Soit $f$ une fonction continue sur un intervalle $I$ de $\mathbb{R}$ telle que : $\forall x \in I, f(x) \neq 0$
Montrer par l'absurde que la fonction $f$ garde un signe constant sur l'intervalle $I$.
3.4. PRINCIPE DE LA MÉTHODE DE DICHOTOMIE
Remarque
À retenir
Soit $f$ une fonction continue sur un segment $[a, b]$ telle que l'équation $f(x) = 0$ admet une solution unique $\alpha$ dans $[a, b]$.
Pour déterminer un encadrement du nombre $\alpha$, on démarre donc en ayant localisé la racine $\alpha$ entre $a$ et $b$ ($a < \alpha <b>=Stealth]
\draw[->] (-1,0) — (3.5,0) node[right] {$x$};
\draw[->] (0,-1.5) — (0,2.5) node[above] {$f(x)$};
\draw[dashed] (-0.8,0) node[above] {$a$} — (-0.8,-1.2) — (0,-1.2) node[right] {$f(a)$};
\draw[dashed] (0.8,0) node[above] {$m$} — (0.8,-0.3) — (0,-0.3) node[left] {$f(m)$};
\draw[dashed] (2.2,0) node[bottom] {$b$} — (2.2,2.2);
\draw[thick, red] (-0.8,-1.2) to[out=40, in=240] (2.2,2.2) node[left] {$(\mathscr{C}_f)$};
\fill[red] (-0.8,-1.2) circle (2pt);
\fill[red] (0.8,-0.3) circle (2pt);
\fill[red] (1.1,0) circle (2pt) node[below right] {$\alpha$};
\fill[red] (2.2,2.2) circle (2pt);
\end{tikzpicture}
\textbf{Cas où $\mathbf{f(m) < 0}$}
On a alors $\mathbf{m < \alpha <b>=Stealth]
\draw[->] (-1,0) — (3.5,0) node[right] {$x$};
\draw[->] (0,-1.5) — (0,2.5) node[above] {$f(x)$};
\draw[dashed] (-0.8,0) node[above] {$a$} — (-0.8,-1.2);
\draw[dashed] (1.3,0) node[bottom] {$m$} — (1.3,0.5) — (0,0.5) node[left] {$f(m)$};
\draw[dashed] (2.2,0) node[bottom] {$b$} — (2.2,2.2);
\draw[thick, red] (-0.8,-1.2) to[out=40, in=240] (2.2,2.2) node[left] {$(\mathscr{C}_f)$};
\fill[red] (-0.8,-1.2) circle (2pt);
\fill[red] (0.5,0) circle (2pt) node[below right] {$\alpha$};
\fill[red] (1.3,0.5) circle (2pt);
\fill[red] (2.2,2.2) circle (2pt);
\end{tikzpicture}
\textbf{Cas où $\mathbf{f(m) > 0}$}
On a alors $\mathbf{a < \alpha < m}$. On reprend la bisection de l'intervalle en posant :
$\mathbf{a = a \text{et} b = m}$
puis on continue comme précédemment…
Exemple
Exemple
Soit $f$ la fonction définie par : $f(x) = x^3 + x^2 + x – 2$
La fonction $f$ est continue et strictement croissante sur $[0; 1]$ et on a $f(0) \cdot f(1) < 0$. Donc l'équation $f(x) = 0$ admet une solution unique $\alpha$ tel que $0 < \alpha < 1$. Déterminons un encadrement de $\alpha$ de longueur $0,25$.
