Définition.
Un ensemble $E$ non vide est un ensemble fini s'il existe un entier naturel $n$ tel qu'il existe une bijection de $\{1, 2, \dots, n\}$ dans $E$. Dans ce cas, on dit que le cardinal de $E$ est $n$ et l'on pose : $\text{Card}(E) = n$.
Le cardinal de l'ensemble vide est $0$.
Exemple
Exemples.
On considère l'ensemble : $E = \{a; b; c; d\}$.
L'ensemble $E$ est fini et $\text{Card } E = 4$. L'application $f$ définie de $E$ dans $\{1; 2; 3; 4\}$ par : $f(a) = 1$, $f(b) = 2$, $f(c) = 3$ et $f(d) = 4$ est une bijection de $E$ dans $\{1; 2; 3; 4\}$.
Soit $A$ l'ensemble des diviseurs positifs de l'entier $24$.
On a : $A = \{1; 2; 3; 4; 6; 8; 12; 24\}$, d'où : $\text{Card } A = 8$.
Soit $(a; b) \in \mathbb{N}^2$ tel que $a < b$. Posons : $F = \{x \in \mathbb{N} \mid a \le x \le b\}$. On a : $\text{Card } F = b – a + 1$.
L'ensemble $\mathbb{N}$ est infini.
Remarque
Remarques.
Dénombrer un ensemble fini non vide $E$, c'est déterminer le cardinal de $E$, c'est-à-dire le nombre de ses éléments. La définition précédente n'est pas rigoureuse puisqu'elle repose sur la notion intuitive de nombre d'éléments sans définir précisément celle-ci.
Dans la pratique, on dénombre un ensemble fini non vide $E$ à l'aide des entiers naturels non nuls en attribuant successivement un numéro à chacun des éléments de $E$. Le dernier entier utilisé est alors le cardinal de $E$. On dit alors que l'on compte les éléments de $E$.
Trois conditions doivent être remplies pour que le dénombrement de $E$ soit correct :
il ne faut compter que les éléments de $E$ ;
il ne faut pas en oublier ;
il ne faut pas compter certains éléments plusieurs fois.
Application
Applications.
On considère l'ensemble $\displaystyle A = \left\{E\left(\frac{11}{n}\right) \mid n \in \mathbb{N}^*\right\}$.
Montrer que l'ensemble $A$ est fini et déterminer son cardinal.
Soit $A$ et $B$ deux ensembles finis et on pose : $n = \text{Card } B$. Soit $f$ une application surjective de $A$ sur $B$ telle que pour tout $b \in B$ : $\text{Card } f^{-1}(\{b\}) = m$. Montrer que : $\text{Card } A = mn$.
2.PROPRIÉTÉS DU CALCUL SUR LES CARDINAUX
Proposition
Proposition.
Si $A$ et $B$ sont deux ensembles finis, alors les ensembles $A \cup B$ et $A \cap B$ sont finis et de plus :
\[\text{Card}(A \cup B) = \text{Card } A + \text{Card } B – \text{Card}(A \cap B)\]
En particulier, si $A$ et $B$ sont disjoints, on a : $\text{Card}(A \cup B) = \text{Card } A + \text{Card } B$
Tout sous-ensemble $A$ d'un ensemble fini $E$ est un ensemble fini, et de plus :
\[\text{Card } A \le \text{Card } E \text{et} \text{Card}(C_E^A) = \text{Card } E – \text{Card } A\]
Preuve
Preuve.
On pose : $A = \{x_1; x_2; \dots; x_n\}$ et $B = \{y_1; y_2; \dots; y_p\}$.
Si $A \cap B = \emptyset$ alors $A \cup B = \{x_1; x_2; \dots; x_n; y_1; y_2; \dots; y_p\}$, donc le nombre d'éléments de $A \cup B$ est $n + p$, c'est-à-dire que : $\text{Card}(A \cup B) = n + p = \text{Card } A + \text{Card } B$
Si $A \cap B \neq \emptyset$ alors on pose : $X = A \setminus (A \cap B)$ et $Y = B \setminus (A \cap B)$.