Le centre du $[0; 1]$ est $\dfrac{1}{2}$ et on a $f\left(\dfrac{1}{2}\right) = -\dfrac{9}{8}$. Donc $f\left(\dfrac{1}{2}\right) \times f(1) < 0$ et $\dfrac{1}{2} < \alpha < 1$. (Longueur : $1 – \dfrac{1}{2} = \dfrac{1}{2}$)
Le centre du $\left[\dfrac{1}{2}; 1\right]$ est $\dfrac{3}{4}$ et on a $f\left(\dfrac{3}{4}\right) = -\dfrac{17}{64}$. Donc $f(1) \times f\left(\dfrac{3}{4}\right) < 0$ et $\dfrac{3}{4} < \alpha < 1$. (Longueur : $1 – \dfrac{3}{4} = \dfrac{1}{4}$)
Ainsi : $\dfrac{3}{4} < \alpha < 1$
4.FONCTION RÉCIPROQUE D’UNE FONCTION CONTINUE ET STRICTEMENT MONOTONE
4.1. THÉORÈME DE LA FONCTION RÉCIPROQUE
Proposition
Proposition 11
Si $f$ est une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle $I$ alors elle réalise une bijection de $I$ sur l'intervalle $f(I)$.
Preuve
Preuve
Puisque $I$ est un intervalle de $\mathbb{R}$ et $f$ est continue sur $I$ alors $f(I)$ est aussi un intervalle de $\mathbb{R}$. Donc :
\[\forall y \in f(I), \exists x \in I : y = f(x)\]
Soit $a$ et $b$ deux éléments distincts de $I$. Puisque $f$ est strictement monotone sur $I$ alors $f(a) f(b)$, donc $f(a) \neq f(b)$. Par suite, pour tout $y \in f(I)$, l'équation $f(x) = y$ admet une solution unique dans $I$, et donc $f$ est une bijection de $I$ sur $f(I)$.
Exemple
Exemple
Soit $f$ la fonction numérique définie sur $I = ]-\infty; -1]$ par : $f(x) = \dfrac{x^2 + 5}{x – 2}$
Montrons que $f$ est une bijection de $I$ sur un intervalle $J$ à déterminer et calculons $f^{-1}(x)$ pour $x \in J$.
La fonction $f$ étant continue et dérivable sur $I$ car c'est la restriction d'une fonction rationnelle et on a pour tout $x \in I$ :
Il s'ensuit donc que : $\forall x \in ]-\infty; -1[, f'(x) > 0$
Puisque la fonction $f$ est continue et strictement croissante sur $I$ alors elle est une bijection de $I$ sur l'intervalle $J = f(I)$ avec :
Dans chacun des cas suivants, montrer que la fonction $f$ réalise une bijection de $I$ sur un intervalle $J$ à déterminer puis déterminer une expression de $f^{-1}(x)$ pour $x \in J$ :
1) $f(x) = x^2 – 2x + 5$ et $I = [1; +\infty[$ ; 2) $f(x) = 4x – x^2$ et $I = ]-\infty; 2[$
3) $f(x) = \sqrt{x^2 – x} – x$ et $I = ]-\infty; 0]$ ; 4) $f(x) = \dfrac{x}{x^2 + 2}$ et $I = [0; \sqrt{2}]$
4.2. PROPRIÉTÉS DE LA FONCTION RÉCIPROQUE
Proposition
Proposition 12
Si $f$ est une fonction continue et strictement monotone sur un intervalle $I$ alors :
La fonction réciproque $f^{-1}$ est continue sur $f(I)$ et a même sens de variation que la fonction $f$.
Les courbes représentatives de $f$ et de $f^{-1}$, dans un repère orthonormé, sont symétriques par rapport à la première bissectrice (c'est-à-dire par rapport à la droite d'équation $y = x$)
Preuve
Preuve
Soit $y_1$ et $y_2$ deux éléments distincts de $f(I)$. Il existe deux réels distincts $x_1$ et $x_2$ de $I$ tels que $y_1 = f(x_1)$ et $y_2 = f(x_2)$ (car $f$ est une bijection de $I$ sur $f(I)$). Donc : $x_1 = f^{-1}(y_1)$ et $x_2 = f^{-1}(y_2)$, et alors :
Cela signifie donc que les taux de variation des deux fonctions $f$ et $f^{-1}$ ont le même signe et par suite $f$ et $f^{-1}$ ont le même sens de variation.