Puisque $X$ et $A \cap B$ sont disjoints, alors : $\text{Card } X = \text{Card } A – \text{Card}(A \cap B)$.
De même, $Y$ et $A \cap B$ sont disjoints, alors : $\text{Card } Y = \text{Card } B – \text{Card}(A \cap B)$.
Puisque les ensembles $X$, $Y$ et $A \cap B$ sont deux à deux disjoints, alors :
\[\begin{aligned}\text{Card}(A \cup B) &= \text{Card } X + \text{Card } Y + \text{Card}(A \cap B) \\
&= \text{Card } A – \text{Card}(A \cap B) + \text{Card } B – \text{Card}(A \cap B) + \text{Card}(A \cap B) \\
&= \text{Card } A + \text{Card } B – \text{Card}(A \cap B)\end{aligned}\]
Si $A \subset E$ alors : $E = A \cup C_E^A$. Puisque $A \cap C_E^A = \emptyset$, alors : $\text{Card } E = \text{Card } A + \text{Card}(C_E^A)$.
Par conséquent : $\text{Card } A \le \text{Card } E$.
Si $\text{Card } A = \text{Card } E$ alors $\text{Card}(C_E^A) = 0$, d'où : $C_E^A = \emptyset$. Par suite : $A = E$.
Remarque
Remarques.
Si $A \subset E$ et $\text{Card } A = \text{Card } E$, alors : $A = E$.
Si $A_1, A_2, \dots, A_n$ sont des ensembles finis et deux à deux disjoints, alors :
Exemple.
Dans un échantillon de 100 élèves : 53 élèves pratiquent le football, 13 élèves pratiquent à la fois le football et le basketball et 20 élèves pratiquent seulement le basketball. Soit $F$ l'ensemble des élèves qui pratiquent le football et $B$ l'ensemble des élèves qui pratiquent le basketball.
Le nombre d'élèves qui pratiquent le basketball est :
Calculons le nombre d'élèves qui ne pratiquent aucun sport :
On a : $\text{Card}(\overline{F} \cap \overline{B}) = \text{Card}(\overline{F \cup B}) = 100 – \text{Card}(F \cup B)$. D'autre part :
\[\text{Card}(F \cup B) = \text{Card } F + \text{Card } B – \text{Card}(F \cap B) = 53 + 33 – 13 = 73\]
31 étudient l'anglais, 24 l'espagnol et 17 l'allemand ;
12 étudient à la fois l'anglais et l'allemand ;
9 étudient l'espagnol et l'allemand ;
4 étudient les trois langues simultanément.
Quel est le nombre d'élèves :
[a)] étudiant l'anglais et l'espagnol ;
[b)] étudiant l'anglais ou l'espagnol ;
[c)] étudiant uniquement l'allemand ;
[d)] étudiant l'allemand et l'anglais, mais pas l'espagnol ;
[e)] étudiant l'allemand ou l'anglais, mais pas l'espagnol.
On considère l'ensemble $E = \{a_p ; a_{p+1} ; \dots ; a_n\}$ où : $0 \le p \le n$ et $a_p, a_{p+1}, \dots, a_n$ deux à deux distincts.
Calculer le cardinal de l'ensemble $E$.
Soit $A$, $B$ et $C$ trois ensembles finis.
Montrer que :
\[\begin{aligned}\text{Card}(A \cup B \cup C) &= \text{Card}(A) + \text{Card}(B) + \text{Card}(C) – \text{Card}(A \cap B) \\
& – \text{Card}(B \cap C) – \text{Card}(A \cap C) + \text{Card}(A \cap B \cap C)\end{aligned}\]
II.PRINCIPE FONDAMENTAL DU DÉNOMBREMENT — CARDINAL D’UN PRODUIT CARTÉSIEN
1.PRINCIPE FONDAMENTAL DU DÉNOMBREMENT
Proposition
Proposition.