Soit $\mathscr{C}_f$ et $\mathscr{C}_{f^{-1}}$ les graphes de $f$ et $f^{-1}$ respectivement dans un repère orthonormé $(O, \vec{i}, \vec{j})$.
Soit $M(x, y)$ un point du plan et $M'(y, x)$ son symétrique par rapport à la première bissectrice. On a alors :
\[M(x, y) \in \mathscr{C}_f \iff y = f(x) \iff x = f^{-1}(y) \iff M'(y, x) \in \mathscr{C}_{f^{-1}}\]
Il s'ensuit donc que $\mathscr{C}_f$ et $\mathscr{C}_{f^{-1}}$ sont symétriques par rapport à la première bissectrice.
Figure TikZ à convertir en image
5.FONCTIONS RÉCIPROQUES USUELLES
5.1. FONCTION ARCTANGENTE
Définition
Définition 6
La fonction $x \mapsto \tan x$ est une bijection de $\left]-\dfrac{\pi}{2}; \dfrac{\pi}{2}\left[\right.\right.$ sur $\mathbb{R}$. Sa fonction réciproque est appelée fonction Arctangente et on la note $\operatorname{Arctan}$.
Proposition
Proposition 13
La fonction $\operatorname{Arctan}$ est définie sur $\mathbb{R}$ et à valeurs dans $\left]-\dfrac{\pi}{2}; \dfrac{\pi}{2}\left[\right.\right.$. On a de plus :
\[(\forall x \in \mathbb{R})\left(\forall y \in \left]-\dfrac{\pi}{2}; \dfrac{\pi}{2}\left[\right.\right.\right) (\operatorname{Arctan} x = y \iff x = \tan y)\]
Pour tout $x \in \mathbb{R}$ : $\tan(\operatorname{Arctan} x) = x$
Pour tout $x \in \left]-\dfrac{\pi}{2}; \dfrac{\pi}{2}\left[\right.\right.$ : $\operatorname{Arctan}(\tan x) = x$
La fonction $\operatorname{Arctan}$ est continue et strictement croissante sur $\mathbb{R}$. On a pour tout $(x_1, x_2) \in \mathbb{R}^2$ :
La fonction $x \mapsto \operatorname{Arctan} x$ est impaire : $(\forall x \in \mathbb{R}) \operatorname{Arctan}(-x) = -\operatorname{Arctan} x$
On a les limites suivantes : $\lim_{x \to +\infty} \operatorname{Arctan} x = \dfrac{\pi}{2}$ , $\lim_{x \to -\infty} \operatorname{Arctan} x = -\dfrac{\pi}{2}$ , $\lim_{x \to 0} \dfrac{\operatorname{Arctan} x}{x} = 1$
Remarque
À retenir
Tableau de quelques valeurs importantesLa courbe représentative de la fonction Arctan
\centering
\begin{tabular}{|c|c|c|c|c|}
\hline
$x$ & $0$ & $\dfrac{\sqrt{3}}{3}$ & $1$ & $\sqrt{3}$
\hline
$\operatorname{Arctan} x$ & $0$ & $\dfrac{\pi}{6}$ & $\dfrac{\pi}{4}$ & $\dfrac{\pi}{3}$
\hline
\end{tabular}
\centering
Figure TikZ à convertir en image
Exemple
Exemples
1. Calculons $\operatorname{Arctan}\left(\tan \dfrac{101\pi}{4}\right)$ : On sait que si $x \in \left]-\dfrac{\pi}{2}; \dfrac{\pi}{2}\left[\right.\right.$ alors $\operatorname{Arctan}(\tan x) = x$.
Puisque $\dfrac{101\pi}{4} = 25\pi + \dfrac{\pi}{4}$ et la fonction $\tan$ est périodique de période $\pi$ et $\dfrac{\pi}{4} \in \left]-\dfrac{\pi}{2}; \dfrac{\pi}{2}\left[\right.\right.$ alors :
Par suite, l'ensemble des solutions de l'équation $(E)$ est : $S = \{1\}$
3. Calculons les limites de la fonction $f : x \mapsto (x + 1)\operatorname{Arctan} \dfrac{1}{x}$ aux bornes de son domaine de définition.
On a $D_f = ]-\infty, 0[ \cup ]0, +\infty[$. On a donc :
$\lim_{x \to 0^+} f(x) = \lim_{x \to 0^+} (x + 1)\operatorname{Arctan} \dfrac{1}{x} = \dfrac{\pi}{2}$ car : $\lim_{x \to 0^+} \dfrac{1}{x} = +\infty$ et $\lim_{X \to +\infty} \operatorname{Arctan} X = \dfrac{\pi}{2}$
$\lim_{x \to 0^-} f(x) = \lim_{x \to 0^-} (x + 1)\operatorname{Arctan} \dfrac{1}{x} = -\dfrac{\pi}{2}$ car : $\lim_{x \to 0^-} \dfrac{1}{x} = -\infty$ et $\lim_{X \to -\infty} \operatorname{Arctan} X = -\dfrac{\pi}{2}$
En posant $X = \operatorname{Arctan} \dfrac{1}{x}$ on obtient : $\lim_{|x| \to +\infty} f(x) = \lim_{X \to 0} \dfrac{X}{\tan X} + X = 1$
Application
Applications
1. Déterminer le domaine de définition de la fonction $f : x \mapsto \tan(2\operatorname{Arctan} x)$ puis donner une expression simplifiée de $f(x)$.
2. Résoudre dans $\mathbb{R}$ ce qui suit : $\operatorname{Arctan} x + \operatorname{Arctan}(3x) = \dfrac{\pi}{3}$ ; $\operatorname{Arctan}(2x) + \operatorname{Arctan}(x – 1) \le 0$
3. Simplifier les écritures des nombres suivants : $\operatorname{Arctan}\left(\tan\left(\dfrac{35\pi}{6}\right)\right)$ et $\operatorname{Arctan}\left(\dfrac{1}{\tan\left(\dfrac{36\pi}{7}\right)}\right)$
4. Calculer les limites suivantes : $\lim_{x \to 2} \dfrac{\operatorname{Arctan}(x – 2)}{x^2 – 4}$ et $\lim_{x \to -\infty} x\left(\dfrac{\pi}{2} + \operatorname{Arctan} x\right)$
5. Montrer que la fonction $g : x \mapsto \tan x – \sqrt{\tan^2 x} – \tan x$ réalise une bijection de $I = \left]\dfrac{\pi}{4}, \dfrac{\pi}{2}\left[\right.\right.$ sur un intervalle $J$ à déterminer puis calculer $f^{-1}(x)$ pour tout $x \in J$.
5.2. FONCTION RACINE $n^{\text{ième}}$
Définition
Définition 7
Soit $n$ un entier naturel non nul.
La fonction $x \mapsto x^n$ réalise une bijection de $\mathbb{R}^+$ sur $\mathbb{R}^+$. Sa fonction réciproque est appelée la fonction racine $n^{\text{ième}}$ et on la note $\sqrt[n]{\phantom{x}}$.
Pour tout $x \in \mathbb{R}^+$, $\sqrt[n]{x}$ se lit « racine $n^{\text{ième}}$ de $x$ ».
Proposition
Proposition 14
Soit $n \in \mathbb{N}^*$.
On a alors pour tous $x$ et $y$ de $\mathbb{R}^+$ :
\[\sqrt[n]{x} = y \iff y^n = x ; \sqrt[n]{x} = \sqrt[n]{y} \iff x = y ; \sqrt[n]{x} < \sqrt[n]{y} \iff x < y\]
On a alors pour tout $x \in \mathbb{R}^+$ : $\sqrt[n]{x^n} = \left(\sqrt[n]{x}\right)^n = x$
La fonction $x \mapsto \sqrt[n]{x}$ est continue sur $\mathbb{R}^+$ et de plus : $\lim_{x \to +\infty} \sqrt[n]{x} = +\infty$
Remarque
Remarque
Soit $a$ un réel non nul et $n \in \mathbb{N}^* – \{1\}$.