Si une situation de dénombrement nécessite $p$ choix $C_1, C_2, C_3, \dots, C_p$ et si :
le choix $C_1$ peut produire $n_1$ résultats possibles ;
le choix $C_2$ peut produire $n_2$ résultats possibles ;
le choix $C_3$ peut produire $n_3$ résultats possibles ;
et ainsi de suite ;
Alors la situation de dénombrement peut se faire de $n_1 \times n_2 \times \dots \times n_p$ manières différentes.
Exemple
Exemples.
Déterminons le nombre de mots de 3 lettres choisies parmi 26 lettres (ayant un sens ou non).
Pour en constituer un, on choisit successivement :
Une première lettre dans l'alphabet : 26 choix
Une deuxième lettre dans l'alphabet : 26 choix
Une troisième lettre dans l'alphabet : 26 choix
Il y a donc $26^3 = 17576$ mots distincts de 3 lettres.
Un numéro d'appel d'un réseau téléphonique est constitué de 8 chiffres. Il s'ensuit que la capacité de ce réseau téléphonique est : $10^8$
On lance un dé 5 fois de suite. Si les faces de ce dé sont numérotées de 1 à 6 alors l'ensemble des résultats possibles est donc $\{1; 2; 3; 4; 5; 6\}^5$ qui est de cardinal $6^5$. Il y a donc $6^5 = 7776$ possibilités.
Un octet est une unité de mémoire informatique constituée d'une succession de huit chiffres binaires (c'est-à-dire 0 ou 1). Pour constituer un octet, on choisit successivement :
Un premier chiffre dans $\{0; 1\}$ : 2 choix
Un deuxième chiffre dans $\{0; 1\}$ : 2 choix
$\dots$
Un huitième chiffre dans $\{0; 1\}$ : 2 choix
Il y a donc $2^8 = 256$ octets différents. Ces 256 octets servent, en particulier, à coder les différents caractères du code ASCII.
Application
Applications.
On considère les chiffres suivants : 5 – 6 – 7 – 2 – 3
On veut former des entiers naturels de trois chiffres distincts parmi ces chiffres.
[a)] Quel est le nombre de cas possibles ?
[b)] Combien de nombres paires peut-on former ?
[c)] Combien des multiples de 5 peut-on former ?
Soit $E$ un ensemble fini non vide et $f$ une application surjective de $E$ dans $\{0; 1\}$.
Montrer que si $f^{-1}(\{1\}) = f^{-1}(\{0\})$, alors le cardinal de $E$ est pair.
2.CARDINAL D’UN PRODUIT CARTÉSIEN
Proposition
Proposition.
Soit $E$ et $F$ deux ensembles finis et non vides. Alors :
Preuve.
On suppose que : $\text{Card } E = p$ et $\text{Card } F = n$.
Posons : $E = \{x_1; x_2; \dots; x_p\}$ et $F = \{y_1; y_2; \dots; y_n\}$. Soit $(x_i ; y_j)$ un élément de $E \times F$ tel que $i \in \{1; \dots; p\}$ et $j \in \{1; \dots; n\}$. Le nombre de choix de $x_i$ est $p$ et le nombre de choix de $y_j$ est $n$. D'après le principe fondamental du dénombrement, le nombre de choix de couples $(x_i ; y_j)$ est $pn$. Par suite :
Déterminons le nombre d'entiers naturels à deux chiffres tels que le chiffre d'unité est 0 ou 1 ou 2 et le chiffre des dizaines est 5 ou 6 ou 7 ou 8 :
Le nombre de ces entiers naturels est le nombre d'éléments de l'ensemble $X \times Y$ où $X = \{0; 1; 2\}$ et $Y = \{5; 6; 7; 8\}$. Par suite : $\text{Card}(X \times Y) = 3 \times 4 = 12$
Lors de lancer d'un dé deux fois de suite, alors le nombre de résultats possibles est égal au nombre d'éléments de l'ensemble $E \times E$ avec $E = \{1; 2; 3; 4; 5; 6\}$, c'est-à-dire : $\text{Card}(E \times E) = 6^2 = 36$.
Application
Applications.
Quel est le nombre de numéros des téléphones mobiles qui commence par 061 ?
Soit $E_i$ avec $1 \le i \le n$ un ensemble non vide ($n \in \mathbb{N}^*$).
Montrer par récurrence que : $\text{Card}(E_1 \times E_2 \times \dots \times E_n) = (\text{Card } E_1) \times (\text{Card } E_2) \times \dots \times (\text{Card } E_n)$
3.NOMBRE D’APPLICATIONS D’UN ENSEMBLE À UN AUTRE
Proposition
Proposition.
Soit $E$ et $F$ deux ensembles finis et non vides tels que : $\text{Card } E = p$ et $\text{Card } F = n$.
Le nombre d'applications de $E$ dans $F$ est :
\[(\text{Card } F)^{\text{Card } E} = n^p\]
Preuve
Preuve.
Posons : $E = \{x_1 ; x_2 ; \dots ; x_p\}$. Construire une application de $E$ dans $F$ revient à :
Choisir l'élément $f(x_1)$ dans $F$ : $n$ choix possibles.
Choisir l'élément $f(x_2)$ dans $F$ : $n$ choix possibles.
$\dots$
Choisir l'élément $f(x_p)$ dans $F$ : $n$ choix possibles.
D'après le principe fondamental du dénombrement, il existe $\underbrace{n \times n \times \dots \times n}_{p \text{ fois}} = n^p$ choix possibles.
Exemple
Exemples.
On veut répartir $p$ chemises de couleurs différentes dans $n$ tiroirs. Dire que les chemises sont de couleurs différentes est une façon de dire que les $p$ chemises sont distinctes.
À chaque chemise est associé l'unique tiroir dans lequel elle est rangée ; cela définit une application de l'ensemble des chemises dans celui des tiroirs. Il y a donc autant de façons de répartir les $p$ chemises dans les $n$ tiroirs qu'il y a d'applications de $\{1 ; 2 ; \dots ; p\}$ dans $\{1 ; 2 ; \dots ; n\}$, c'est-à-dire $n^p$.
Par exemple, il y a $3^2 = 9$ façons de ranger deux chemises dans trois tiroirs.
On s'intéresse aux entiers à trois chiffres choisis parmi les chiffres : 1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6 – 7 – 8 – 9.
Le nombre d'entiers qu'on peut construire (chiffres distincts ou non) est égal au nombre d'applications de l'ensemble $N = \{C ; D ; U\}$ vers l'ensemble $M = \{1 ; 2 ; \dots ; 9\}$ où $U$ désigne le chiffre des unités, $D$ désigne le chiffre des dizaines et $C$ désigne le chiffre des centaines. Leur nombre est : $9^3 = 729$.
Application
Applications.
On considère les ensembles suivants : $E = \{x \in \mathbb{N} \mid 5 < x < 16\}$ et $F = \{x \in \mathbb{Z} \mid |x| < 5\}$.
Calculer le nombre d'applications de $E$ dans $F$.
On lance un dé cubique dont les faces sont numérotées de 1 à 6 trois fois de suite ; on obtient un triplet $(a;b;c)$ à l'issue des trois lancers.
[a)] Déterminer le nombre de triplets comportant uniquement des chiffres impairs.
[b)] Déterminer le nombre de triplets comportant des chiffres deux à deux distincts.
[c)] Déterminer le nombre de triplets comportant au moins une fois le chiffre 1.
4.NOMBRE DE PARTIES D’UN ENSEMBLE
Proposition
Proposition.
Soit $E$ un ensemble fini de cardinal $n$ et $\mathcal{P}(E)$ l'ensemble des parties de $E$. Alors
\[\text{Card }\mathcal{P}(E) = 2^n\]
Preuve
Preuve.
Raisonnons par récurrence sur l'entier $n$.
Pour $n = 0$, le seul ensemble à étudier est $E = \emptyset$. On a alors $\mathcal{P}(E) = \{\emptyset\}$, d'où : $\text{Card }\mathcal{P}(E) = 1 = 2^0$.