L'ensemble des solutions de l'équation $x^n = a$ dépend de signe du nombre $a$ et de la parité de l'entier $n$.
Le tableau ci-contre résume les cas possibles.
\begin{tabular}{|c|c|c|}
\hline
\diagbox{Signe de $a$}{Parité de $n$} & $n$ pair & $n$ impair
\hline
$a > 0$ & $S = \{-\sqrt[n]{a}; \sqrt[n]{a}\}$ & $S = \{\sqrt[n]{a}\}$
\hline
$a < 0$ & $S = \varnothing$ & $S = \{-\sqrt[n]{-a}\}$
\hline
\end{tabular}
Proposition
Proposition 15
Soit $a$ et $b$ deux réels, et $p$ et $n$ deux entiers naturels supérieurs ou égaux à 2.
On a alors les propriétés suivantes :
1. Simplifier les nombres suivants : $A = \dfrac{\sqrt[3]{\sqrt{256} \times \sqrt[4]{64}}}{\sqrt[5]{24300000} \times \sqrt[3]{1024}}$ et $B = \dfrac{\sqrt[4]{9} \times \sqrt{\sqrt[3]{3} \times \sqrt[3]{9}}}{\sqrt[5]{729}\sqrt{\sqrt{\sqrt{3}}}}$
2. Comparer les nombres $\sqrt[4]{5}$ et $\sqrt[3]{4}$.
3. Montrer que : $(\forall a \in \mathbb{R}_+^*)(\forall n \in \mathbb{N}^*)(\forall p \in \mathbb{Z}) : \sqrt[np]{a^p} = \left(\sqrt[n]{a}\right)^p$
4. Montrer que : $(\forall a \in \mathbb{R}_+^*)(\forall n \in \mathbb{N}^*)(\forall p \in \mathbb{N}^*) : \sqrt[n]{a} \times \sqrt[p]{a} = \sqrt[np]{a^{n+p}}$
5. Résoudre dans $\mathbb{R}$ l'équation : $\sqrt[3]{(x + 1)^2} – \sqrt[3]{(x – 1)^2} = \sqrt[3]{4x}$
Proposition
Proposition 16
Soit $u$ une fonction positive sur un intervalle ouvert $I$ et $x_0 \in I$.
Si $u$ est continue sur $I$ alors la fonction $\sqrt[n]{u}$ est continue sur $I$.
Si $\lim_{x \to x_0} u(x) = \ell$ alors $\lim_{x \to x_0} \sqrt[n]{u(x)} = \sqrt[n]{\ell}$
Si $\lim_{x \to x_0} u(x) = +\infty$ alors $\lim_{x \to x_0} \sqrt[n]{u(x)} = +\infty$
Exemple
Exemples
1. Etudions la continuité de la fonction $f : x \mapsto \sqrt[3]{\operatorname{Arctan} x}$ sur $\mathbb{R}^+$ :
La fonction $\operatorname{Arctan}$ est continue et positive sur $\mathbb{R}^+$. Il s'ensuit donc que $f$ est continue sur $\mathbb{R}^+$.
2. Calculons la limite : $\lim_{x \to 1} \dfrac{\sqrt[3]{x} – 1}{x – 1}$
En utilisant l'identité remarquable $a^3 – b^3 = (a – b)(a^2 + ab + b^2)$ on obtient :
1. Étudier la continuité de la fonction $f : x \mapsto \sqrt[4]{\dfrac{x}{x – 1}}$ sur chaque intervalle de son domaine de définition.