Supposons le résultat vrai au rang $n$. Soit maintenant un ensemble $E$ de cardinal $n+1$. Fixons $a \in E$, et posons $F = E \setminus \{a\}$. Regardons les parties de $E$ ; on distingue :
Les parties de $E$ ne contenant pas $a$. Ce sont donc les parties de $F$, et il y en a $2^n$ d'après l'hypothèse de récurrence.
Les parties de $E$ contenant $a$. Ce sont des réunions d'une partie de $F$ et du singleton $\{a\}$.
Il y en a donc autant que de parties de $F$, à savoir $2^n$.
Le nombre total de parties de $E$ est donc : $2^n + 2^n = 2^{n+1}$.
Le principe de récurrence nous permet alors de conclure.
Exemple
Exemple.
Si $E = \{a; b; c\}$, alors : $\mathcal{P}(E) = \{\emptyset; \{a\}; \{b\}; \{c\}; \{a;b\}; \{a;c\}; \{b;c\}; E\}$.
On constate qu'effectivement, il y a $8 = 2^3$ parties de $E$.
III.TECHNIQUES DU DÉNOMBREMENT
1.ARRANGEMENTS AVEC RÉPÉTITION
Définition
Définition.
Soit $E$ un ensemble fini non vide de cardinal $n \ge 1$ et $p \in \mathbb{N}^*$.
Tout élément $(x_1 ; x_2 ; \dots ; x_p)$ du produit cartésien $E \times E \times \dots \times E = E^p$ s'appelle un arrangement avec répétition de $p$ éléments de $E$ (ou une $p$-liste de $E$).
Proposition
Proposition.
Soit $E$ un ensemble fini non vide de cardinal $n \ge 1$ et $p \in \mathbb{N}^*$.
Le nombre d'arrangements avec répétition de $p$ éléments de $E$ est : $n^p$.
Exemple
Exemple.
Le nombre de mots de passe de 8 symboles qu'on peut créer avec 66 caractères est : $66^8$.
2.ARRANGEMENTS SANS RÉPÉTITION
Définition
Définition.
Soit $E$ un ensemble fini non vide de cardinal $n \ge 1$ et $p \in \mathbb{N}^*$ tel que : $1 \le p \le n$.
Tout élément $(x_1 ; x_2 ; \dots ; x_p)$ du produit cartésien $E \times E \times \dots \times E = E^p$ tel que les éléments $x_1, x_2, \dots, x_p$ sont deux à deux distincts s'appelle un arrangement sans répétition de $p$ éléments de $E$.
Proposition
Proposition.
Soit $E$ un ensemble fini non vide de cardinal $n \ge 1$ et $p \in \mathbb{N}^*$ tel que : $1 \le p \le n$.
Le nombre d'arrangements sans répétition de $p$ éléments de $E$ est le nombre noté $A_n^p$ donné par :
\[A_n^p = n(n-1)(n-2)\dots(n-p+1)\]
Preuve
Preuve.
La formule donnant $A_n^p$ provient de la démarche suivante :
Parmi les $n$ objets, nous choisissons celui qui prendra la position 1 : Il y a $n$ choix possibles
Parmi les $n-1$ objets restants, nous choisissons celui qui prendra la position 2 : Il y a $n-1$ choix possibles
Parmi les $n-2$ objets restants, nous choisissons celui qui prendra la position 3 : Il y a $n-2$ choix possibles
$\dots$
Parmi les $n-(p-1)$ objets, nous choisissons celui qui prendra la position $p$ : Il y a $n-p+1$ choix.
D'où :
\[A_n^p = n(n-1)(n-2)\dots(n-p+1)\]
Exemple
Exemples.
Soit une course où 15 chevaux sont en compétition. On veut parier sur les noms des trois premiers chevaux en les donnant dans l'ordre de leur arrivée. Il y a donc 15 façons de choisir le nom du premier, puis 14 façons de choisir le nom du second, puis 13 façons de choisir celui du troisième, ces nombres de possibilités dans des choix successifs se multiplient ce qui donne : $15 \times 14 \times 13 = A_{15}^3$.
Pour accéder à une banque de données, vous devez taper un mot de passe de 4 lettres sur votre clavier.
Question : combien de mots de passe de 4 lettres distinctes peut-on créer ?
Un mot de passe est formé de 4 lettres distinctes, dans un ordre précis, choisies parmi 26 lettres est un arrangement sans répétition de 4 objets choisis parmi 26.
Le nombre de mots de passe qu'on peut créer est donc : $A_{26}^4 = 26 \times 25 \times 24 \times 23 = 358800$
Un club de 32 membres doit élire parmi ses membres son bureau constitué d'un président, d'un secrétaire et d'un trésorier.
Question : Quel est le nombre $N$ de bureaux possibles ?
Chaque bureau peut être considéré comme un arrangement sans répétition de 3 objets pris parmi 32 objets, et donc le nombre de bureaux possibles est : $N = A_{32}^3 = 32 \times 31 \times 30 = 29760$
Combien d'équipes de football (onze joueurs) peut-on constituer avec les vingt-six membres de l'équipe en tenant compte de la place des joueurs ?
Chaque équipe peut être considérée comme un arrangement sans répétition de 11 objets choisis parmi 26 objets. Par suite, le nombre d'équipes demandé est : $A_{26}^{11}$.
Remarque
Remarque.
Soit $E$ et $F$ deux ensembles finis comportant respectivement $p$ et $n$ éléments : ($1 \le p \le n$)
Se donner une application injective de $E$ dans $F$ revient à se donner une $p$-liste d'éléments distincts de $F$ formée par les images respectives de $a_1, a_2, \dots, a_p$.
Le nombre d'applications injectives d'un ensemble $E$ à $p$ éléments dans un ensemble $F$ à $n$ éléments est alors :
Applications.
Une urne contient 10 boules noires numérotées de 1 à 10, cinq boules blanches numérotées de 11 à 15, et trois boules rouges numérotées de 16 à 18. On tire cinq boules successivement sans remise.
Quel est le nombre de séries de tirages possibles ?
Quel est le nombre de séries de tirages commençant par une boule rouge et composés uniquement de boules "paires" ?
3.PERMUTATIONS D’UN ENSEMBLE FINI
Définition
Définition.
Soit $E$ un ensemble fini non vide de cardinal $n \in \mathbb{N}^*$.
On appelle permutation de $E$ toute bijection de $E$ dans $E$. Autrement dit, une permutation est un arrangement sans répétition de tous les éléments de $E$.
Proposition
Proposition.
Soit $E$ un ensemble fini non vide de cardinal $n \in \mathbb{N}^*$.
Le nombre de permutations des éléments de $E$ est le nombre noté $n!$ \og se lit : factoriel $n$ \fg \ et défini par :
Preuve.
Le nombre de permutations des éléments de $E$ est le nombre d'arrangements sans répétition de tous les éléments de $E$, c'est-à-dire : $A_n^n = n \times (n-1) \times (n-2) \times \dots \times 2 \times 1$.
Exemple
Exemples.
Le nombre de façons de placer 30 élèves sur 30 chaises dans une salle est le nombre de façons de permuter les 30 élèves sur les 30 chaises, c'est-à-dire $30!$.
Adam veut placer 5 livres dans 5 étagères de sorte que chaque étagère contient un seul livre. Chaque choix possible est une permutation de 5 éléments. Par suite, le nombre de choix possibles est : $5! = 120$.
Un disque compact comprenant 10 morceaux est introduit dans un lecteur disposant de la touche Random Play. Celle-ci permet d'écouter une et une seule fois chacun des 10 morceaux du disque dans un ordre aléatoire. Après appui sur cette touche, combien y a-t-il d'enchaînements distincts possibles ?
Il y a 10 possibilités pour le premier morceau, 9 pour le deuxième $\dots$, et 1 pour le dixième.