2. Calculer les limites suivantes : $\lim_{x \to 0} \dfrac{\sqrt[3]{x + 1} – 1}{\sqrt[4]{x + 1} – 1}$ , $\lim_{x \to +\infty} \left(\sqrt[3]{x^3 + x} – x\right)$ , $\lim_{x \to +\infty} \left(\sqrt{x^2 + 1} – \sqrt[3]{x^2 + 1}\right)$
5.3. PUISSANCE RATIONNELLE D’UN NOMBRE STRICTEMENT POSITIF
Définition
Définition 8
Soit $r$ un nombre rationnel non nul et $p$ et $q$ deux entiers relatifs tels que $q \ge 2$ et $r = \dfrac{p}{q}$.
Pour tout réel $x$ strictement positif, on a :
\[x^r = x^{\frac{p}{q}} = \sqrt[q]{x^p}\]
Le nombre $x^r$ se lit « puissance rationnelle de $x$ d'exposant $r$ ».
Le nombre $x^{\frac{1}{q}}$ se note également $x^{1/q}$ ou $\exp\left(\dfrac{1}{q}\ln x\right)$.
Proposition
Proposition 17
Soit $r$ et $r'$ deux nombres rationnels et $x$ et $y$ deux nombres réels strictement positifs.
On a les règles de calculs suivantes :
2. Montrer que : $(\forall x \in \mathbb{R}_+^*)(\forall r \in \mathbb{Q}) : \left(x^r\right)' = r x^{r – 1}$
3. Etudier les variations de la fonction $f : x \mapsto x^{\frac{2}{3}}$ sur $\mathbb{R}_+^*$ puis tracer sa courbe représentative dans un repère orthonormé.
Proposition
Proposition 18
Soit $u$ une fonction strictement positive et dérivable sur un intervalle $I$ et $r \in \mathbb{Q}^*$.
La fonction $u^r$ est dérivable sur $I$ et on a :
\[\left(u^r\right)' = r u' u^{r – 1}\]
Exemple
Exemple
1. Etudions la dérivabilité de la fonction $f : x \mapsto \left(x^2 + x + 1\right)^{\frac{3}{4}}$ sur $\mathbb{R}$ :
La fonction $u : x \mapsto x^2 + x + 1$ est dérivable et strictement positive sur $\mathbb{R}$ (car $\Delta = -3 < 0$).
Il s'ensuit donc que la fonction $f$ est dérivable sur $\mathbb{R}$ et on a pour tout $x \in \mathbb{R}$ :
\[f'(x) = \dfrac{3}{4}(2x + 1)\left(x^2 + x + 1\right)^{\frac{3}{4} – 1} = \dfrac{3(2x + 1)}{4\sqrt[4]{x^2 + x + 1}}\]
2. Calculons la limite : $\lim_{x \to +\infty} \left(x^{\frac{2}{3}} – x^{\frac{1}{3}}\right)$
On a : $\lim_{x \to +\infty} \left(x^{\frac{2}{3}} – x^{\frac{1}{3}}\right) = \lim_{x \to +\infty} x^{\frac{2}{3}}\left(1 – x^{-\frac{1}{3}}\right) = +\infty$ car $\lim_{x \to +\infty} x^{\frac{2}{3}} = +\infty$ et $\lim_{x \to +\infty} x^{-\frac{1}{3}} = 0$.
Application
Applications
1. Étudier la dérivabilité de la fonction $f : x \mapsto \left(\dfrac{x}{x + 1}\right)^{\frac{2}{3}}$ sur chacun des intervalles de son domaine de définition puis déterminer sa fonction dérivée.
2. Calculer les limites suivantes : $\lim_{x \to +\infty} \left(x^{\frac{4}{3}} – 2x^{\frac{2}{3}} + 1\right)$ , $\lim_{x \to +\infty} \dfrac{x^{\frac{2}{3}} + 1}{x^{\frac{1}{3}} + 2}$ , $\lim_{x \to 1} \dfrac{x^{\frac{3}{4}} – 1}{x^{\frac{1}{4}} – 1}$