Donc le nombre d'enchaînements distincts possibles est : $10 \times 9 \times \dots \times 1 = 10! = 3628800$
Lors d'un \og cercle de qualité \fg, six personnes sont invitées à s'asseoir autour d'une table ronde. Combien peut-on dénombrer de dispositions différentes de ces personnes, les uns par rapports aux autres ?
La table étant ronde et seule la disposition des personnes les unes par rapport aux autres joue un rôle, le nombre de dispositions distinctes est égal au nombre de permutations de cinq éléments. En effet, le premier individu peut s'asseoir à n'importe quelle place !
Le nombre de dispositions distinctes est : $5! = 120$
Remarque
Remarques.
On convient que : $0! = 1$ et $A_n^0 = 1$.
On a pour tout $(n;p) \in \mathbb{N}^2$ tel que $1 \le p \le n$ : $A_n^p = \frac{n!}{(n-p)!}$.
En particulier, on a : $A_n^1 = n$ et $A_n^n = n!$.
Application
Application.
On dispose de quatre couleurs : vert, jaune, rouge et bleu pour colorier les quatre cases du motif suivant avec des couleurs distinctes :
Combien de coloriages différents sont possibles ?
4.COMBINAISONS D’UN ENSEMBLE FINI
Définition
Définition.
Soit $E$ un ensemble fini non vide de cardinal $n \ge 1$ et $p \in \mathbb{N}^*$ tel que : $p \le n$.
Une combinaison de $p$ éléments pris parmi les $n$ éléments de $E$ est une partie dont le cardinal est $p$.
Proposition
Proposition.
Le nombre de combinaisons de $p$ éléments pris parmi $n$ éléments distincts est le nombre d'ensembles de $p$ objets pris parmi les $n$ objets de départ. Ce nombre est noté $C_n^p$ et on a :
Preuve.
La formule donnant $C_n^p$ provient de la démarche suivante :
Nous écrivons sur des bouts de papier tous les arrangements possibles de $p$ objets pris parmi les $n$ objets : il y en a $A_n^p$
Nous regroupons par lots les bouts de papier arrangeant les $p$ mêmes objets.
Chaque lot est constitué de permutations de $p$ objets : Chaque lot est donc constitué de $p!$ bouts de papier.
Le nombre $C_n^p$ de combinaisons est le nombre de lots obtenus : C'est-à-dire : $C_n^p = \frac{A_n^p}{p!} = \frac{n!}{p!(n-p)!}$
Exemple
Exemples.
Une urne contient 4 boules rouges, 3 boules noires et une boule blanche. On tire simultanément trois boules de l'urne.
Le nombre de tirages avec exactement 2 boules noires :
La simultanéité du tirage nous indique que l'ordre ne compte pas, on se dirige vers les combinaisons.
On doit donc prendre 2 noires et 1 boule parmi les rouges et blanche.
On en a ainsi :
\[C_3^2 \times C_5^1 = 15\]
Le nombre de tirages avec une boule de chaque couleur est :
Lors d'un recrutement pour 4 postes de travail, se présentent 8 hommes et 6 femmes.
Le nombre de recrutements distincts possibles :
Il y a $8 + 6 = 14$ candidats possibles donc le nombre de recrutements distincts est égal à :
\[C_{14}^4 = \frac{14!}{4! \times 10!} = 1001\]
Le nombre de recrutements distincts possibles sachant que l'on embauche 2 hommes et 2 femmes :
Il y a $C_8^2$ recrutements possibles chez les hommes et $C_6^2$ chez les femmes, d'où :
\[C_8^2 \times C_6^2 = 28 \times 15 = 420\]
Un club de football est composé de vingt joueurs dont trois gardiens de but.
Combien d'équipes différentes de onze joueurs dont un gardien peut-on former ?
Dénombrons d'abord le nombre de groupes de dix joueurs que l'on peut former.
Avec les dix-sept joueurs autres que les gardiens : il y en a : $C_{17}^{10} = 19448$.
Chacun de ces groupes peut constituer une équipe avec chacun des trois gardiens.
Il y a donc $19448 \times 3 = 58344$ équipes possibles.
Soit $n$ un entier supérieur ou égal à 2. On place $n$ points sur un cercle.
Combien de traits reliant uniquement 2 points (appelés cordes) peut-on tracer ?
Il y a autant de traits reliant 2 points que de combinaisons de 2 points parmi $n$.
Le résultat est :
On écrit 7 lettres, mais on ne dispose que de 4 timbres.
De combien de manières peut-on choisir les lettres à envoyer ?
On s'intéresse au nombre de combinaisons de 4 éléments parmi 7. Par conséquent,
Le nombre de manières pour choisir les lettres à envoyer est : $C_7^4 = 35$
Proposition
Proposition.
Soit $n$ et $p$ deux entiers naturels tels que : $p < n$. On a les propriétés suivantes :
La symétrie : $C_n^p = C_n^{n-p}$.
Formule de Pascal : $C_n^p + C_n^{p+1} = C_{n+1}^{p+1}$.
Preuve
Preuve.
1) On a : $C_n^{n-p} = \frac{n!}{(n-p)!(n-(n-p))!} = \frac{n!}{(n-p)!p!} = C_n^p$, d'où le résultat.
L'égalité $C_n^p = C_n^{n-p}$ exprime que dans un ensemble fini à $n$ éléments, il y a autant de parties ayant $p$ éléments que de parties ayant $n – p$ éléments.
2) Soit $E$ un ensemble de cardinal $n + 1$ et $a$ un élément fixé dans $E$. Intéressons-nous aux parties de $E$ de cardinal $p + 1$. Elles sont au nombre $C_{n+1}^{p+1}$. On peut aussi les compter de la manière suivante :
Les parties de $E \setminus \{a\}$ de cardinal $p + 1$, au nombre de $C_n^{p+1}$.
Les parties de $E \setminus \{a\}$ de cardinal $p$ auxquelles on rajoute $a$, au nombre de $C_n^p$.
On a donc : $C_n^p + C_n^{p+1} = C_{n+1}^{p+1}$
3.5. FORMULE DU BINOME DE NEWTON
Proposition
Proposition.
Soit $a$ et $b$ deux réels et $n$ un entier naturel non nul.
On a alors la formule suivante dite \og Formule du binôme de Newton \fg \ :
\[(a+b)^n = \sum_{k=0}^{n} C_n^k a^k b^{n-k}\]
Preuve
Preuve.
Montrons par récurrence que la formule est vraie pour tout $n \in \mathbb{N}^*$.
Initialisation : pour $n = 1$, on a bien : $(a+b)^1 = C_1^0 a^0 b^1 + C_1^1 a^1 b^0$.
Hérédité : Supposons que $(a+b)^n = \sum_{k=0}^{n} C_n^k a^k b^{n-k}$ et montrons que $(a+b)^{n+1} = \sum_{k=0}^{n+1} C_{n+1}^k a^k b^{n+1-k}$.
On écrit $(a+b)^{n+1} = (a+b)^n(a+b)$, ce qui permet d'utiliser la formule au rang $n$. En développant, il vient alors :
Ce qui donne : $(a+b)^5 = b^5 + 5b^4 a + 10b^3 a^2 + 10b^2 a^3 + 5a^4 b + a^5$.
Remarque
Remarque.
Pour tous réels $a$ et $b$ : $(a-b)^n = (a+(-b))^n = \sum_{k=0}^{n} C_n^k (-1)^k a^{n-k} b^k$
Application
Applications.
1. Développer : $(a+b)^6$ ; $(a-b)^7$ ; $(1-2b)^5$ ; $(1+a-b)^4$.
2. Calculer les sommations suivantes : $\sum_{k=0}^{n} C_n^k$ ; $\sum_{k=0}^{n} (-1)^k C_n^k$ ; $\sum_{k=0}^{n} k C_n^k$ ; $\sum_{k=0}^{n} (k+1) C_n^k$.
3. Quel est le coefficient de $a^7 b^3$ dans le développement de $(a-b)^{10}$ ?